CHAPITRE LIIL
(i356-iS65.)
Nicolas, premier di| Aoni, \ingt-clnqoième abbé et vingt-trolaiiiiie prince.
Quelques auteur» placent Marquard ou Markard avant Nicolas; naais le recueil de Bourcard et plusieurs chartes contemporaines que nous avons sous les yeux , établissent le règne de Nicolas avant celui de Marquard.
Nicolas, baron de 6uttemberg> élu en 1356 pour remr plir la charge qu'Henri abandonnait la même année, ne survécut que neuf ans à son élection. Ce fut un régne secondaire en ce que Tévéque Henri n'abandonna jamais le soin de l'abbaye ». et qu'à Henri seul elle est redevable de diverses incorporations d'églises et de chapelles fiâtes à sa mense sous le régne de Nicolas^ Les titres de ces incorporations sont à peu près les seuls témoignages historiques de cette époque.. Il y a. encore la lettre de Rodolphe , duc d'Autriche , datée de 1363 , dans laquelle l'hôtel d'Ein^idlen» à Rapperswill j, était exempté, avec ses maîtres et domestiques , de toutes tailles , péages et droit d'entrée audit RapperswUl » qui alors appartenait à l'Autriche.
Ce Rodolphe, comte du lieu> était fils du célèbre duc Albert, et frère de Frédéric, d'Albert et de Léopold. C'est lui qui fit bâtir sur le lac le pont de bois de chêne , long de 4,732 pieds, porté sur 188 arches. Il voulait ainsi &ciliter les rapports de Rapperswill avec les pays voisins et les pèlerinages de ces contrées à Einsidlen..
Du reste le silence de l'histoire sur le gouvernement de
Nicolas, loin d'affaiblir son mérite, range naturellement ce prince dans la catégorie de ces perfections secrètes, dont l'Ecriture nous offre d'admirables modèles. L'Evangile ne dit presque rien de la sainte Vierge : rien non plus de sa mère qui lui avait donné une si belle éducation qu'elle fixa les regards d'un Dieu : rien de saint Joseph , cette fleur de virginité que le ciel jugea digne d'être adjointe à celle de Marie.
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CHAPITRÉ LÏV.
Marquard, vingi-slxime abbé el ytngtt^atriâm pvioce.
Il était fils de Berchtold » baron de Grunemberg. L'époque où il prit l'administration de l'abbaye (1365)» était ce moment de repos qui suit toujours de longs orages. En 1375 et 77, l'empereur Qiarles lY lui renouvela ses pouvoirs» privilèges et droits de toute espèce» et l'assura de sa protection immédiate. Celle de Léopold» duc d'Autriche» lui fut aussi acquise d'une façon tout éclatante. C'est l'abbé Marquard qui acheta» pour le compte de l'abbaye, les dîmes et droits de juridiction que les barons de Tengen avaient sur la métairie de Yolrau. Un citoyen de Rapperswill» nommé Rodolphe Keller» lui vendit encore la ferme de Richenbourg » que lui avaient cédée les seigneurs d'Apremont : c'avait été dans son origine un fief d'Einsidlen. Marquard eut à peine le temps de jouir de la paix et du bien-être qu'il assurait à son couvent; il mourut le 18 octobre 1377.