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III. — Le renouveau français

Le dix-septième siècle.

La sainteté en France au XVII^ siècle, — En France, le renouveau fut un peu tardif; il se manifesta seulement une fois les guerres de religion terminées. Mais il eut son originalité et sentit son terroir. Si la prudence, le sens pratique surnaturel sont la marque personnelle des saints de cette époque, on ne s'étonnera pas de trouver chez ceux de notre race ce caractère plus accentué qu'ailleurs. 11 suffit presque de nommer ici sainte Chantai, les deux Marie de l'Incarnation, celle de Paris et celle de Québec, saint Pierre Fourier. On nous dit de saint Vincent de Paul, le plus populaire d'entre eux : « Il excellait pour le bon sens'. » Mais le « bon sens » chez ces grands chrétiens n'excluait pas la hauteur de vues ni

\. L. AcELLY, La vie du Vénérable Serviteur de Dieu Vincent de Paul, 3" éd., Paris, 1684, 1, 1, p. no.

la « grandeur de courage » ; cette génération au contraire se dislingue par l'esprit d'entreprise au service de Dieu, par la création d' « œuvres » magnifiques et neuves. Hardis à concevoir, et, pourl'exécution, recourant aux moyens les plus simples. Le biographe de M. Vincent a dit quelles aumônes put distribuer ce pauvre. Pendant sa vie, ses missionnaires dépensèrent « près de douze cent mille livres » en «Barbarie ». Il envoya « en divers temps, pour les pauvres delà Lorraine etpour ceux de quelques villes conquises dans l'Artois, près de seize cent mille livres d'aumônes ^ ». D'autres époques du catholicisme français, le xix^ siècle par exemple, ne le cèdent assurément pas pour les œuvres, à celle dont nous parlons ; mais ce qui alors est admirable, c'est que l'épanouissement de ces actions saintes correspond à une vigoureuse poussée de vie intérieure. On eût cru alors n'être chrétien qu'à demi si l'on se fût borné à « tracasser au dehors », sans s'exercer solidement au dedans, par l'oraison et par l'ascèse, à s'unir au Fils de Dieu.

Nous avons été trop habitués par les historiens incrédules, comme Sainte-Beuve, à ne voir, dans cette admirable première moitié du xvii^ siècle, que Port- Royal. Mais Port-Royal n'est pas le seul, ni surtout le plus humble, de ces centres de vie à la fois ascétique et agissante. M. Vincent prescrivait à ses Lazaristes « la vie d'un chartreux à la maison, et d'un apôtre à la campagne 2». C'est au sein d'une congrégation de la sainte Vierge, établie chez les Jésuites de Paris, que la Société des Missions étrangères se

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