‹ ChristusChapitre 218 sur 284 · Cf. I Cor., XV, 83; Jean, vi, 50; viii, 51, etc · texte numérisé non relu

Cf. I Cor., XV, 83; Jean, vi, 50; viii, 51, etc

la déification n'ait pas fait l'objet d'une sentence conciliaire explicite, elle est cependant commune à tous les Pères, plus courante chez les Grecs, mais fréquemment mentionnée par saint Augustin \ Ceux qui l'ont mise en plus vive lumière sont, après saint Irénée, saint Athanase et saint Cyrille d'Alexandrie.

D'après eux, donc, le divin secret, la vérité centrale du christianisme peut ainsi s'énoncer : le Fils de Dieu, consubstantiel au Père, s'est fait homme pour nous rendre, par sa participation à la nature humaine, la participation à la nature divine et l'immortalité qu'Adam par sa désobéissance avait perdues. « Il s'est fait homme, pour nous faire dieux ^ ». L'Incarnation du Fils de Dieu, ayant chez nous pour corrélatif essentiel la vie de la grâce, qui nous divinise, voilà le coeur de la religion catholique, et le principe qui éclaire les deux faces, fage divine et face humaine, de la vérité révélée.

L'Incarnation du Fils de Dieu est nécessairement jointe à notre relèvement, à notre illumination, à notre déification.

L'ouvrage de Dieu, l'homme, créé parfait, devint misérable par sa transgression et mort par son péché. Il ne convenait

1. Voir, par exemple, Sermon clxm, i ; Épître cxl', Cité de Dieu, IX, XV, 2 : « beatus et beatificus Deus factus particeps humanitatis nostrae compendium praebuit participandae divinitaiis suae » (P. L., t. XIJ, col. 269).

2. AOtô; yàp êviQvôpwTcvidev, îva Yiixeî; 6£07roi7i6cô[xsv : saint Athanase, De l'Incarnation du Verbe, Si (P. G., t. XXV, col. l'J2). Voir encore une formule très pleine de saint Grégoire de Njsse au chapitre xxvn de la Grande Catéchèse (P. G., t. XLV, col. 69). L'un des aspects de cette grande idée est heureusement mis en lumière dans la phrase de saint Ambroise : Ad vulnera nostra descendit, ut usu quodam et copia suae naturae, comparticipes nos faciat esse regni caelestis. In Lucam, liv. V, n. 46 (P. L., t. XV, col. 1648).

pas que l'ouvrage de Dieu demeurât imparfait... C'est pour cela que le Verbe parfait de Dieu se revêt d'un corps imparfait : il veut payer notre dette à notre place et parfaire par sa personne ce qui manquait à l'homme. Or, ce qui manquait à l'homme, c'était l'immortalité et laroutedu Paradis^

C'est la doctrine de saint Athanase. Il ajoute, après saint Irénée, que seul le Verbe fait chair peut nous donner une connaissance certaine de la vérité: il fallait qu'il fût Verbe pour être maître infaillible, il fallait qu'il fût homme pour nous enseigner humainement^. Seul, poursuit-il encore, il pouvait nous obtenir la vie de la grâce, la dignité de fils de Dieu : si Dieu n'eût pas pris notre nature, mais l'eût réparée par un simple commandement, la grâce nous serait demeurée extrinsèque, elle n'aurait pas été mise à notre portée, pour nous pénétrer tout entiers^. Mais naaintenant qu'il l'a prise, « nous avons été délivrés selon la parenté de la chair ^ » . Car «par la chair qu'il s'est unie, dit saint Cyrille, il a en luimême tous les hommes^ ».

Tout le mystère s'évanouit donc, et le royaume nous est ôté, et l'Evangile change de sens, si le Verbe n'estpas véritablement Dieu. Sa divinité réelle, définie à Nicée, est appuyée par les orthodoxes d'arguments scripturaires plus encore que d'arguments théologiques ^, mais la considération qui vient d'être

4. Saint Atuanase, Contre les Ariens, ii, 66 (P. G., t. XXVI, col. 287).

2. Saint Irénée, Haer., v, i. (P. G., t. VU, col. 4120 sqq.). Saint Athanase, De l'Incarnation du Verbe, xiv, 16, 45, 46. (P. 6., t. XXV, col. 420 sqq., 476 sqq.).

3. Saint Athanase, Contreles Ariens, u, 68 (P. G., t. XXVI, col. 292).

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