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I. SOURCES

De nombreux auteurs grecs et latins parlent de Zoroastre et donnent quelques aperçus sur les doctrines dont les Perses lui attribuaient la paternité. On trouvera une collection de ces passages notamment dans l'appendice à l'ouvrage de A. V. Williams Jackson, Zoroaster the prophet ofancient Iran. On cite le plus souvent Platon (ou plutôt Pseudo-Platon), 1^' Alcibiade, 121 E-122 A et la scolie; — Pline l'Ancien, Hist. Nat., VII, 15; XXX, 2, 1, etc. ; — Plutarque, De Isid, et Osir., XLVI, etc.

Si pourtant nous ne disposions que de ce genre de sources pour connaître la personnalité du prophète de l'Iran et les caractéristiques du Zoroastrisme, nous n'en aurions qu'une idée bien incomplète et bien fausse. En réalité, la religion de Zoroastre ne peut être étudiée que dans l'Avesta même et dans la vaste littérature de commentaires et d'écrits religieux, qui en est sortie plus tard en Perse.

A. L'Ai^esta, — On désigne de ce nom (pelilevi anstâky pâzand açastâ, terme d'une étymologie douteuse), ce qui nous reste d'une vaste littérature religieuse composée en un dialecte iranien communément appelé zend. Ce terme est impropre, car zend désigne en pehlevi un « commentaire » : Avistdk va Zend signifie l'Avesta et son commentaire. Le premier traducteur de l'Avesta, Anquetil du Perron, est l'auteur de cette confusion. Il a fait de l'expression pehlevie le terme Zendavesta, par lequel il désignait l'ouvrage, en admettant que Zend s'appliquait à la langue. Le meilleur terme pour désigner cet idiome est celui d'avestique, car il ne préjuge rien. Certains auteurs allemands le dénomment altbaktrlsck , « vieux bactrien », parce qu'ils admettent que la littérature aveslique a ses origines dans le Nord-Est de l'Iran, mais cela n'est pas définitivement prouvé. L'idiome avestique est fort voisin du vieux persan des inscriptions des Achéménides, bien qu'il en diffère nettement sur certains points de phonétique et de vocabulaire. Au sein même de la littérature avestique, de petites différences dialectales existent entre la langue des Gâthâs et celle des autres parties de l'Avesta (Jeune - Avesta).

Les parties de l'Avesta qui nous ont été conservées, l'ont été à cause de leur emploi liturgique. Ce sont des hymnes et des indications pour le sacrifice, des prières solennelles aux différents yazatas (divinités, ang-es, etc.), des recueils d'observances et de règles pour les purifications ou de formules de prières pour les diverses circonstances de la vie. Le tout constitue, dans l'édition de M. Geldner, qui a compulsé les nombreux manuscrits renfermant des fragments de ces documents, un volume de 650 pages in-folio en y comprenant les notes. On y distingue :

l.L^e Tas/za (proprement « sacrifice )),scr. yajna]^ récité en l'honneur de toutes les divinités, et en particulier aux sacrifices du haoma et du myazda (cf. infra). Il est divisé en 72 hâs, comprenant d'abord des textes se rapportant aux sacrifices, ensuite des hymnes appelés gâthâs, d'un aspect plus archaïque que les autres parties de l'Avesta, sous le rapport de la langue et des idées exprimées. Ceux-ci passent pour être la parole même de Zoroastre. Les idées religieuses, qui y sont énoncées, constituent un système un peu particulier. Dans le nombre se trouve le haptanghâiti, regardé généralement comme plus récent, et consistant en sept hymnes adressés à Ahura Mazdàh, aux Ameshas Spentas, aux Fravashis (cf. infra) des justes, au feu, aux eaux, à la terre. Le Yasna renferme enfin des prières particulièrement sacrées, telles que le Ahuna Vairya, VAshem Vohu, etc.

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