So7nme théologique, 2» 2», Q. 82, a. 3, ad
chasteté religieuses ^ On n'y trouvera pas cet enthousiasme pour le dénuement, ni cette soif d'imiter Jésus souffrant qui transportaient saint François; on y trouvera un grand amour de la contemplation et de la paix, une vue claire de ce qui les empêche : soucis de la famille, de la propriété, de l'organisation des actions extérieures. L'auteur est intimement convaincu de ce principe que, l'union à Dieu étant le seul but de la vie spirituelle, les conseils évangéliques ne sont pas la perfection même, mais seulement des moyens pour observer plus parfaitement les préceptes, et surtout celui de l'amour de Dieu. Il en déduit que la plus parfaite pauvreté n'est pas celle qui laissera le corps plus misérable, mais celle qui rendra l'esprit plus libre pour vaquer à Dieu, pour s'unir actuellement à Dieu. « Vie contemplative, écrit-il, c'est liberté d'âme. » Et il enseigne que le plus évident signe d'amour, c'est d'aller contempler 2. On peut être tenté, au premier abord, de juger cet esprit-là moins chrétien, moins évangélique. Mais c'est l'esprit de saint Paul disant aux fidèles : « Je veux vous voir exempts de soucis ^. » Et le Sermon sur la montagne, qui donne le même enseignement, ne fut-il pas prononcé longtemps avant la montée du Calvaire?
L'histoire a prouvé, d'ailleurs, combien la doctrine thomiste pouvait être féconde en fruits de vie spirituelle. « Le cher saint Thomas, le maître, la claire lumière '* » , a profondément influencé l'ancienne