Introd. à la trad. de l'Avesta, p. cxciii
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lifîent ce personnage de « platonicien ». Tout cela ne nous apprend pas cependant grand'chose sur le rôle joué réellement par ce Tansar^. Mais, en outre, on trouverait dans l'Avesta des allusions à des événements récents : le règne d'Alexandre, le Bouddhisme, les Arabes ^. Toutefois, ces allusions se rencontrent dans les parties relativement tardives du livre, et plusieurs sont contestées.
On fait état, également, du témoignage des auteurs grecs et des inscriptions des Achéménides qui représentent la religion des Perses comme une religion naturelle assez élémentaire, fort en dessous des conceptions élevées du Zoroastrisme. * — Mais, comme nous l'avons dit ci-dessus, ces témoignages ne sont pas (sauf pour la question de l'enterrement des morts, dont l'importance a été exagérée) trop en désaccord avec les idées avestiques, surtout avec celles qui se ressentent le plus de la religion populaire. Le Zoroastrisme proprement dit peut avoir été à ses débuts la doctrine d'une école de mages dans une partie de l'Iran. Ce n'est que progressivement qu'il se serait répandu, et on voit clairement qu'il existait à côté de lui une religion plus populaire, avec laquelle il est arrivé à se fondre pour devenir la religion de la Perse. La religion des Achéménides est déjà pénétrée d'idées nettement avestiques.
Le P. Lagrange, de son côté, attache une grande importance au fait que les gâthâs parlent constam-
4. Daumesteter, le Zend Avesta, UI, p. xxi sqq.— Mills, Zarathushtra and the Greeks, p. 12 sqq.
2. Darmesteter, Tôïd., p. xLiii sqq.; De Harlez, l'Avesta, Introd., p. cxciu»
ment d'un royaume attendu par les fidèles. Cette conception rappelle celle du « Royaume de Dieu » des Juifs, chez qui elle est trop ancienne et trop essentiellement nationale, pour qu'on puisse supposer un emprunt aux Perses. Donc ce seraient les gâthâs qui l'auraient puisée en Israël K
Cela est très exact, mais si l'influencé juive s'est vraiment exercée sous ce rapport sur l'Iran, le fait a pu se produire à une époque ancienne (en Médie ou en Chaldée?). Les deux conceptions peuvent aussi être indépendantes. Les traditions indo-iraniennes représentent constamment dans les Védas l'Asura Varuna (l'équivalent hindou de Mazdâh) comme le dieu- roi 2 (Ushatr^iya) au vaste royaume {mahiksatra) ^, le roi universel (sarûrajan)^ régnant sur le monde de Vr-ta comme, en Perse, Mazdâh règne sur celui de Varta ou asha. La conception d'un royaume des morts est de même commune aux Indiens et aux Iraniens, et de ces éléments a pu sortir assez naturellement le khshathra gâthique.
On a dit aussi que la conception gâthique de Vohu Manah rappelle celle du Xdyoç néo-platonicien, surtout telle qu'elle se présente dans le système du Juif Philon. M. Geldner^ conteste que la ressemblance soit trèsfiîappante, et fait remarquer qu'à l'époque de Philon, Vohu Manah apparaît déjà tout anthropomorphisé et défiguré dans les œuvres de Strabon sous la forme 'lîaavdç. La parenté de conception entre les Ameshas Spentas des gâthâs et les Suvafxsiç