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Suso, loc. cit

2. L'allégorie du jardin revient fréquemment sous sa plume, et aussi les expressions comme : « le ciiien de la conscience », « la porte de la volonté », « l'œil de l'intelligence », « ne dormons plus dans le lit de la négligence », etc.

LA RELIGION CIIHÉTIENNE. 863

II. — L'antichristianisme, ranticatholicisme, la fin du moyen âge.

La lutte^ contre Vhéréme. — A lire saint Thomas, à se laisser doucement pénétrer par cette atmosphère de calme intellectualisme qui enveloppe tous ses écrits, à contempler dans leur hardiesse sereine les cathédrales gothiques, dominatrices de la vie de la cité, on ne soupçonnerait guère les luttes que l'Eglise dut mener pour conquérir et maintenir au xfiie siècle cette maîtrise des âmes. Plus terrible que le eésarisme allemand, l'hérésie s'était subtilement insinuée au cœur du peuple chrétien. Dès le x® siècle, le néo-manichéisme, venu d'Orient, avait envahi la Bulgarie et la Macédoine, où il avait donné naissance à la secte des Bogomiles. Au commencement du XI» siècle, il avait gagné l'Italie, la Germanie et la France. Mais c'est surtout auxii® et auxiii® siècle que, sous le nom de catharisme, l'hérésie fit de rapides progrès, au point que chroniqueurs et prédicateurs catholiques n'en parlent qu'avec effroi ^i le terrain avait d'ailleurs été préparé au nord par la secte des Apostoliques, qui prétendaient reconstituer l'Eglise du temps des Apôtres, au midi par les

1. Sur le nombre des Cathares, voir Jkam Gu(j.aud, Cartulaire de Notre-Dame de Prouille, précédé d'une étude sur Valbigèisme languedocien auxXII" et XIII^ siècles, Paris, 1907, 1. 1, p. cxxvi. — Raynier Sacciioni qui fut dignitaire de l'église cathaie et écrivait vers 12iO; c'est-à-dire au déclin de l'hérésie, évaluait à quatre mille environ le nombre total des Cathares. Par là il faut entendre les Parfaits, ayant reru l'initiation complète, le Consolamentum. Les Croyants, « qui adhéraient d'une façon plus ou moins nette à la secte », étaient beaucoup plus n'^'mbreux; ainsi dans l'église de l'Esclavonie, pour un nombre approximatif de cent vingt-cinq Paî/o «7s, on comptait plus de dix mille Croyants à la Gn du xu« siècle.

prédications hérétiques de Pierre de Bruys et Henri de Lausanne. Répandus en Germanie, en Belgique, en Italie, en Espagne, dans le midi de la France (d'où le nom à' Albigeois)^ les Cathares opposaient église à église, religion à religion. Car, malgré l'appellation que lui donne le moyen âge, le catharisme n'est pas à proprement parler une « hérésie », une secte chrétienne, qui, séparée de la grande Église par quelques divergences dogmatiques, retient un certain nombre de doctrines fondamentales. Comme l'a justement remarqué un des historiens qui l'ont étudié de plus près ^ , le catharisme « était une religion distincte, partant d'une conception particulière du monde et de la destinée, imposant une morale et des pratiques qui lui étaient propres, instituant une hiérarchie en opposition complète avec celle de l'Eglise ». Au christianisme issu d'une personne vivante et n'ayant de sens que par elle, le catharisme substituait une spéculation, ou plutôt un ensemble de spéculations dérivées des anciennes religions ou théologies orientales, manichéennes et gnostiques. Au manichéisme les Cathares avaient emprunté le dualisme ou croyance à l'existence de deux dieux opposés, l'un, principe du bien, l'autre, principe du mal et de la matière, tous deux éternels et indépendants ^. Comme les manichéens des premiers siècles chrétiens, les Cathares avaient compliqué ce système en y introduisant la théorie gnostique des éons. La gnose leur fournissait l'explication du mystère du

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