‹ Chronique d'Einsidlen (Notre-Dame-des ermites) d'aprés d'AchéryChapitre 59 sur 131 · CHAPITRE LVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE LVI

Louis, premier du nom, vingt-huitième abbé et vingt-sixième prince;

Louis, comte de Thierstein , était fils de ce Jean qui fut tué à Sempach, et d'Elisabeth Margrave d'Hochberg. Son règne est loin d'égaler la perfection du précédent.

Au lieu de chercher à relever son couvent de la misère où l'avaient réduit les guerres , les incendies et les ruines de toutes sortes, il était àEinsidlen ce que furent à Paris les rois fainéants. Tout ce que fit l'abbé Louis pendant douze ans , c'est un traité à l'amiable avec Jean Margrave d'Hochberg, son parent, pour mettre fin à la fâcheuse que^ relie des possessions de l'abbaye à Riegol. Il faut tenir compte de cet acte à l'abbé Louis » dont la faute asi^urément n'est pas toute personnelle , puisque les religieux auraient dû connaître sa capacité avant de le placer à leur tête.

On l'accuse d'avoir eu de ^ambition et de n'être arrivé au siège épiscopal de Strasbourg qu'à force d'intrigues et en faisant une cession des biens que l'abbaye avait en Alsace et en Brisgau. Il s'était déjà mis en route entouré d'une grande pompe , afin sans doute de représenter dignement l'évéché dont il allait prendre possession , lors-" qu'une attaque d'apoplexie le força de s'arrêter en son château de Pfefficone , où il mourut au bout de quelques heures. C'était en 1402, douze ans après son élection d'abbé.

Louis ^ il faut le dire , avait plus de travers que de vices l

ftials sous la Bure du cloitre c'est déjà un vice que d'être imparikit. Quand en sera-tril de même dans le mondp?

Un fait encore qu'il ne faut pas oublier, c'e^t que sous le règne de l'abbé Louis , il se fit une trêve de \ingt ans entre le duc d'Autriche et la confédération suisse ; elle fut signée les 15 et 16 juillet 139%. Nous ne prétendons pas qiïe Louis en soit cause ; mais à cette époque l'abbé d'Einsidlen, comme on l'a vu par l'exemple de Pierre II, pouvait beaucoup sur les affaires publiques; et Louis n'employa jamais son crédit à leur donner une allure dé* favorable.

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