‹ Chronique d'Einsidlen (Notre-Dame-des ermites) d'aprés d'AchéryChapitre 11 sur 131 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Fin de la Biographie de saint £berhard«

L^ENCHÂiNEMENT et Tintérét des faits qui se rattachent à la dédicace de la chapelle n'a pas permis d'en intervertir l'ordre, pour placer à son époque la fin du règne d'Eberhardy qui arriva beaucoup plus tôt que celle de l'affaire de la dédicace et de la bulle.

Cet homme, dont le passage sur la terre était accompa* gné de circonstances si éclatantes, devait avoir de grands mérites. C'était déjà l'opinion du grand évéque d'Auge Lourg : il rendait de fréquentes visites à Eberhard, et c'est lors de sa dernière visite que l'abbé prédit lui-même sa mort : ce sera , dit^il , avant que je ne puisse revoir votre grandeur. Et la mort tint la parole de l'abbé.

L'amitié de l'évéque d'Augsbourg demeura fidèle aux disciples d'Eberhard : entr 'autres témoignages , il leur envoya une relique précieuse , le bras de saint Maurice le martyr y patron du monastère.

La grande vertu d'Eberhard , c'était Tamour de Dieu et de l'humanité ; or , on peut dire que c'est au plus ou moins de charité des gens qu'on reconnaît s'ils sont vrai" ment vertueux. Eberhard en avait donné des preuves spéciales dans un moment où la famine venait d'envahir l'Allemagne : il fit alors distribuer au peuple une immense quantité de grains mis en réserve depuis longues années.

Au moment de mourir il voulut voir rassemblée autour de lui la brillante famille de ses religieux a qui il laissait pour héritage son génie et ses vertus.

— sali rendit l^âme en véritable saint. Tan 958 , après avoir vécn vingt-dnc} années dans la solitude d'Einsidlen; on l'ensevelit dans la sainte Chapelle, à côté de saint Bennon. Sa mémoire est entourée de beaucoup de vénération : les Bollandistes et Bucelin mettent sa fête au 22 août, mais le martyrologe monastique de Wion et ceux deDorgan et de Ménard la placent au 11 de mars. Tri thème rapporte dans la chronique d'Hirsau , sur Tannée 955 , que l'immortalité glorieuse d'Ëberhard se révéla par quantité de miracles.

Les plus célèbres disciples de saint Eberhard furent Adelric, Thietland et Grégoire, qui tous les trois arri*' vérent par la suite à la dignité d'abbé.

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