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Ibid., t. IV, lettre 2i7, p

Les archaïsants. — Les tendances que nous avons signalées jusqu'ici, et qui toutes s'incarnent, pour ainsi dire, en un homme ou en un saint, avaient un caractère commun. Strictement attachées à l'Église hiérarchique vivante, par conséquent à la tradition, elles regardaient en avant : elles étaient progressistes. C'est en s'en inspirant que de nouveaux instituts religieux prendront d'admirables développements : qu'il sulTise de rappeler les Frères des Écoles chrétiennes de saint Jean Baptiste de la Salle (1651- 1719). Mais une tendance contraire commençait à se manifester.

Les protestants rejetaient bien la tradition ecclésiastique, mais c'était pour se réclamer d'une tradition plus ancienne. Ils affectaient de regarder vers le passé, de s'inspirer dupasse, décalquer les formes du passé. De là, chez les catholiques, la nécessité d'étudier de plus près les antiquités chrétiennes, et de relire les Pères. Mais de là aussi, chez certains, le désir de trouver dans cette antiquité une sorte de terrain commun, où les différence's qui séparaient les deux confessions seraient réduites au minimum. Leur goût du sérieux, du raisonnable, du sévère, du simple se choquait de maintes subtilités et puérilités médiévales. D'autres causes encore peut-être donnèrent naissance au sein du catholicisme à une tendance complexe, répandue sur tous les domaines de la vie religieuse et chez un grand nombre d'hommes, bien qu'à des degrés variés, et que, faute d'un mot meilleur, l'on pourrait appeler un esprit d'archaïsme.

Il consistait dans une opposition instinctive aux développements que le catholicisme avait reçus pendant la période médiévale et moderne, et dans un désir

de retour, pour les doctrines et pour les pratiques, à un christianisme plus spirituel et plus sobre, plus épiscopal aussi et moins papal, et tel qu'on se représentait celui des « Pères », tout particulièrement de saint Augustin. On voit immédiatement, qu'il y avait là une concession inconsciente aux réclamations des Réformés.

Quantité de polémiques s'inspirèrent alors de cet esprit qui voyait la réforme non dans un progrès vivant, mais dans un recul vers le passé.

Il y eut dans cette voie de véritables radicaux, les Jansénistes, qu'on a pu, du reste, qualifier de « Calvinistes honteux ». Ils allèrent très loin. D'aucuns rêvaient de rétablir l'ancienne pénitence publique. A chaque instant, c'est à la discipline des premiers siècles qu'en appelle ce conciliabule de Pistoie où le jansénisme a dit son dernier mot (1786), pour réclamer des réformes. Pourquoi devrait-on n'avoir dans chaque église qu'un autel, faire les offices en langue vulgaire, supprimer les honoraires de messes, proscrire les serments ? Pourquoi interdire aux religieux le soin des âmes et le travail pastoral, les réduire au seul ordre bénédictin, n'ordonner prêtres que les moines destinés à servir de chapelains dans le couvent, n'avoir qu'un monastère par cité, et encore relégué dans une solitude, supprimer l'exemption, etc.? Toujours la hantise de l'antiquité. Les Jansénistes tenaient peu de compte de l'Église contemporaine et vivante. Persuadés que l'esprit primitif, le seul légitime, s'était réfugié en eux, ils ne parlaient de leur Port-Royal que comme de l'arche au sein du déluge universel.

D'autres, et des meilleurs parmi les serviteurs les

plus sincères de l'Église, archaïsaient aussi, quoique avec plus de discrétion. En plus d'un cas, leur réaction était légitime. Quand l'abus était réel, c'était bien aux sources pures de la tradition qu'il fallait remonter. Mais, jusque sur des points de grande importance, leur poussée était en sens contraire de la marche des esprits et de l'instinct commun de l'Église. Ce fut la tendance opposée, qu'on appelle de noms trop étroits et, par conséquent, inexacts, jésuitisme ou ultramontanisme, qui triompha. La victoire ne fut pleinement gagnée qu'au xix« siècle, et sur le triple terrain des institutions ecclésiastiques, du dogme et de la piété.

Le Gallicanisme. — Pour ce qui est des institutions ecclésiastiques, il y a longtemps que la lutte était engagée. Elle battait déjà son plein dans les conciles du xv° siècle. D'une part, la conception romaine strictement monarchique; d'autre part, celle des ennemis du développement, où se mêlaient de l'épiscopalisme, du presbytérianisme, du nationalisme. Cette dernière trouva sa formule relativement modérée dans les fameux articles gallicans, qui niaient toute dépendance, même indirecte, du pouvoir temporel vis-à-vis du spirituel, et affirmaient la supériorité du concile sur le pape. Alexandre VII les condamna (1690) ^ Condamné aussi, au siècle suivant, le système plus radical de Febronius qui soutenait l'autonomie des évêques en face du pape, et refusait à ce dernier la puissance épiscopale ordinaire sur tous les diocèses du monde chrétien 2; condamnées les doctrines du

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