‹ Chronique d'Einsidlen (Notre-Dame-des ermites) d'aprés d'AchéryChapitre 116 sur 131 · TROISIEME AUTEL DE DROITE · texte numérisé non relu

TROISIEME AUTEL DE DROITE

Le tableau qui indique sa destination représente la mort de saint Benoit au moment qu'il recevait la communion : cet acte mystérieux^ qui unit le ciel açec la terre, devait s'opérer pour Benoit de la façon la plus intime « ce n'est plus lui qui reçoit son Diçu , c'est ce Dieu qui l'absorbe dans son éternité. L'autel renferme le corps de saint Grégoire, martyr romain, comme l'indiqueraient au besoin son épée et la lettre R peinte encore au bas de la châsse.

De chaque côté de l'autel, entre les colonnes qui surmontent , les statues des saints Grégoire et Zacharie tous deux papes. Le premier avait approuvé la règle de saint Benoit ; le second y donna la sanction que tient écrite un jeune ange au pied de la statue. La figure assise au-dessus des colonnes de droite représente le vœu de chasteté : cette vertu personnifiée dans l'image d'une femme pleine de grâce, châtie avec une verge d'épines l'amour profane qu'on reconnaît à ses pieds tel que l'a dépeint la mythologie. L'espèce d'arc d'or que tient l'autre figure est un jong : la femme qui s'y appuie représente Tobéis^

sance , autre vœu des bénédictins : et comme ils en font

quatre , un ëcriteau porté par un chérubin annonce le troisième vœu , de stabilité , par lequel les religieux s'engagent à ne pas changer de couvent. Sur Técriteau à droite, le vœu de pauvreté est formulé par cette phrase de la règle : Nihil sibi reserçans ex ontnibus; c'est-à-dire que tout est mis en commun , et qu'on n'a droit à aucune propriété individuelle. Enfin au sommet la figure armée d'un flambeau , c'est la règle personnifiée , qui ouvre les premières pages : Ausculta- ..etc. Ecoutez, mon fils, les préceptes du maître... — Inutile de nommer Garloni, l'auteur de toutes ces gracieuses figures, sans en excepter le petit ange assis au sommet gauche de la bordure du tableau.

La peinture principale de là vôùte de cette chapelle résume tout ce qu'on a vu plus bas en détail. Saint Benoît monte aux cîeux escorté par les anges; l'un d'eux à sa droite porte le calice de la communion , l'autre à sa gauche le livre de la règle, un troisième la crosse, symbole de son pouvoir abbatial , un dernier les verges de la pénitence..., ou les épines du chemin de la vertu, car il tient aussi des roses dans sa main gauche ; et la vertu n'a pas rien que des épines : autre et plus sûre interprétation : ces épines et ces roses racontent que saint Benoit, ayant voulu punir son corps de ses révoltes dans la solitude, se roula sur des épines qui bientôt après ont porté fleur. On dit la même chose de saint François d'Assises , et cela peut être vrai d'un plus grand nombre encore.

L'autel de saint Benoît et celui qui est en face ont en outre d'une fresque principale la faveur d'un petit médaillon , espèce d'aqua-tinta dont le sujet, analogue à l'ensemble de l'autel, est puisé dans la Bible. Ici Dieu dit à Abraham : «Je te ferai chef d'une grande nation. Faciam

te in niagnam gehtem : » allusion à la propagation des bé«« nédictins, Dieu ajoute : « Eris henedictw : Tu seras béni. » ^ — Pour bien comprendre l'application de ce mot, il faut savoir que le nom de Benoit se rend aussi en latin par Benêdictus. La citaticm se trouve ainsi appliquée de deux iisiçons à saint Benoit ; c'est un pieux dalembourg, comtnd on en fil beaucoup autrefois ; et celui-ci est un des plus justes.

En face , le grand autel de saint Meinrad , comme le signifie le tableau du fond : cet autel renferme les reliques de saint Vital, martyr romaine

Deux belles statues en stuc , plus grandes que nature » par Carloni, l'une de saint Eberhard, premier abbé d'Einsidlen ; sous lui s'opéra la dédicace mystérieuse. L'autre statue est celle de saint Yolfgang, doyen d'Einsidlen sous l'abbé Grégoire j au dixième siècle, puis évéque de Ra* tisbonne et précepteur de l'empereur saint Henri : on lui doit la civilisation de la Bavière dont il fut le premier apôtre.

Au sommet, trois figures symboliques de la religion, l'une tient le feu sacré ; aux mains de la seconde figure; celle de la foi, on reconnaît le signe triangulaire de la Divinité : les trois angles réunis expriment trois êtres distincts quoiqueunis par une même essence. Au centre du triangle brille un œil qui a pour orbite l'infini : le signe de l'infini adopté déjà par les artistes du moyen-âge est un cerclé formé par un serpent dont les deux extrémités sont jointes; Les trois figures sont de Carloni toujours, et si elles ne valent pas celles du bas , c'est qu'elles sont des-' tinées à un effet moindre.

La fresque est la répétition du tableau de l'autel , mai^

elle révèle plus d'imagination dans le peintre» qui préludé

ainsi aux fresques de la grande nef;

On n'y â pas oublié les deux corbeaux vengeurs. Ils appuient leurs serres sur les massues qui ont frappé saint Meinrad, tandis que le saint lui-même va porter aux cieux la palme de son martyre.

On lit au bas du médaillon violet, fac tibi arcam, et fcB^ diM ponam teciim : rapprochement entre la cellule de Meinrad, destinée à servir de théâtre aux faveurs célestes, et larche de Noé qui fut le principe d'une alliance avec Dieu.

Trois chefs-d^œu\Te de Garloni dans la chapelle con* ligue, celle de saint Maurice, et autant dans sa parallèle, dédiée à saint Sigismond. Saint Maurice, immortel soldat de cette légion Thébaine qui, après avoir mis la victoire du côté des Romains à force de prières et de bravoure, fut massacrée par ses compagnons d'armes pour n avoir pas voulu sacrifier aux dieux.

L'église d'Einsidlen avait saint Maurice pour patron dès le temps d'Eberhard. Elle avait de son corps le bras droit et quelques ossements , puis douze tètes de ses guerriers immortels comme lui. Ces restes si précieux, ne fut-ce que comme monuments historiques» accompagnes de tous les signes possibles d'authenticité , ont été dépouillés de ces signes et de leurs ornements par d'obscurs pillards qui ont mis ensuite, comme tant d'autres, l'histoire de leur vol sur le compte de l'armée française. Une calomnie de plus ou de moins

Nota. — Une chronique n'étant pas une description aride des pierres d'un temple, mais une leçon de vérité avant tout, il serait mal de passer sous silence la singulière objection qu'on s'est avisé de faire à l'authenticité de l'histoire même du martyre delà légion Thébaine. Jusqu'à M. Stolberg , qui , dit-on , s'est laissé prendre à cette objection « que l'histoire de ce martyre n'a été écrite

qu'environ un siècle après révénement. » Mais îa moitié des faits religieux , biographiques surtout , ne nous sont connus que par la tradition. Qui nous dit querécrivain de la Genèse et des autres Livres saints n'ait pas fait son travail quelques semaines de siècles après les événemens? Croyez-vous par exemple que les prophètes eussent des sténographes....? Il y a des faits et des mots quitraversent des mondes. Les meilleurs écrivains de la révolution française n'en ont pas été les témoins ; les meilleurs biographes de Louis XIV n'ont pas respiré l'air de sa cour , et ceux de Buonaparte sont encore à naître*

Je suppose maintenant que le fait de la légion Thébaine ait eu des écrivains de son temps, puis encore parmi. ses contemporains des contradicteurs; à qui s'en rapportera-t-on ? à la tradition des fidèles n'est-ce pas ? L'histoire de saint Maurice n'a pas d'autres fondements.

Ce n'est pas à dire que la tradition des fidèles, et même celle d'une assemblée ecclésiastique , soit infaillible sur le fait dont nous parlons, et sur toute espèce de points autres que des points de dogme : certains articles d'histoire , ressemblent à certains autres de discipline : un concile peut y statuer d'une façon qui plus tard sera modifiée ou même abolie par un autre concile : tout ce qui ne concerne pas le dogme est essentiellement variable. Mais il ne faut pas, sur l'autorité d'une négation qui est en retard de plusieurs siècles, rejeter tout d'un coup une croyance aussi ancienne. Il n'en est pas de la vérité comme des modes; la vérité gagne à vieillir.

La statue de saint Michel foulant aux pieds le mauvais ange , est d xine élégance qui fait pardonner ce qu'il peut y avoir de recherché dans ses détails. Celle de saint Creorges » son pendant, est d'un bien grand calme pour un chevalier ; pourfendeur de dragon ailé ; c'est du moins le costume et les emblèmes de ce titre, qu'on donne à saint Georges. L'histoire de l'armure et du monstre ne serait -elle qu'une fable....? Selon cette histoire ou cette fable » le saint , à l'exemple du demidieu Thésée, aurait délivré une jeune fille exposée sur les bords de la mer pour y servir de proie à je ne sais quel crocodile. Le fait a été raconté dans quelques légendes syriaques du XII"^*' siècle, et revêtu des ornements ordinaires dont les moines de Saint Basile entouraient leurs rouleaux de parchemin oriental [volumina); puis l'imagination publique et la chevalerie en ont fait la base de quelques croyances et de quelques ordres militaires. Mais les plus anciens manuscrits grecs et latins n'en disent pas un mot, Ce qu'il y a de plus sur, c'est que saint Georges, né en Capadoce à la fin du Z^ siècle fut martyrisé au commencement du %**> lorsqu'il faisait partie d'un corps militaire d'élite appelé les Inçincibles. ( Avexnrwç. ) Les peintres et les sculpteurs ont sans doute voulu faire allusion à sa bravoure extraordinaire : mais les ascétiques et les chroniqueurs, toujours difficiles en fisdt de vérités, n'ont jamais vu dans l'histoire du dragon que la personnification du génie infernal , vaincu d'abord par la foi à qui l'on donne pour emblème une cuirasse, et par la force, autre don de l'Esprit saint, qu'exprime ordinairement la lance. On a souvent représenté de même, foulant fiux pieds le dragon, saint Théodore, autre soldat marty-^ risé , sainte Marguerite qui avait triomphé des maléfices » çtcette belle et pureDymphna, dont les bollandistes racon-

teni rindignation contre les propositions infâmes de son père. . . . Enfin c'était un symbole si populaire et si facile à interpréter 9 que pour montrer à ses courtisans son plus beau litre de noblesse, celui d'avoir fait cesser dans Tem^ pire Romain le culte des passions , l'idolàlrie, l'empereur Constantin se fit peindre avec un dragon à ses pieds , et plaça ce portrait au-dessus de la porte de son cabinet.

L'autel de saint Sigismond est aussi remarquable : à droite sainte Adélaïde, épouse d'Othon-le-Grand, qu'on voit peint à la voûte ; elle est elle-même assez médio^ crement représentée à la voûte parallèle. Enfin à gauche la charmante image de sainte Ursule : le sculpteur Car^ loni, en mettant deux flèches aux mains de la jeune fille, et une couronne sur sa tête, n'a pas seulement visé cette fois à donner au spectateur l'emblème du martyre , mais, bien les pièces de conviction.. Les détails de ce martyre sont omis dans le bréviaire à l'article de sainte Ursule ; on y parle simplement de sa mort courageuse , en com-* pagnie d'autres jeunes filles de la Grande-Bretagne , fiancées à divers officiers de FlaviusrClément-Maxime , qui venait de se faire proclamer empereur par ces mêmes officiers. Ursule, fille d'un petit roi de l'Irlande, devait épouser Gonnanus, général breton au service de Maxime, Elles partirent toutes ensemble de Londres pour l'Armorique, aujourd'hui Bretagne française; mais le. vaisseau qui les portait, battu par la tempête, vint échouer sur les côtes de la Germanie , pays barbare où tout l'équipage ne trouva d'autre hospitalité que celle de la guerre : il fut la. proie d'une de ces hordes destinées plus tard à la ruine de l'empire Romain. Le chef des Iluns choisit Ursule pour sa part. Mais la courageuse enfant se retourne vers ses compagnes, et comme l'aurait fait le meilleur général en tête des meilleures troupes, les harangue pour qu'elles meurent

plutôi que de céder. Toutes en font le serment. Le chef des Huns, témoin de leur révolte, les livre au bon plaisir de ses soldats, qui ne pouvant inspirer qu'horreur et dégoût, se vengentà coups de sabre, et font une boucherie de toutes ces jeunes femmes. Ursule, restée seule prisonnière , avait d'abord répondu à son maitre avec un assez grand calme : Je ne m'appartiens pas ; et après l'homme qui a reçu mes serments , Dieu seul a droit d'être mon époux. Mais quand elle vit le meurtre de ses compagnes, oh ! la plus noble des colères lui fit dire à son tyran mille vérités terribles ; c'était la seule façon d'en obtenir à son tour ce qu'elle voulait, le martyre.

On la fit mettre à genoux à quelques pas, puis un archer tira sur elle. La première flèche lui perça le bras, el la seconde le cœur.

Avant d'arriver au sanctuaire et de chaque côté de sa grille, encore deux petites chapelles dont le fond est un tableau sculpté par Babel , représentant deux scènes de la passion. On attribue au même sculpteur deux ou trois médaillons du Christ dans diverses positions indiquées au grand drame que termina sa mort. L'un de ces médaillons est placé dans le cloître sur le mur qui fait face k la porte de la nef; un autre au mur du deuxième escalier à droite , et venant du même lieu. — S'il y a quelque petit défaut de proportion dans ces médaillons , il est bien racheté par la grâce et le laisser -aller du travail.

Au-dessus de ces deux petits autels , il ne reste que la charpente de deux orgues dévalisés pendant la révolution.

La voûte de droite représente les patrons et protecteurs du monastère ; l'empereur saint Henri à côté duquel saint Volfgang son précepteur, ancien moine ^'Einsidlen , déploie sa pourpre épiscopale. A gauche

saint Gérold» qui s^est dépouillé de son manteau de prince pour se faire ermite ; Gounon et Ulric , ses deux fils 9 pour dernière consolation donnée à leur vieux père , sont venus près de lui revêtir la bure des bénédictins. Plus bas sainte Scolastique, sœur de saint Benoit, tenant dans ses mains Temblème sous lequel son âme s'envola dans les cieux, une colombe. — La fresque de gauche rassemble dans un égal médaillon d'autres portraits de nos protecteurs : saint Maurice déploie Tétendîard qu'il a béni de son propre sang; à ses pieds saint Placide présente à Dieu son plus beau trophée, sa tète tombée sous le fer des idolâtres. A gauche saint Sigisbert , abbé de Disentis , postulé d^Einsidlen ; saint Réguliendé abjurant l'éclat princier et donnant la main à son fils saint Adelric ; la comme au-dessus de la sainte chapelle il porte une clef, insigne de sa charge de trésorier...

On ne franchit pas la grille du sanctuaire autrement que celle de l'éternité ; la mort nous salue à l'entrée ; regardez plutôt ces deux mausolées à droite et à gauche : Tabbé-prince Nicolas II les fit ériger vers le milieu du dix-huitième siècle (1742 ) , le premier à la mémoire des abbés , l'autre à celle des capitulairçs ; ces deux petits monuments, véritables miniatures sculptées, sont comme un ^dieu que fait au spectateur le sculpteur Carloni , si fort dans l'étude de la nature habillée , l'une des conditions fondamentales de l'art chrétien. Au pied du mausolée de droite on peut remarquer une pierre qui se lève par un anneau ; c'est la porte d'entrée du caveau des reli^ gfeux : il est vaste et profond.

Le chœur est d'un autre style que le corps de Véglise t il date d'une époque antérieure , ayant seul survécu à l'incendie de 1577.

Il semble partagé en deux par chacun des piliers qui le soutiennent intérieurement; contre celui de gauche se dresse le siège abbatial , surmonté d'un petit bas-relief représentant la punition de Goré et Dathan. Le grand prêtre Aaron bénit l'encens à la voix de Moyse placé près cjie lui , et la terre engloutit les prêtres rebelles* En face , c'est Abraham qui dépose aux pieds du pontife Melchisédech les dépouilles de Chodorlahomor. Le bas-relief surmonte les sièges ordinaires des officiants.

Le style de Tautel est un peu chargé , tout exprès pour faire ressortir la simplicité du morceau principal ; c'est un ba$-relief en bronze d'un seul jet par Pozzi de Milan : il représente la dernière cène. Chaque figure d'une dimension pourtant assez restreinte a son caractère , son expression, sa pose individuels. Décidément ces Français tant accusés avaient bon goût ; car non-seu-^ lement ils n'y ont pas touché , mais ils l'ont admiré très*? fort.

Derrière l'autel, sur les murs latéraux, deux basreliefs en stuc ; l'adoration des Mages et la présentation de l'enfant Jésus au temple : ces deux scènes et les deux plus petites qui escortent la porte de la sacristie , la présentation de la sainte Vierge et sa visite à sainte Elisabethi ne manquent pas d'un certain mérite.

Au-dessus de la porte de la sacristie, sur la balustrade, quatre figures symboliques ; la douceur, à qui Dieu promit les biens de la terre. {Beati mites, etc..) La jus? tice ; la force qui tient la .lance et foule le dragon que nous avons déjà expliqué. La quatrième porte à peu près }es mêmes symboles que la première , mais de plus une

flamme au front. Quoique toutes ces figures n'aient pas un mérite égal à une statue de Carloni» les trois dernières yalent mieux que la première : celle-ci est d'un artiste moderne, les trois autres de Babel. L'école grecque a entre autres inconvénients celui de ne pas souffrir la médiocrité, et de manquer de physionomie.

Préférez-vous l'explication suivante ? la première figure lest celle de Tinnocençe primitive, à qui bientôt il fallut des lois : elles sont personnifiées par la statue de la justice; mais la loi a besoin de la force, troisième statue; la quatrième vient remplacer le règne de la force par celui de la religion; la terre reprend sa richesse native, et les ténèbres fuient devant la flamme de la révélation : l'Histoire universelle en quatre figures.

£n général^ il est Ëicile de remarquer une différence sensible des ornements, et tout le style du chœur d'avec celui du reste de l'église; mais cette différence est un point historique : le chœur faisait partie de l'ancienne église devenue la proie des flammes en 1577. Le chœur seul a été sauvé avec la Sainte-Chapelle et la pénitencerie.

Le tableau de ^Assomption est de Kraus. Entre les doubles colonnes de marbre noir qui l'escortent, on aperçoit le chœur des religieux , et l'orgue qui sert à accompagner leurs plus beaux concerts, les offices à quatre voix. — Plus tard nous monterons exprès à ce petit sanctuaire qui a aussi sa part d'objets admirabtes.

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