J. QiiiCHERAT, Le double Procès, t. IIl, p
LA RELIGION CHnETIENNE. 871
Rome n'était plus de façon incontestée ce qu'Innocent III appelait, le tribunal suprême de la chrétienté. Son autorité faiblissant, riiépésie reparaît. Pendant qu'en Italie et dans l'Allemagne du Sud les Fraticelli et Spirituels, scindant la grande famille franciscp-ine, exagéraient le renoncement aux biens dQ ce monde, préch4iei;itle communisme , et oublieux du respect que saint François d'Assise avait toujours témoigné à l'ordre sacerdotal, attaquaient la primauté ronaaine et la juridiction ecciésiastique, en Angleterre, un théologien de l'université d'Oxford, John Wyclif, opposait à la conception catholique de l'Église le système le plue élaboré qu'ait produit le moyen âge. Après s'être fait l'auxiliaire des résistances anglaises contre la curie romaine, avoir attaqué la propriété ecclésiastique, prêché le retour à la loi évangélique, Wyclif précisa ses théories sur la constitution du pouvoir. A prendre ses derniers ouvrages où il donne à sa pensée son expression la plus nette, l'Église est la société des prédestinés, dont le Christ est la tête; le pape, s'il est prédestiné, est le chef de l'Église militante; s'il n'est point prédestiné, il n'est point le capitaine de la sainte Église de Dieu. On reconnaît que quelqu'un est prédestiné, jGds du royaume, js'il vit suivant la loi de Dieu. Cette loi est à chercher dans l'Évangile; c'est là que tous les fidèles, prêtres et laïques, doivent l'étudier directement ; d'où 1?l nécessité de traduire la Bible et de la mettre ainsi à la portée de tous. Wyclif apphquait ces principes à la société laïque : tout gouvernant qui s'éloigne des préceptes du Christ est « archihérétique », « antéchrist » . Ces thèses du de Ecclesia Christi ' '1378) sont