‹ Chronique d'Einsidlen (Notre-Dame-des ermites) d'aprés d'AchéryChapitre 122 sur 131 · CHAPITRE CXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE CXII

-Xa grande SaUe.. La biblîotlièque^ lé cabinet de |)hysî<)ue et le cbœuf

des religieux.

; Il est rare qu'on ne montre pas aux étrangers qui Msitent le monastère un immense salon qui précède les

, ^parlements princiers. On y tiendrait aisément quelque synode Bénédictin, et les qujatre murailleâ sonores seraient

.: assez favorables à un grand concert spirituel ; du reste lîen de remarquable dans, le Grossen-Sall , excepté son

- étendue qui semble augmentée par le défaut de meubles :

; ce défaut pourtant n'est pas absolu, quelques pliants adossés aux murailles, des glaces en manière de portes vitrées; puis au centre une de ces larges tables carrées, recouvertes d'un taj[HS zébré, à la façon dés Italiens , et dont la largeur s'efface complètement au milieu de ce beau désert parqueté : enfin, et ce ii'estpas le moins intéressant, un piano de Vienne , placé a l'un des angles de rappartement : ceci est une galanterie des moines d'Einsidlen pour les élégantes visiteuses qu'on dépose dans cette salle pendant que leurs cavaliers parcourent seuls les parties, curieuses de la clôture , par exemple la bibliothèque.

La Bibliothèque est une assez belle enceinte voûtée dont la ligne centrale est occupée par des colonnes de stuc. Le nombre des yolumes,beaucoup plus grand avant les diversjBS occupations étrangères, ne s'élève guère qu'à i26,O0O, y compris ceux des bibliothèques particulières

^de lamaison. Des manuscrits, il en reste environ 450,

des huitième et neuvième siècles; le plus grand nombre

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des X® cl XI** ; il s'y trouve pourtant quelques fragments incomplets du VP : ce sont des extraits des SS. Pères , et des légendes : une partie de Cicéron, Tite-Live, Juvénal^ et Salluste, manuscrits fort recommandables : deux thèses en lalin de Frowin» qu'on eût bien fait de laisser publier il y a plus d'un siècle par Mabillon» quand il en fit la proposition lors de son voyage à Einsidlen : Frowini expositio in orationem.,, et de libero arbitrio; plus un missel en allemand primitif du XIV* siècle. Dans le même idiome une traduction du Cantique des cantiques par Williram , qui florissait au XIP : descriptio regionum urbis {Romœ); du X* même époque, Helperic, de computo ecclesiasttco. On a déjà tiré de ces manuscrits tout ce qui pouvait servir les intérêts de la science. Le plus antique de tous ceux qui sont complets, date du YIIP; c'est une traduction de l'histoire ecclésiastique d'Eusèbe. Un manuscrit autographe, d'une antiquité beaucoup moindre, et cependant d'un fort grand intérêt pour la France catholique , est celui intitulé GalUa Mariana, où l'auteur Bucelin, sous le pseudonyme de Richemont, prouve que la Vierge Marie est vraiment la patronne des Français, parce que, dit-il, elle les a toujours entourés d'une protection spéciale. L'auteur ne parle sans doute que d'après l'histoire; et sans avoir lu sa Thèse, nous ne croyons pas qu'il ait eu beaucoup de peine à la développer de façon à ruiner d'avance toutes les objections.

Au milieu du cabinet de physique et d'histoire naturelle, se dresse sur un piédestal le buste de Paracelse par Kuriger, son compatriote , d'après une gravure du XVP Èiècle.(Voir labiographiede Paracelse à l'art. d'Einsîdlen.) Il est impossible de mieux ramener à la forme plastique et dans les dimensions de la nature , une gravure fort petite et assez impai4aite. Quant aux instruments et objets

de curiosité « le cabinet n'a encore que de fort beaux commencements : c'est tout ce que Ton peut dire jusqu'à ce que le temps et les hommes aient permis à l'abbé actuel de réaliser ses projets et de compléter ses collections de minéralogie, de tableaux de moyen âge, d'estampes , de vitraux, d'imitations anatomiques, etc.» etc. Allons au chœur des religieux prier pour les progrès de la science par la contemplation, ces deux attributs des monastères bénédictins.

Ce gracieux oratoire a pour lui seul une double peinture de stalles en bois sculpté et surmontées de vingthuit jolies statuettes de bois ; un autel décoré d'un tableau de Krans , Jésus expirant : près de l'autel , où Dieu descend y une place pour les anges , c'est l'orgue qui de là répand ses sons veloutés dans les régions aériennes de l'église : on la voit tout entière à travers une colonnade de marbre noir qui sépare son chœur de celui des relimeux. Souvent, aux fêles solennelles, par exemple, I orgue des moines forme un dialogue avec celui qu'on distingue dans une des tribunes grillées de la grande église. Les basses pédales de ces deux orgues sont d'une profondeur remarquable. Sur un pupitre au milieu de l'oratoire sont deux énormes Rituels manuscrits sur parchemin ; c'est un travail sinon élégant comme au moyen âge, du moins net comme les stéréoiypies du 19® siècle : leur auteur est un capitulaire du temps de l'abbé Nicolas.

En se plaçant au milieu du chœur , on trouve un écho perpendiculaire dans le genre de celui de la Halle-au-blé de Paris. Le moindre bruit qui s'élance à la voûte produit l'effet d'une balle élastique , il retombe et remonte sans fin. Cet écho n'est-il qu'un jeu d'enfant , ou quelque innocent symbole. Dans un lieu où tout porte à la

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vil» =■-•

ftrîèrô , il ÊiUait l>i^ <m(m fût sur. de irQuy^y im ecKà ddm.Jeê. cieicar; iç'é^i;. t^*^ calem)b6urft .d'atê : aussi Iq tiéintre décorateur 4-lTil;WS en <î€t s^ndrpit; de la.voùiÉè «n ehcBur de sétaphws j{u| s§mï>le ,ré^ à l'un dès versets psalmodiés parles moines^ r In fionspectu arigelçh^ rûm psaltàm tibi; .> i ^ ? - .

Les fresques de la voûte et des murailles ne spnt pa3 Srréproehables ; inaîs il y r^ne d'abord ce sentiment d'^élégance qu'on retr6,uve dans toutes les créations des deux derniers siècles, et puis on voit que le peintre s'est viveïrient inspiré par la méditation de son sujet, la prière ; c'est te même partout, et cependant avei& une certaine variété*>de personnages ; au côté droit de la voûte/ îe patron de Vord|*e, saint Benoît en oraison; à gauche saint Meinrad , pfitron de l'abbaye, priant aussi. .

Sur les trois pans de la muraille : .

Les sept stations douloureuses de Jésus-Christ , ^yrubole des sept heures de prière canonique ; chacune est accompagnée d'un texte du bréviaire,

1® Le Christ au jardin des Olives, In mdtutinfs meditjor bar\ Ps. 60. Dès Vauhe je méditais. Ce verset est appUqpé " là comme un soufflet aux ennemis de l'esprit contemplatif; ils ignorent sans doute que la contemplation fût le prélude de l'acte le plus utile à l'humanité, la rédemption.

2^ Jésus devant Gaïphe iViçit Dominiis in cujus çon" spectu sto hodie : IIL Reg. il, l. C'est-à-dire à peu grès : Le premier juge des serments et témoignages ^ur mains s c'est Dtei«.^yoil|, j'espère, qui tranche la question du serment politique. , , . .. ,

5® La flagellation : Quœ utilitas in sanguine meôîPs:^. Que voulez-vous donc faire de mon sang, dit Jésus, condamnant par ces mots les inutiles cruautés de certains systèmes de justice. ...

ft® Le cmcifiement : Expandi manus meas ad le. Ps.

ift2. J*ai tendu vers toi mes bras ouçerts. Le Christ parie

ici au genre humain, ghi^ çjicore qu'à Dieu : c'est dans

la démonstration d'un dernier acte d'amour pour les

sbouftines^-qu'il .est^iar^eu^ %s sassiné juridiquement.

5** Le tableau de l'autel, Jésus expirànt,T6vïnê râY^'Station : Dignus esj a^nus qui occisus est, accipere honorem et gloriam, Apoc. Xe èahg.dé l'agneau ^t coule sur l'autel mérite bien nos solennels hommages.

6^ Descente dé crôîi : Siurificium vespertinum. Ps. HO. C'est le signe de la prière du soir; de ces vêpres dans lesquelles le prêtre et le moine font un dernier aft^le de pénitence pour le genre humain, en leur qualité à^kpmmes dé sàtripte. "^

7® Jésus mis dans le sépulci^e. Completum holocaus^tim, ill. Rég. Le sacrifice est complet» Là journée du moine est complété. Il peut entrer di&n& M c6iich^.«« :maiâ oçiMfpie dans un tombeau.

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