‹ Chronique d'Einsidlen (Notre-Dame-des ermites) d'aprés d'AchéryChapitre 10 sur 131 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Courte histoire de la bulle de Léon VIII.

Cette balle fut confirmée par les papes Innocent IV, Martin IV et Nicolas IV; ce dernier» dont les ratifications datent de 1291 , cite les bulles de ses prédécesseurs. En 1585 y Henri de Brandis , évéque de Constance , donnant son vidimus k la bulle de Léon VIII, dit qu'elle a été reconnue authentique par plusieurs papes ainsi que par les évéques qui l'ont précédé. L'examen de la bulle se fit à Gottlieben, le l*' de l'an 1585; alors c'étaU le 25 décembre, l'année commençant le jour de Noël. La copie de la bulle renfermée dans les actes de cet examen, et le témoignage qui l'accompagne, répondent de la foi des peuples au sujet de la chapelle d'Einsidlen , et de l'authenticité de la bulle. Henri de Brandis était encore abbé d'Einsidlen, quand on commença d'examiner cette bulle avec un soin scrupuleux. Il ne donna donc son vidimtis, étant évéque de Constance , que parce qu'il avait participé à cet examen. En 1^55, les ennemis de l'abbaye d'Einsidlen et les négateurs de la puissance de Marie aux lieux où s'invoque sa médiation^ obtinrent contre l'abbaye une demande d'enquête sur l'authenticité de la bulle. Les religieux déposèrent leurs preuves aux pieds du pontife Eugène IV : c'était d'abord une note du onzième siècle, extraite d'un calendrier de ce temps , qui attestait et relatait l'acte de Léon VHI, depuis sa date de 964 jusqu'à' ses moindres détails. Même preuve trouvée dans l'ancien manuscrit d^Hermann » déposé aux archives de

Reichenau. Nouvelles attestations contenues dans les annales deUabbaye; liber eremi; liber vitœ;' liber donatio^ num... etc. On y lisait la buUe en entier; mais tout cela s'est perdu dans l'incendie de 1577.

Les religieux soumis à l'enquête par devant le saint Siège avaient déjà fait une perte cruelle, celle de la bulle de Léon YIII, qui périt dans un des premiers in^ cendies. Les bulles de confirmation ayant été portées à Rome par les députés de l'état souverain de Zurich , forent annexées aux registres publics, et ne revinrent jamais à Eiusidien. En Ï432 Eugène FV donna sa bulle de confirmation : mais Olhon, évêque de Constance, ayant chicané le couvent sur certaines indulgences annexées à la ratification d'Eugène , ce pape voulut bien la renouveler le 24 juin 1433.

En 14Sl,le pape Nicolas V, pressé par Tarchiduc Albert d'Autriche, se fit donner une copie du fameux vidimuh et sur sa lecture n'hésita point à donner à Einsidlen sa bulle confirmative de celle de Léon VIIL Gérold de Saxe, abbé d'EinsidIen, obtint la même ratification de Pie II, le 1«' février 1463. L'année suivante, Gérold alla iui-méme à Rome, où il obtint du même pape une seconde bulle à laquelle étaient attachés de nouveaux privilèges en faveur de la célèbre chapelle d'EinsidIen. Mêmes bulles confirmatives octroyées à l'abbaye par les papes Jules II en 1512, Léon X en 1518, Pie IV en 1562 : ce dernier pape donna la sienne motu propriOj en y relatant celles de ses prédécesseurs. Ainsi des papes Grégoire XIII, Clément VII et Urbain VIIL Le 1 5 mai 1 793, Pie VI ratifia les actes de ses nobles prédécesseurs, à l'honneur de l'abbaye, et en dépit des sceptiques, espèce de gens toujours prêts à douter de ce qui ne leur convient pas, et pleins de croyances absurdes en tout ce qui les flatte.

Page 1