‹ ChristusChapitre 219 sur 284 · Id., ibid., 69 (P. G., t, XXVI, col. 2y · texte numérisé non relu

Id., ibid., 69 (P. G., t, XXVI, col. 2y

5. Saint Cyrille, Contre Nestorius, i, 4 (P. G., t. LXXVI, col. 47).

6. Il est notable que la théorie du Logos telle que l'avaient élaborée un certain nombre d'écrivains ecclésiastiques menait plutôt à

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indiquée, et dont saint Athanase ne se prive pas d'user dans la dispute, aide à comprendre comment toute la vie religieuse était intéressée par le fameux mot consubstantiel. — Quand il s'agit de la divinité du Saint-Esprit, la raison qu'on donne est toute semblable. Puisque c'est l'Esprit qui nous sanctifie, puisque c'est Lui qui, répandu dans nos cœurs, nous communique la vie céleste et divine, ceux qui disent qu'il n'est qu'une créature ne peuvent pas dire que nous sommes vraiment adoptés dans la famille de Dieu, vraiment sanctifiés, vraiment sauvés'.

Il n'est point de conflit dogmatique plus déplorable que celui qui se termina par la condamnation de Nestorius, à Ephèse (431) ; il n'est pourtant peut-être pas de dogme dont la valeur religieuse soit plus évidente que celle de l'unité de la personne du Christ. Que le même soit à la fois mon frère et mon Dieu, n'est-ce pas ce qui fait toute la joie et toute la grandeur du christianisme? Que le corps né delà Vierge et pendu à la croix soit vraiment le corps de Dieu, n'est-ce pas ce qui me prouve que je suis aimé d'un amour vraiment infini? Au contraire, s'il n'est pas Dieu, celui qui est né et qui est mort pour moi, « tout

subordonner le Fils au Père; autant que les spéculations anti-subordinatiennes, c'est le mouvement de la foi directe de la religion vécue qui aboutit à la définilion du consubstantiel : les bons fidèles adoraient le Christ et le priaient comme le maître absolu d'eux-mêmes et du monde ; suivant l'expression d'un vieux presbytre, ils « pensaient du Christ comme on pense de Dieu » (IP Clem.., i, 1). Ce point, qui est d'importance, est reconnu même par certains des savants les plus hostiles aux • dogmes métaphysiques ». (Voir Wernle, Einfûhrung in das theologische Studium, p. 2G4,)

1. Saint Athanase, Lettre 1 à Sérapion, 24 (P. G., t. XXVI, col. 585).

le divin secret disparaît », disait avec raison saint Cyrille'.

Quoi qu'il en soit, d'ailleurs, de la consolation que tel ou tel dogme peut faire éprouver, celui qui juge tout de ce point de vue ne sera jamais capable de rendre pleine justice à la religion des Pères. C'est la mode aujourd'hui de contraster, comme on ose bien dire, ces « produits théologiques », le Dieu en trois personnes, le Christ en deux natures, avec les réalités religieuses qu'atteignait la foi des anciens prophètes ou des premiers martyrs, avec le Dieu vivant d'Israël ou le Christ d'Ignace d'Antioche. On juge d'un mot l'Église du quatrième siècle en disant que les hommes d'alors ont substitué à « l'expérience religieuse » « ce qui en est précisément le contraire, l'orthodoxie ». C'est-à-dire qu'on la juge d'après les catégories du volontarisme ou du sentimentalisme contemporains. On ne se rend pas compte de la force que donne à la religion dogmatique (au treizième ou au vingtième siècle comme au quatrième) l'intime fusion des deux idées les plus puissantes, celle du Vrai et celle du Bien. Nos contemporains auraient pourtant un moyen d'apprécier plus sainement l'extrême sensibilité des chrétiens d'alors en ce qui touchait l'orthodoxie. Eux-mêmes veulent être du dernier délicat, — et ils ont bien raison, — sur le chapitre de la « probité intellectuelle » ; ils sentent là un devoir intime, imprescriptible, sacré. Or, Vorthodoxie est la probité intellectuelle en matière divine. Aux yeux des Pères, l'hérésie est un mensonge. Être

1. Saint Cyrille d'Alexandrie, Del'unitédu Christ (P. G., l. LXXV, col. 1265).

hérétique, c'est avoir menti à Dieu dans son cœur, c'est avoir préféré, contre sa conscience, les lueurs flatteuses, mais grossières, du sens charnel aux clartés que le Saint-Esprit verse dans les âmes de bonne volonté. L'hérésie est le péché contre la lumière, et c'est pour cela qu'il est plus grave que tous les autres. Être hérétique, cela s'appelle « blasphémer » : « A quoi bon, dit saint Cyrille de Jérusalem, vivre chastement, si l'on blasphème avec impiété^ ? » Et saint Athanase : « Pécher, c'est transgresser la loi, mais blasphémer, c'est offenser la divinité même 2. »

Il est pénible, quand on lit l'histoire du quatrième siècle, de voir la politique pénétrer dans l'Église, et l'Église elle-même se scinder en partis, de voir tant d'assemblées, de ruses, de compromis, de faiblesses, d'anathèmes ^. Il peut être déplaisant de constater, au moment des luttes christologiques, à quels moyens les meilleurs eurent recours pour avoir raison de leurs adversaires. Mais on comprend mieux l'époque des Athanase et des Cyrille quand on s'est rendu compte que la passion dominante des Athanase et des Cyrille c'est simplement l'estime de la vérité par- dessus tout.

V idéal moral. — La nature humaine réelle , complète, a été prise par le Verbe de Dieu. Donc tout ce qui appartient vraiment à la nature humaine

1. Saint CvraLLE de Jérusalem, Catéchèse IV, chap. 11 (P. G., t. XXXni, col. 456.)

2. Saint Athanase, Lettre 4 à Sérapion, n. 12 (P. G., t. XXVI, col. 653).

3. Pour s'en faire une idée, le lecteur peut voir, par exemple, l'histoire de la réaction antinicéenne dans le Dictionnaire de théologie catholique, article Arianisme (X. Le Bachelet), col. 1799-1830.

est intérieurement sympathique au christianisme. Le fils d'Adam régénéré par le baptême est une créature incomplètement divinisée, en laquelle « ce qu'elle est, n'apparaît pas encore ». Donc il faut s'efforcer de réduire à la loi de l'esprit ce qui reste encore d'animal dans notre être. La catholicité des quatrième et cinquième siècles connaît un double idéal moral, celui de l'homme cultivé, qui joint la formation classique à la piété chrétienne; celui de l'ascète, du moine.

Le chrétien grec . — « Etre vraiment grec, disait Synesius, — prélat que l'ascèse n'occupa guère, — être vraiment grec, c'est savoir converser avec les hommes ^ . » Plusieurs des grands saints des quatrième et cinquième siècles comptent parmi les hommes qui ont le mieux su converser avec les hommes, et donnent, à ce titre, une heureuse idée de ce que devenait l'idéal grec fondu dans l'idéal chrétien. On peut citer en particulier les Cappadociens et saint Jean Chrysostome. Les trois Cappadociens, Basile de Césarée, Grégoire de Nazianze, Grégoire de Nysse, inférieurs à Origène par le génie, sont plus représentatifs de l'âme catholique.

Basile est l'homme de luttes et l'homme d'œuvres ; ses établissements charitables, « écoles d'arts et métiers », « orphelinats », « maisons de retraite » forment presque une ville à côté de Césarée; ses réponses à l'empereur Valens et à son préfet Modeste en ont fait dans l'Eglise le type classique de Tévêque qui résiste aux usurpations du pouvoir.

1, Tè àxpiêôi; "EX>y]va elvai, touiéffTi ôuvaaôai rotç àvOpwTtoiç £^o{Jii>rî(7ai ; cité dans Norden, Die antike Kunstprosa, t. n2, p. 463.

Grégoire de Nazianze joignait à un beau talent littéraire et à une irréprochable pureté de doctrine une excessive impressionnabilité; c'est elle aujourd'hui qui nous le rend sympathique, mais, à l'époque troublée qui fut la sienne, elle en fît un souffrant et un vaincu. Saint Grégoire de Nysse a le cœur très naïvement humble, l'esprit orné, un peu obscur, un peu bizarre; il n'a pas toujours parfaitement fait, dans l'origénisme, le départ de ce qui répugne à l'Evangile d'avec ce dont la foi peut s'accommoder. Saint Jean Chrysostome, qui leur est postérieur, fut accusé, bien à tort, d'origénisme; c'était un antiochien, beaucoup plus préoccupé de morale que de dogmatique, d'une admirable sincérité dans son zèle, tout à la fois très détaché, e1 très sensible, très humain. Ces quatre saints sont fort dignes d'être étudiés par ceux qui veulent connaître le christianisme antique. Sagement, mais profondément intellectuels, ils résument vraiment en leurs personnes le catholicisme grec. Ils disent tous, pour désigner le christianisme : « notre philosophie ». Grégoire de Nysse essaye d'expliquer la Trinité par la théorie platonicienne de l'unité spécifique; il s'aide, dans son enseignement sur l'eucharistie, des notions aristotéliciennes de la matière et de la forme. Persuadés intimement que Dieu a fait la nature bonne, ils se plaisent à chercher, dans toute la civilisation antique, et jusque dans la morale des païens, des moyens de ramener l'âme à son Créateur ^ . Le discours de saint Basile

1. Saint GnÉGOiRE de Nysse, à propos de l'unité et de la trinité divines, remarque que la doctrine catholique tient le milieu entre le polythéisme et le t dogme judaïque » du monothéisme unipersonnel.

aux jeunes gens sur l'utilité de la littérature grecque profane est, à cet égard, très significatif : ce n'est pas la formation esthétique, c'est la formation morale qu'il a en vue quand il recommande l'étude des auteurs païens ; ils seront, dit-il, une préparation aux saintes Lettres, trop profondes pour qu'on les puisse comprendre dès le début. Ce qu'il demande donc aux païens, ce n'est pas tant de fournir un moyen d'expression à mettre au service de la vérité, qu'une première esquisse^ de cette vérité.

Il faut lire quelques-uns des beaux discours de Chrysostome, l'ancien élève de Libanios, quelques-uns des brillants morceaux de Grégoire de Nazianze^, et goûter l'impression élevante et dilatante de cet hellénisme christianisé. Ces oraisons sont vraiment grecques, bien qu'on y remarque une teinte d'orientalisme, due tant à l'usage fréquent de la Bible qu'à l'éducation d'un goût un peu « asiatique », reçue jadis chez le rhéteur. Leurs auteurs semblent avoir trouvé du premier coup le type de la prédication chrétienne, que tous les orateurs sacrés chercheront ensuite à réaliser comme eux; peut-être aussi sont-ils partiellement responsables de ce je ne sais quoi d'irréel et d'emphatique dont la chaire

Quelle distance entre la manière de parler des apologistes, et cette paisible réflexion : « Gardons de l'idée juive l'unité de la nature; gardons de l'idée grecque seulement la distinction des personnes » {Grande Catéchèse, c. ni, P. G., t. XLV, col. 20).

4. Sxiaypacpiav. En un autre endroit, il cite un trait de Socrate, et le rapproclie du précepte évangélique de tendre l'autre joue. La morale humaine apprivoisera peu à peu à la divine {P. G., t. XXXI, col. 576, 577).

2. On peut voir entre autres le discours lo» sur les sept Macchabées, le 38", le 4o°, le V2« (adieux à Constantinople), le 43« (oraison funèbre de saint Basile). M. Norden, op. cit., étudie sur exemples précis les procédés artistiques du style de saint Grégoire.

eut toujours peine à se délivrer. Mais ce qui est capital et ce qui nous intéresse ici, c'est que, littérateurs dans l'âme, ces Pères unissent sans dilTiculté l'amour du Christ à la mentalité antique toute saturée d'esthétisme. Leur vie s'est usée à lutter contre rhérétique ou contre le pécheur; ils ont connu et dompté les révoltes des sens, mais on ne voit point en eux cette division intérieure qui va jusqu'aux moelles, cette lutte âpre et passionnée de deux âmes, dont on surprend des traces chez saint Jérôme et saint Augustin. La Grèce a fait en eux sa paix avec le Christ. Telle était la race d'hommes, simples de cœur et raffinés d'esprit, cultivés, mais rompus aux durs combats de l'ascèse, que Julien aurait voulu anéantir pour ramener la religion du Galiléen à n'être qu'un culte de pauvres femmes et d'ignorants. Avec tout leur talent et toute leur sainteté, ils restent citoyens de l'ancien monde ; l'honneur de produire, dans la personne d'un ancien rhéteur d'Afrique, celui que pour l'intensité et la profondeur des émotions, la vivacité inquiète des sentiments, on a appelé « le premier homme moderne », était réservé à l'Occident latin.

Le chrétien latin. — L'idéal grec était pénétré d'intellectualisme et d'esthétisme; dans l'antiquité, les Grecs avaient été par excellence le peuple intelligent et artiste. L'idéal romain était avant tout un idéal de sagesse positive, de discipline énergique et persévérante, avec tendance au formalisme juridique. Rome avait produit des gouvernants d'un réalisme décidé, des juristes éminents, des moralistes de sens pratique, pas de métaphysicien ni de

penseur original. Le christianisme occidental se distingua par sou esprit de discipline, son sens du positif et du réel, il se préoccupa de développer la partie morale du christianisme. Les premières œuvres romaines, bien qu'écrites en grec, l'Epître de Clément et le P«5^eMrd'Hermas, ont déjàce caractère pratique. Les lettrés chrétiens qui suivront, continueront cette tradition, à part un saint Hilaire, dont le contact prolongé avec les Grecs avait élargi l'horizon intellectuel, à part un saint Augustin qui avait subi l'influence du platonisme et qui avait trop de génie pour ne pas déborder le cadre de son temps et de son pays. Dans leurs apologies, ce qui domine, ce sont les considérations morales ou juridiques ; réfutation du paganisme par l'étalage de ses turpitudes, défense de la religion nouvelle par le tableau des mœurs chrétiennes et la discussion des griefs d'impiété et de lèse-majesté. Les plus belles pages de V Apologeticus de Tertullien sont des peintures de la vie catholique ou des argumentations contre la législation romaine : une de ses idées les plus fécondes, une de celles qui ont le plus contribué à définir la « conscience », est inspirée de révolution du droit romain, telle qu'elle se produisait alors, sous l'influence des Gains et des Papinien, par la distinction des notions d'équité et de légalité ^ .

Dans l'exégèse latine, on retrouve ce même « utilitarisme » moral; les commentateurs de la Bible ont surtout souci d'en tirer des leçons pour la

1. On connaît la formule de Tertullien : Une loi injuste n'a point droit au respect. « Legis injustae honor nuUus. » Ad nationes, i, 6 (P. L., t. I, col. 566).

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conduite de la vie, des « exemples » qui peuvent servir à l'homme de tous les temps, l'histoire se répétant sans cesse ^ Les commentaires de saint Ambroise ont été d'abord des homélies, et il n'a accueilli avec tant de faveur l'exégèse allégorique que parce qu'elle devait lui permettre — comme plus tard à saint Grégoire le Grand — de varier les pieuses considérations, de multiplier les conclusions pratiques 2. — Les grands conflits proprement latins (baptême des hérétiques, discipline pénitentielle) sont des conflits pratiques qui, s'ils engagent indirectement le dogme, ne portent immédiatement que sur des manières de faire. Dans la discussion avec les hérétiques," dont la plupart sont des Orientaux venus à Rome, les principes favoris de solution sont tels qu'on pouvait les attendre d'esprits plus juridiques que philosophiques : recours au texte sacré comme à un code décisif, appel à la continuité de la tradition, exclusion radicale par l'argument de prescription de toute doctrine qui ne peut établir ses titres à l'apostolicité. Il n'est pas jusqu'à l'énoncé des dogmes les plus mystérieux qui ne révèle la même tendance : tandis que les Grecs, pour parler de la Trinité, transposaient le

i. Voir, par exemple, ce que saint Ambroise dit de l'histoire de Naboth : € Nabuthae historia tempore vêtus est, usu quolidiana. » De Nabuthe, 1, 1 (P. L., t. XIV, col. 731.) Très représentatif aussi est le traité De Noe et arca. Dés le début, saint Ambroise marque nettement le but d'édification qu'il poursuit : « Quem Dominus Deus ad renovandum seraen hominum reservavit, ut esset justitiae seminarium, dignum est ut nos quoque describamus eum ad imitatiouem omnium et requiescamus in illo ab omni istius mundi soUicitudine » (P. L., t. XIV, col. 3(32).

2. C'est la différence avec Oiugène qui, en adoptant l'exégèse allégorique, obéissait plutôt à des préoccupations d'urdre intellectuel. Cf. IIspl àpxwv, IX, 46-17 (P. G., t. XI, col. 377).

vocabulaire philosophique en lui infusant un sens nouveau, c'est dans la langue du droit que les Latins iront prendre le mot persona pour l'appliquer aux différents termes des relations divines.

On se tromperait, sans doute, à exagérer cette empreinte du génie romain, au point de refuser toute individualité aux écrivains de l'Église latine. Tertullien, à une fougue tout africaine, joint une prédilection pour les principes et les discussions juridiques, une tendance même à la procédure un peu chicanière, qui rappellent le strict formalisme des vieux légistes romains. Cyprien, avec plus de tendresse contenue, garde ce sentiment du réel et du réalisable, qui lui fait défendre de courir volontairement au martyre. Minucius Félix et Lactance sont d'honnêtes chrétiens, qui essayent d'adapter le christianisme à l'usage des gens du monde. Saint Ambroise ne sera jamais plus lui-même que lorsqu'il composera, à l'imitation du De officiis de Cicéron, un traité des devoirs, qui sera le premier manuel de morale chrétienne. Saint Jérôme est de nature plus riche et plus mouvementée : ses sautes de sensibilité, son ardeur d'imagination semblent briser le moule latin. Pourtant ses mérites propres restent d'ordre immédiatement pratique*. Par son activité de traducteur, il a puissamment contribué à faire connaître à l'Occident les trésors de l'Orient chrétien : sa version de la Bible deviendra la Vulgate de l'Eglise latine. Par ses lettres de direction, dont quelques-unes sont de véritables traités, remarqua-

1. Suivant la remarque de son plus récent historien, saint Jérôme a passé dans l'histoire du dogme, sans jeter « d'étincelles d'origiualilé ». G. GniiTZMACHEH, Hieronymus, t. I, p. 104, Berlin, laoï.

bles de logique et de vigueur, il a conquis au monachisme les sympathies de la haute société de Rome, et l'a détachée définitivement du paganisme. La piété qu'il enseigne à ses filles spirituelles, Mélanie, Paule, Eustochium, est une piété bien romaine par son caractère éminemment ecclésiastique et social.

Le monachUme. — Moine signifie solitaire. Le moine est un homme qui s'est retiré du commerce des fidèles pour s'adonner tout entier aux exercices de la vertu, à l'ascèse (d'aaxàv, exercer).

La distinction d'une double classe de chrétiens, les uns encore partiellement embarrassés dans les soucis du siècle, les autres plus libres et tout au Seigneur, a ses racines aux sources mêmes du christianisme. Jésus prêche poiw tous la pénitence et le royaume des cieux; il propose seulement la vie parfaite, qui consiste dans la pauvreté, la continence et une plus étroite adhésion à la personne du Maître ^ Saint Paul présente très nettement la virginité comme un état meilleur à prendre, mais non obligatoire ^, et il en résume ainsi les avantages : « Celui qui n'est pas marié a souci des choses du Seigneur, comment il plaira au Seigneur », [et il n'est pasdivisé]. Lespremiers continents de l'un et de l'autre sexe semblent ne pas s'être écartés du commun troupeau des fidèles; ils se distinguaient seulement par un plus grand nombre de pratiques de piété ; c'est eux qui, par leur assiduité, régularisèrent la coutume très ancienne des récitations diurnes et noc-

\. Matth., XIX, 12, 21.

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