‹ ChristusChapitre 38 sur 284 · Cf. HinT, op. cit., p · texte numérisé non relu

Cf. HinT, op. cit., p

3. Cf. ScriRADER, art. cit., p. 31 et sqq. A. Cf. HiRT, op. cit., ib.

à devenir alors de vrais dieux, et même à jouir d'une fortune extraordinaire. 11 en aurait été ainsi, entre autres, d'Apollon, s'il faut en croire l'étymologie proposée par M. C. Robert, l'éditeur de la nouvelle édition de la Mythologie dePreller : pour lui, 'AttoXXwv est le dieu des aTrsXXai (troupeaux de moutons) que le soleil levant mettait en mouvement pour aller au pâturage. Le passage fréquent de cette classe de divinités à celle des dieux proprement dits ne prouve pas que la distinction entre les deux catégories soit arbitraire ou relativement récente. Au contraire, tout montre que les Indo-Européens la faisaient déjà. De même, si certains dieux ont supplanté Dyéus comme dieu suprême, cela ne signifie pas que la conception d'un dieu-chef doué d'un pouvoir sensiblement plus grand que les autres dieux n'ait été encore que vague ou accidentelle avant la dispersion. On est plus près de la vérité, sans doute, en se figurant cette hiérarchie céleste sur le modèle d'un état où la royauté est susceptible d'être usurpée et où l'aristocratie se renouvelle sans cesse par l'élévation à son niveau de membres de la classe populaire, sans que pour cela les trois degrés de cette société aient jamais été confondus.

En bas de l'échelle des êtres qui sont l'objet d'un culte, il y a des catégories d'esprits plus inférieurs encore que les Sonder gôtter : ce sont les âmea des morts et les dinnités de la fatalité, La croyance en la survie revêt chez les différents peuples indo-européens des aspects assez analogues. On croit à la persistance après la mort du souffle (4"jxv anima-âtman] qui anime le corps, et le trépassé est supposé mener dans le royaume des morts fAi^y)?,

Valhôll, Orcusy etc.) une vie qui rappelle celle de ce monde. Cette croyance correspond à la coutume de l'ensevelissement, qui paraît bien être la plus anciennement en usage chez les Indo-Européens, — bien que la crémation se soit introduite dès une époque reculée — ; elle s'harmonise bien aussi avec les usages se rattachant aux funérailles et qu'on retrouve souvent, tout semblables, à la fois chez les Grecs et les Letto-Slaves : par exemple le banquet funèbre, les cadeaux faits aux morts et placés dans la tombe, les offrandes de vivres (ainsi dans le çràddha hindou), les fêtes des morts, etc. ^

L'âme de l'homme se confond aussi très souvent avec son destin. C'est ainsi que le grec xvip, signifiant proprement « cœur » ou « âme », est en même temps la Destinée dont chacun est pourvu en naissant, et même, en général, la Destinée fatale, la mort. Cette conception survit surtout bien nettement dans l'idée du Saif^tuv, présidante la bonne et à la mauvaise fortune des hommes. Il faut aussi en rapprocher le genius des Romains et lAfravashi des Perses. Le rôle assigné au Destin est très important dans la pensée des peuples indo-européens. On le désigne souvent sous des noms signifiant « part » (aTaa, (xoipa» russ. éasti). Cette part est souvent regardée comme attribuée aux hommes par les mères de la fatalité: lat. Parcœ, a. si. rozdanicy. Les fées du moyen âge (lat. fata) sont de même mères ou marraines d'un individu.

Les dieux principaux paraissent avoir été, dès une

1. Voir sur les coutumes mortuaires et les croyances qui s'y rattachent de longs développements dans Schrader, art, cif

époque reculée, l'objet de conceptions anthropomorphiques. Tant chez les Germains que chez les Hindous, il en est qu'on se représente comme des géants. On leur donne l'épithète de « pères », on leur attribue des épouses dont le nom n'est souvent que le féminin du leur : Agni : Agnâyî, Zeuç (Aidç), Jupiter (Jovis) : Aio)v-/], Juno. Le ciel et la terre forment souvent aussi un couple. Plusieurs des mythes, auxquels les dieux sont mêlés dans les traditions des divers peuples indo-européens, semblent remonter aux origines.

Bien que les savants de l'ancienne école mythologique aient abusé des rapprochements de cet ordre, on doit pourtant, ce semble, avec M. Schrader \ admettre comme primitifs les mythes se rapportant aux relations entre le soleil, la lune et les étoiles (mythe des Açvins, des àioaxoupoi, etc.), aux causes de Torage (le dieu tue le dragon qui retenait les eaux ou délivre les vaches cachées par un monstre), ou aux origines du feu (Prométhée, etc.).

Naturellement, les dieux étaient l'objet d'un culte qui comprenait prières et sacrifices. Bien que ces derniers se fissent par le feu chez les Hindous, les Grecs et les Romains, il semble que la coutume la plus ancienne, — telle qu'Hérodote la trouvait chez les Perses et telle qu'on l'observait encore deux mille ans plus tard chez les Letto-Prussiens, — ait été d'étendre les offrandes sur une sorte de litière (scr. harliis, av. baresmarij ancien pruss. halsinis, « coussin » ), et dinviter le dieu à venir

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