‹ Chronique d'Einsidlen (Notre-Dame-des ermites) d'aprés d'AchéryChapitre 12 sur 131 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

(Même époque.) Saint Àdelrici

On ne connaît guère de lui qu'une chose , mais c'est \à meilleure de toutes, sa sainteté. Fils de Bourcard I*'; duc de Souabe, et de la princesse Rëgulinde, Adelric abandonna tous les avantages de sa position pour se retirer dans la solitude. II alla donc se confiner dans une petite île du lac de Zurich à Ufnaw , où il vécut dans la contemplation de Dieu et Tabnégation de soi-même , ces deux grands pivots de la philosophie religieuse. Sa candeur parut être agréable à Dieu qui lui donna des marques merveilleuses de sa protection dans une circonstance particulière. Le lac était depuis plusieurs jours agité par un vent impétueux qui ne permettait pas à Adelric de quitter son lie et d'aller faire provision de vivres ; il allait vraiment périr d'inanition , quand un ange lui apparut et lui donna du pain et du vin.

Adelric était trop voisin d'Eînsidlen pour ne pas asso^ cier le bonheur de sa vie contemplative à celle des disciples de saint Meinrad. Son noviciat monastique se trouvant ainsi tout accompli, il n'eut qu'à se présenter au monastère de laForét-Sombre, et prononcer ses vœux entre les mains de saint Eberhard. Ce fiit bientôt un des moines les plus parfaits. On lui confia la charge de trésorier (custos thesauri) de l'église des ermites : c'est en mémoire de cette charge que les peintres et les statuaires le représentent toujours tenant un trousseau de clefs. Il l'occupa jusqu'à l'époque

Ae la mort de la princesse sa mère. Il obtint alor» de Grégoire, son abbé , la permission de retourner aux lieux où reposaient les cendres de sa mère, à l'Ile d'Ufiiaw; il y

' passa Vingt ans dans Texercice de toutes les verlus et dans un immuable recueillement : enfin en 99Ï il mourut

' le jour de la fête de saint< Michel , comme il en avait eu la révélation.

On dit que saint Adelric avait opéré beaucoup de miracles pendant sa vie , mais ils se multiplièrent tellement après sa mort, qu'au douzième siècle, le cardinal Théodèwin , légat d'Innocent II en Allemagne , ordonna une en-* quête sur ces faits éclatants , et cette enquête amena la canonisation d' Adelric en 11 lï : sa fête se célébra la même année, et l'abbé Wernher, peu de temps après^ plaça un autel sous la protection de saint Adelric. Cet autel a été renouvelé et consacré en 1572 par Jehan, suffragant de Tévéque de Constance. C'est sur le même autel que fut placé, par ordre du cardinal Théodewin, le chef sacré du corps d' Adelric , qui reposait dans un souterrain de l'ile. Vers 1663, toutes ses reliques furent transportées dans la sainte chapelle des ermites. On a pourtant conservé son cénotaphe dans l'église Saint-Pierre d'Ufiiaw; il est placé devant l'autel. On voit sur les murs latéraux son portrait en pied, ainsi que celui de sa mère, peints à fresque : Adelric est en habit de chœur, et le costume de Rcgulinde rappelle à la fois son rang élevé et sa vocation religieuse. Il y aurait encore sur la vie de saint Adelric quelques détails , mais de peu d'importance. Voyez Murer (Helvetia sancta) , Bucelin (Ménolog. Bénédict.), les Bollandistes (29 septembre) , Mabillon (t. III Annal. Bénédict.)» enfin d'Achery (t. VII. Act. ss. ord. s. Bénéd.).

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