‹ ChristusChapitre 214 sur 284 · Epistula Lxni · texte numérisé non relu

Epistula Lxni

preint dans toute la tradition primitive, prépare les éléments de la synthèse future.

Les penseurs alexandrins. — L'Eglise, à la fin du deuxième siècle et au troisième, fut servie par deux hommes qui tiennent une place considérable dans l'histoire de la théologie, mais qui en tiennent une moindre dans l'histoire de la religion. Clément et Origène, tous deux d'Alexandrie. Clément a la ferme conviction qu'une intime sympathie unit la vérité grecque à la vérité chrétienne; cette conviction alarmait certains bons fidèles, épouvantés, nous dit-il, de la philosophie, comme les enfants le sont des masques ^ Cette épouvante n'était pas tout à fait sans fondement. Clément n'a pas su toujours garder ce juste milieu de sagesse, ce sens de la tradition qui constitue la parfaite orthodoxie. On a pu définir sa doctrine « une sorte de gnosticisme tempéré et ecclésiastique ^ ». On entend bien qu'il n'est pas gnostique au point de compromettre la monarchie divine directe ou de condamner comme impie l'Ancien Testament. La gnose qu'il propose comme idéal de vie religieuse, suppose à sa base la foi commune ; elle ne dispense point des préceptes de morale imposés à tous. Mais dans son zèlo à revendiquer l'affinité de la pensée grecque et de la doctrine chrétienne. Clément a multiplié à l'excès les rapprochements et les transpositions entre ces deux ordres. 11 lui reste le mérite d'avoir engagé la théologie dans la voie d'un confiant intellectualisme.

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