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Encyclique Immortale Dei, vers le commencement

2. Encyclique Tametsi futura, vers la fin [S.D.N.Leonis XIII... Acta praecipua, éd. Desclée, t. VU, p. 441-442).

politique ( <f Diuturnum illud », 1881), sur la constitution chrétienne des Etats ( « îmmortale Dei », 1885), sur la liberté humaine ( « Libertas, praestantissimum », 1888), sur la condition des ou{>riers ( « Rerum novarum», 1891), sur J.-C. Rédempteur ( « Tametsi fiitura », 1900), et tant d'autres. On notera le parfait accord de Léon XIII avec Pie IX touchant les devoirs qui incombent à l'État comme Etat vis- k-YÏs de la seule Eglise véritable ^ Sans doute, chacun des deux Papes aborde la question par le côté qu'il préfère. Pie IX dit plus volontiers : Nous aidons absolument droit à votre hommage. Léon XIII dit plus volontiers : Vous avez absolument besoin de nous. Mais ne suffit-il pas de rapprocher ces deux assertions pour faire voir que ce sont là deux aspects d'une vérité identique, et donc, qu'au sens théologique du mot, l'un des Pontifes îi' est pas plus « libéral » que Vautre? Si c'est Léon XIII qui a le plus soigneusement affirmé l'indépendance du pouvoir temporel dans sa sphère, c'est sous sa plume aussi que s'est accentuée, précisée, enrichie, la doctrine de Jésus-Christ sauveur et seigneur des sociétés humaines.

Ce serait devancer l'histoire que de prétendre indiquer ici de quels nouveaux développements du christianisme cette pensée peut marquer l'amorce pour la christologie, la sotériologie, la théorie de l'Eglise. Mais voici encore deux traits caractéristiques de l'orientation nouvelle. Ayant formé le projet de consacrer, en 1900, le genre humain au

1. Voir surtout l'Encyclique Libertas, praestantissimum, au § Eadem libertas (éd. citée, t. lU, p. 109).

LA REUGlOiN CHRETIENNE. 957

Sacré-Cœur de Jésus, Léon XIII se demanda si cette sorte de patronage exercé sur tant d'hommes qui n'étaient membres de l'Eglise ni par le baptême de l'eau, ni par le baptême du désir, était justifiable en saine théologie. On conclut pour l'affirmative, et l'Encyclique du 25 mai 1899 donna une sorte de consécration oOicielle à l'idée exprimée déjà par saint Thomas : « En droit tout est soumis au Christ, quoiqu'il n'exerce pas encore la plénitude de son pouvoir ^ » Plus récemment, dans une Lettre aux évêques français du 25 août 1910, Pie X a déclaré : « Travailler à la réforme de la civilisation, œuvre religieuse au premier chef; car pas de vraie civilisation sans civilisation morale, et pas de vraie civilisation morale sans la vraie religion. »

Le document pontifical dont ces paroles sont prises, ne fait que reprendre, et concentrer, sur les rapports de la société humaine et de l'Église, les vérités que Léon XIII avait toujours enseignées. Les habitudes d'esprit de Pie X donnent seulement à ces formules plus de relief et plus de mordant. Cette Lettre, vraiment magistrale par la fermeté des principes, par la lucidité de la logique, par l'ampleur des vues, est très propre à donner une idée claire de ce que sont, aux yeux de l'Eglise, les lois naturelles et divines de la société.

Au cours du xixe siècle, les chrétiens se sont partagés en deux camps touchant le rapport des principes de laRévolutionetdes principes du christianisme.

Tout en déplorant les excès qui ont accompagné,

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