De Coenob. inst., x, '2 (P. L., t. XLIX, col. 365 sqq
pour la preuve qu'il fournit si abondamment que, même dans cette primitive ferveur du vieux monachisme, on n'exaltait pas l'inspiration au point d'étouffer la lumière de la raison naturelle.
Saint Augustin. — Le nom d'Augustin appelle tout d'abord celui de Pelage. C'est l'ascèse à outrance, c'est la spiritualité de l'effort et de la volonté, qui donna naissance à l'hérésie pélagienne, suivant laquelle l'homme peut arriver à la sainteté parfaite sans que sa volonté soit intérieurement aidée par la grâce de Dieu'. Pelage, moine obstiné et austère, sorte de stoïcien au sein du christianisme, rencontra son maître dans le grand docteur de la grâce. Mais saint Augustin est bien autre chose que le vainqueur du pélagianisme ; si son importance dans l'histoire du dogme est considérable (bien que l'Église ait sanctionné ses condamnations et non point défini ses explications théologiques), son importance dans l'histoire de la piété est peutêtre plus décisive encore. Saint Augustin a si vigoureusement intériorisé le christianisme, que tous ceux qui en ont vécu depuis son époque doivent quelque chose à sa piété.
« Que désires-tu connaître? — Dieu et l'âme. — Rien d'autre? — Absolument rien 2. » Cette âme qu'il veut connaître, c'est avant tout l'âme d'Augustin. Ce n'était pas une religion extérieure que
1. On peut se faire une idée de l'ascétisme et de la religion de Pelage par la lettre qu'il écrivit à la vierge Démétrias (et qu'on trouvera, soit parmi les œuvres de saint Jérôme, P. L., t. XXX, col. 1o sqq., soit parmi celles de saint Augustin, P. L.,t. XXXHI, col. 4099 sqq.). Sa conception de la vertu est dominée par cette idée que le pouvoir de faire le mal est pour l'homme un honneur et un bien.