Pensées, éd. Brunschvicg major, 741, tome II, p
LA RELIGIOiN CHRETIENNE. 1009
vérités qu'elle a conscience de détenir, maintenant ferme une hiérarchie qui n'existe que pour le bien des fidèles qu'elle régit, héroïque et compréhensive, l'Église chrétienne catholique. Comme son Maître, et par Lui, elle a des demeures pour tous ceux qui ne veulent pas, délibérément, pécher contre la lumière. Aux groupements fondés sur la communauté de race, l'identité des conditions sociales, l'adhésion révocable d'intelligences qui se prêtent sans se donner, elle oppose une communauté de croyances et de rites qui fait, avec des centaines de millions d'hommes, que parfois tout sépare, un grand peuple fraternel. Tout ce que l'homme cherche dans son effort religieux, elle le lui donne : un Dieu qui se donne sans se diminuer, qui se communique sans mesure, mais non sans discernement, qui se révèle sans perdre la noblesse suprême du mystère; un Dieu qu'on peut prier, qu'on peut fléchir, mais qu'on ne peut ni tromper ni éluder ; un Dieu qui est Vérité, un Dieu qui estcharité, un Dieu qui est Père; « un Dieu d'amour et de consolation, un Dieu qui remplit l'âme et le cœur de ceux qu'il possède, un Dieu qui leur fait sentir intérieurement leur misère, et sa miséricorde infinie ; qui s'unit au fond de leur âme ; qui les remplit d'humilité, de joie, de confiance, d'amour ; qui les rend incapables d'autre fin que de lui-même ^ » Cette haute conception, et les secrets qui l'accompagnent dans le dogme chrétien, nous les devons à la bénignité, à la « philanthropie ^ » de Dieu. Ayant parlé jadis, de bien des façons et à
1. Pascal, Penséea, VIII, 536; Éd. Lrinsghvicg major, tome III, p. 5-6.