Saint ÉpiPHANE, Hérésie xxvi, 4 (P. G., t. XLI,col
2. Saint IRÉNÉE, loc. cit., I, xni, 2 (P. G., t. vu, col. S80)
ture, ne peuvent, quoi qu'ils fassent, n'être pas
Le monde visible gou^>erné et sanctifié par le Verbe. — C'était un point capital du gnosticisme que la matière était essentiellement mauvaise, et qu'elle ne pouvait, par conséquent, être l'œuvre du meilleur Dieu. L'Église catholique sentit qu'il y avait là une erreur aussi opposée à l'esprit de l'Evangile qu'à la lettre de la Genèse. Le grand adversaire de la gnose, saint Irénée, évêque de Lyon, inculque avec une extrême vigueur l'identité du Dieu de la révélation chrétienne et du créateur du monde sensible, du Dieu « qui est notre nourricier^ ». 11 maintient que « la matière est susceptible de salut^ », que le monde des corps est du domaine du Verbe.
Il ne s'agissait pas là d'une spéculation oiseuse, mais d'un principe dont les conséquences portaient loin : il aurait pu, même indépendamment des autres erreurs gnostiques, défigurer entièrement le christianisme. Qui juge le corps essentiellement mauvais peut conclure ou qu'il est inutile de le garder pur, ou qu'on a le devoir de l'accabler de mauvais traitements. Au second et au troisième siècle, on voit surgir soit des sectes autour de l'Église, soit des tendances particulières dans son sein, qui déprécient outre mesure le corporel, imposent des abstinences outrées, prohibent l'usage du mariage. Conformément aux principes déjà posés dans la
i. Ibid., I, M, 2 (P. G., t. VII. col. 505).