‹ ChristusChapitre 23 sur 284 · VI. — Les Préhistoriques · texte numérisé non relu

VI. — Les Préhistoriques

Que ne pouvons-nous, pour finir, invoquer le témoignage des hommes dont on retrouve, ici et là, les restes préhistoriques? Après les nôtres, ces vrais Primitifs eussent été bien intéressants à entendre. Malheureusement , leurs traces se réduisent à si peu de choses qu'on ne saurait, sans imprudence, parler longuement de leur civilisation. Tout ce que l'on peut dire, c'est que leur vie nous apparaît comme présentant de singulières analogies avec les populations dites sauvages, dont les restes se retrouvent en Afrique, dans les régions boréales de l'Europe, et en Australie. Or, c'est se faire une très fausse idée de ces « sauvages », que de se les représenter comme des espèces de demi-bêtes, d'une intelligence épaisse, d'une moralité bestiale, d'une existence misérable.

i. E, 11. Man (dans A. de Quatp.efages, Les Pygmées),

Si peu qu'on ait vécu de leur vie, on a sur elle des appréciations bien différentes : ces gens sont heureux, souvent intelligents, relativement moraux, reli^ gieux aussi, et, en somme, plus satisfaits de leur existence libre et simple, que des complications, des exigences, des ambitions et des déceptions de notre civilisation raffinée. Tels aussi furent vraisemblablement nos lointains ancêtres.

Quant à leur sens religieux, celui « des hommes de la pierre polie n'a été mis en doute par personne. La croyance à une autre vie s'accuse chez toutes les tribus néolithiques par les soins remarquables donnés aux sépultures... Quelle que soit la nature des tombeaux, toujours on y trouve des offrandes mortuaires, devenues pour nous des trésors ethnographiques * ».

Et si l'on remonte aux extrêmes limites des âges aujourd'hui entrevus, le moins qu^on en puisse dire est ce qu'on écrivait dernièrement à propos de « l'homme de la Chapelle-aux-Saints » : dans la mesure où il est démontré par la philosophie et la science que l'acte d'ensevelir les morts suppose des croyances et des sentiments religieux, on peut aflirmer que, dès la période moustérienne, il y avait d^ la religion dans l'humanité.

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