‹ Chronique d'Einsidlen (Notre-Dame-des ermites) d'aprés d'AchéryChapitre 16 sur 131 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

(tSème BiiDie.) Saint Wol%aDg.

QcoiQTTB cet homme remarquable n'ait pas été abbé d'Einsidlen , i'ahbaye réclame sa mémoire comme mie de ses richesses. Il clait fils du comte de Pfulingen , et de la comtesse de Veringen. Sa noble mère le portait encore dans son sein, lorsqu'une nuit, au milieu de son sommeil etd'un rêve qu'elle prit pour un heureux présage, elle se vit radieuse et portant sur son coeur une étoile. G'étaitsana doute l'astre qui devait présider à toutes les phases de la vie de son fils. La plupart des jeunes nobles de l'époque étant d'une ignorance exemplaire, et la science comme la raison résidant à peu près tout entière dans la société ecclésiastique , Wolfgang voulut être de ceux qui guidaient le mouvement intellectuel. 11 laissa donc parents et amis s'endormir dans le statuquo de la vanité et de l'ignorance , et s'enferma à Reichenau, où il fit de brillantes études. L'exemple de l'abbé Grégoire acheva de déconsidérer aux yeux de Wolfgang tout autre vie que la *ie studieuse d'un moine; il prit l'habit à Einsidien. Il devint bientôt doyen de l'abbaye; mais quelque distingué qu'il se montrât dans ses fonctions , il se sentit plus d'ardeur qu'il n'en fallait dans la solitude ; aussi se fit-il donner une mission en Bohème et en Hongrie dont il voulait aller, fm péril de sa vie , catéchiser les habitants encore barjîares.

En peu de temps il en convertit jusqu'à cinq mille, D&i

là il passa en Bavière» où il fut reçu par Piligrin, ëvéque de'Passaw, avec la vénération que méritait un véritable apôtre. Plus tard , en 972 , il fut fait évéque de Ratisbonne, et malgré ses refîis» il fallut bien qu'il acceptât, parce que de pareils choix sont rares. Mais il garda toujours rhabit et la régie monastique, sans imposer pour cela aucune rigueur à son clergé. Au bout de vingt-deux ans d'épiscopat, sentant ses forces décliner, et plein de l'idée de sa mort prochaine, il se fit conduire à Pupingen dans la chapelle de saint Othmar, où il mourut quelques minutes après; c'était en 994. Le pape Urbain YIII, ayant Élit dresser un compte exact des faveurs obtenues par sa médiation, a placé sa mémoire parmi celle des saints, et Va honoré d'un ofiSce particulier dans le bréviaire romain,

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