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Rnscni, Rechtferligung U7id Vershônung,i. III3, p

3. La note exacte semble donnée par le 24^ sermon sur les Cantiques, n° 3: « Ulinam... ego possem vacare et videre quoniam spon-

Ils n'ont pas perdu non plus ce sens de la psychologie qui distinguait l'ancienne tradition ascétique : leur analyse n'est ni moins exacte, ni moins déliée, pour être maintenant toute pénétrée d'amour ^

Il importe encore davantage de remarquer combien ces héros de la mystique sont à l'unisson de la piété populaire, que la leur, sans doute, influence puissamment, mais dont ils tiennent, malgré tout, leurs premières leçons. Ils ont peur de la mort et du jugement; voilà certes des dogmes qui sont pour eux autre chose que des assertions verbales; tout amis de Jésus qu'ils sont, la crainte les secoue jusqu'au fond 2. Ils sont dévots aux saints, et surtout à

sus est Deus! Nunc vero quem minime intérim, non dico intueri, sed ne inquirero quidem licet (quod sine lacrimis non loquor)... in ea forma qua aequalis Patri in spîendoribus sanctorum ante lucil'erum genilusest, in qua et seinper desiderant angeli eum prospicere, Deum apud Deum : ipsum saltem liominem homo hominibus loquor » (P. L., t. CLXXXm, col. 879). Cf. serm. 20, n. 8 : « Garnis dulcedinenutriantur, dum necdum valent ea percipere quae sunt spirilus Dei » ; serm. 48, n. 7 : » Christi intérim carne pascamur... fidem servemus et vivimus profecto In umbra » {Ibid., col. 871 et 1016). — Ils avouent donc éprouver plus d'attrait pour l'humanité du Christ, mais ils confessent que c'est un effet de leur infirmité. Au resle, saint Bernard parle du Ciel et de la vision béatifique, comme du terme de toute peri'pclion, avec un enthousiasme qui n'a rien de factice. Voyez le De diligendo Deo, ciiap. x et xv.

i. Voici quelles fautes se reproche Vauleur des Meditaliones piissimae : « Dans une lecture depiélé, j'aime mieux la lecture que la prière... Souvent à la messe j'ai infléchi ma voix, pour chanter plus agréablement... Ce qui me nuisait ou me déplaisait, j'ai désiré qu'il n'existât pas : je savais pourtant que sa nature était bonne... Souvent, j'ai trop désiré une aiguille, un couteau, un outil, et je ne l'ai pas confessé, n'y voyant pas de péché, à cause du peu de prix de la chose » (P. L., t. CLXXXIV, col. 498, 501). Les morceaux de fine psychologie descriptive abondent dans sainiBERNAP.D; on peutvoir, dans les Sermons sur les Cantiques, le religieux médisant (serm. 24), le supérieur (serm. 30); dans l'Apologie, le religieux qui va acheter des étoffes (X, 26. P. L., t. CLXXXn, col. 913), etc.

2. Voir le miignifique Paveo gehennam de saint Bernard (serm. 16, in Cantic, n. 7. P.L., t. CLXXXIII, col. 852). Voir aussi la chasse des diables, décrite au 3« sermon sur le psaume Qui habitat, avec son dénouement, où l'on voit les damnés « boullus » comme dans les

Marie; cette dévotion met un abîme entre leur christianisme et celui de Luther, qu'on a parfois tenté de rattacher au leur comme son expansion légitime. C'est tout naturellement qu'ils joignent à l'amour du Fils, l'amour de la mère; c^est un même mouve^ ment d'âme qui les éprend de lui et les rend familiers avec elle. « Je mêlerai, dit non sans quelque préciosité un dévot de l'école franciscaine, je mêlerai le lait de la mère avec le sang du Fils, et je m'en ferai un breuvage de grande douceur ^ » « Toute louange de la mère appartient au Fils^ », dit saint Bernard, qui n'est peut-être jamais plus lui-même et jamais plus charmant que dans ses sermons sur la Vierge. Pour se convaincre, d'ailleurs, que le goût de Jésus et le goût de Marie, au moyen âge, ne font qu'une seule et même passion, qu'ils laissent dans l'âme, pour ainsi dire, la même saveur, ne suffît-il pas de se rappeler le Stabat^l

C'est le même sentiment de famille, pour ainsi dire, qui leur fait aimer les saints. Membres du Christ, les saints sont membres du même corps que nous ; leur état glorieux n'empêche pas notre com-

stances de la mère de Villon : « Quomodo exsultant venatores capta bestia et clamant: Toile, toile, infige verubus, ini'er pruiiis, et maie bullientibusirapone lebetibus » (n. 2, P. L., t. CLXXXUI, col. 191).

1. L'Aiguillon d'amour, \. I, eh. i. Il faut lire, dans le même ouvrage, au 1. ni, c. XIX, les caressantes folles que l'auteur dit à la Vierge : « Nonne cor meum, Domina, rapuisti, et ubi quaero posuisti illud?... quare sic corda simplicium rapis ?... Si vocem clamando amisero, ad te amplius clamare nequibo », etc.

2. Siqoer mis&ns est, hom. IV, 1 (P. L., t. CLXXXIII, col. 78).

3. Ce n'est pas à dire qu'il n'y eût parfois des difficultés individuelles. Une des plus gracieuses contemplatives du moyen âge, sainte Geutrcde (t 1311), a dit quelle instruction lui fit Jésus lui-même, un jour qu'elle se sentait un peu fâchée des louanges données à la Mère, qui lui semblaient diminuer l'honneur dû au Fils. Le Héraut de l'amour divin, 1. IH, c. 10. — Uevelationes Gerlruâianae ac Mechlildianae, Paris et Poitiers, 1875, 1. 1, p. 164-165.

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munauté dénature, ils s'intéressent à nos peines, et quelque chose semble manquer à leur bonheur tant que nous ne leur sommes pas réunis. Telles sont les idées que S. Bernard développe quand il les célèbre; la dévotion qu'il sent à leur endroit, est plus sublime et plus spirituelle, mais tout aussi chaude et enthousiaste, que celle du simple populaire. Il les aime dans Dieu qui les glorifie et dans le Christ ^

Saint François. — On peut être tenté de résumer tout le christianisme du moyen âge dans le zèle du bien social, dans le dévouement à l'Eglise, et l'on se reporte aux travaux apostoliques de ces missionnaires infatigables que furent un saint Dominique ou un saint Vincent Ferrier. On peut être aussi tenté de le résumer tout entier dans l'amour personnel et passionné de l'humanité du Christ. C'est un signe qu'aucune des deux idées ne rend aux faits pleine justice ; c'est un signe aussi que les deux amours ne s'opposent pas. Ils s'unissent d'une manière saisissante chez le saint que beaucoup s'accordent à regarder comme le plus grand du moyen âge^, et que certains ont proclamé la plus grande figure du christianisme après Jésus-Christ chez saint François d'Assise.

1. Lire par exemple ?,es Sermons pour la fête de la Toussaint, o\x le Second sermon pour la fête de saint Victor.

2. Malgré le respect qu'on avait au moyen âge pour les saints de l'antiquité, on a très vite senti cette exceptionnelle grandeur de saint François. «Les très pieux compagnons de saint François furenttols, disent les Fioretti, que depuis le ternies des apôtres jusqu'à nous, le monde ne vil pas d'hommes si merveilleux et si saints. » Si l'on compare ses compagnons aux apôtres, lui-même on le compare à Jésus-Christ, et l'on fait ressortir les « conformités » du maître et du disciple (LîDre des con/brm^7es, de Barthélémy de Pise, dernier quart du quatorzième siècle).

LÀ RELIGION CHRÉTIENNE. 84y

Quelle figure de l'antiquité chrétienne offre une aussi vive image de Jésus prêchant sur la montagne, que saint François, — je ne parle pas seulement du Po{>erello de la légende, infiniment précieux à goûter et à connaître, — mais de celui de l'histoire? 11 est comme une créature nouvelle par sa simplicité; il a retrouvé, sinon la puissance d'Adam innocent sur le monde des corps, du moins, ce qui est plus beau, l'amour naïf de toute la nature, une sympathie aussi fraîche et émerveillée que s'il était le premier homme. Il prêche aux oiseaux. Il remercie Dieu de la création du monde. Il a une confiance d'enfant en ses semblables. Ayant un jour racheté dje petits agneaux qu'on allait tuer, voilà qu'il ne sait qu'en faire; « alors, après avoir pris conseil du frère son compagnon, il les rendit au vendeur, pour qu'il les gouvernât, et lui ordonna de ne jamais les vendre ni de leur faire de mal, mais de les garder, de les nourrir, et de les régir avec soin ^ ». On racontera plus tard, que des frères se plaignant de certains voleurs qui venaient extorquer le pain des quêtes, il leur répondit : « Allez trouver ces voleurs, portez-leur votre meilleur pain, étendez une nappe par terre, invitezles à manger; ensuite, priez-les humblement de vous promettre qu'ils ne feront plus de tort à personne. » 11 prend l'Evangile à la lettre. Il n'appelle personne maître, et, pour n'appeler personne bon, il substitue au nom de son médecin, Bongiovanni, celui de Bambegnato. 11 veut que les frères, quand ils seront établis en quelque lieu, cèdent la place à tous ceux qui voudront la prendre. 11 défend de résister même

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