‹ ChristusChapitre 213 sur 284 · Ibid., IV, VI, 2 {P. G., t. VII, col · texte numérisé non relu

Ibid., IV, VI, 2 {P. G., t. VII, col

3. Ibid., I, \i, 1; cf. V, ir, 3, etc. (P. G., t. VII, col. oOo, 1123, etc.).

Première Épître à Timothée\ l'Église leur résiste vigoureusement. Contre la tendance encratite, dont le plus grand nom est Tatien, elle maintient la légitimité du mariage. Contre Marcion (sorte de gnostique plus sobre en spéculation et très carrément antijuif), elle maintient ces deux points solidaires : l'origine divine de la création matérielle et la complète réalité du corps du Christ.

UÉglise visible. — Le même instinct, le même goût du réel, la même confiance dans le visible et le solide de réconomie divine, qui la faisait s'attacher au Christ historique, lui fit aussi affirmer avec vigueur le principe de l'autorité hiérarchique et traditionnelle, dans son sein. Quel est, dit saint Irénée, le moyen de connaître la vraie foi? C'est d'écouter les presbytres, lesquels, comme successeurs des apôtres, ont reçu du Père, avec la succession de l'apostolat, la grâce de la vérité 2. — Mais voici des traditions divergentes et qui se réclament également des apôtres? — Regardons les chefs officiels des Églises, et reconstituons, si nous pouvons, la liste de ceux qui les ont précédés. On connaît toute la succession des évêques de Rome depuis Pierre jusqu'à Éleuthère ; il suffira donc d'écouter l'Église romaine pour être sûr d'avoir la vérité ^.

\. I Tim., IV, 3-4.

2. Saint iRi-xÉE, loc. cit., IV, xxvi, 2 (P. G., l. VII, coJ. -J0o3).

3. Ibid,, III, nu 3. Dans la pensée de saint Irénée, l'Église romaine est règle de vérité pour les autres Églises, non seulement parce qu'elle est d'origine apostolique, mais parce que, fondée par les deux glorieux apôtres Pierre et Paul, elle jouit, comme gardienne et organe de la tradition apostolique, d'une situation exceptionnelle. * Ad hanc enira ecclesiam proptcr potentiorem principalitatem

Ce raisonnement suppose à l'évidence que l'Eglise visible est sous la conduite infaillible du Saint- Esprit.

Ce « positivisme ecclésiastique », comme on dit quelquefois, eut à subir un rude assaut, à la fin du deuxième siècle et dans les premières années du troisième, de la part d'une secte d'enthousiastes. Le montanisme naquit en Phrygie (d'où son nom d'hérésie cataphrygienne)^ vers l'an 172, et se propagea dans d'autres régions de l'empire, particulièrement en Afrique où il fit la conquête de l'illustre et violent Tertullicn. Les montanistes étaient animés de tendances encratites, et attendaient comme toute prochaine la parousie. Mais le caractère distinctif de leur hérésie est ailleurs : c'est un mouvement d'inspirés, qui pensent inaugurer le règne du Paraclet, supérieur à celui du Christ, et qui mettent leur dignité de prophètes bien au-dessus de celle des anciens pasteurs : c'est la révolte du prétendu charisme ou don extraordinaire contre la hiérarchie. A ces aventures d'illuminés, l'Église opposa la fermeté de sa tradition; aux caprices de l'inspiration privée, l'autorité de l'épiscopat. Celle-ci finit par l'emportera « Au troisième siècle, écrit M?"" Duchesne, on n'entendait plus guère parler d'inspirés, de prophètes, de docteurs itinérants. Depuis l'échec du

necesse est omnem convenire ecclesiam, hoc est eos qui sunl undique fldeles ». Ibid., ni, m, 2 (P. G., t. VII, col. 848, 849).

1. La hiérarchie unit de même par triompher dans les litiges avec les confesseurs, après la persécution de Dèce (en 2'iO). En Afrique, les confesseurs, c'esl-à-dire les chrétiens prisonniers qui s'étaient courageusement comportés devant le juge, s'arrogeaient, au mépris de l'évêque, le droit de réconcilier avec l'Église les apostats. Saint Cyprien eut fort à faire pour restreindre leur privilège à un droit d'intercession en faveur des chrétiens tombés {lapsi), mais repentants.

montanisme et de la gnose, la hiérarchie était décidément toiit^ »

Au principe que la matière est susceptible de salut, au principe de l'Eglise visible, se rattache le principe sacramentaire. La présence réelle du Christ dans l'Eucharistie est objet de ferme croyance; la messe d'alors — ce que saint Justin appelle le pain et le calice de l'eucharistie — est un véritable sacrifice, qui commémore et renouvelle celui de la passion du Seigneur ; c'est l'offrande pure, prédite par Malachie, qui remplace les sacrifices de l'ancienne alliance. La doctrine, esquissée dans saint Justin^, est exposée dans toute son ampleur par saint Cyprien*^. La controverse qui mit le même évêque aux prises avec saint Etienne de Rome et qui avait pour objet le baptême reçu dans l'hérésie, fit ressortir en pleine lumière leur croyance commune que le rite baptismal conférait la grâce du Saint- Esprit. D'autres discussions, celle deTertullien contre le pape Calliste, celles de Gyprien et des confesseurs, celles qui s'élevèrent autour des idées rigoristes du schismatique Novatien, font assister au développement de la discipline pénitentielle, et font voir quelle grande place elle tenait dans les préoccupations de l'Eglise ; on n'a point encore songé à établir, sous la dénomination commune de « sacrements », une catégorie distincte de rites efficaces de la grâce, mais le parallélisme des réconciliations baptismale et postbaptismale, si profondément em-

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