‹ Chronique d'Einsidlen (Notre-Dame-des ermites) d'aprés d'AchéryChapitre 60 sur 131 · CHAPITRE LVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE LVII

Hugues, vingt-neuvième abbé et viqgt-septlème prino^.

Dès Tan 1396» le prince^abbé Louis avait eu le bon esprit de confier les rênes du monastère à un suppléant dont la capacité était bien avérée. Hugues de Roseneck » ce suppléant, lui succéda naturellement à sa mort, en 1^02; les religieux reconnaissaient par cette élection la sagesse de son gouvernement par intérim.

Le premier soin d'un abbé à cette époque où Ton croit que Tcglise et ses officiers furent si éminemment libres , devait tendre à assurer à son couvent la confirmation de ses fiefs , droits et privilèges : sans quoi il se trouvait bien vite quelque seigneur endetté, quelque hobereau de mau-» vais aloi toujours prêt à chicaner sur la validité des possessions monastiques.

Hugues s'empressa donc de faire ratifier les droits de l'abbaye par l'empereur Rupert qui le vit à Constance, en 1408. Il se trouve dans les chartes de l'abbaye mille preuves de la sagesse avec laquelle Hugues s'occupait des intérêts du monastère. Les premiers vassaux de la terre de Kienlerg étant morts, il la confia à Jean d'Habsbourg, puis à Othon de Thierstein. Pour se ménager un appui en cas de troubles , cas fréquents alors , il conclut une al-^ liance avec les Zuricois , et termina enfin la querelle de Zug avec l'abbaye au sujet des terres d'Egri et de Men-

zigen.

L'an 1414, Hugues, escorté de quatorze cavaliers^ alla

au-derant du pape Jean XXI , et fit à sa suite son entrée à Constance : là il prit le second rang parmi les abbés d'Allemagne. Dans le cours du concile» Hugues se dis-» tingua par son ^èle pour la réforme monastique , tant il avait adopté franchement la carrière de la pénitence. Il assistait aussi au chapitre général des bénédictins à Petershausen, le dernier jour de février 1417 ; et nous lui devons, selon toute apparence, nos documents manuscrits Sur toute l'affaire de la réforme des bénédictins noirs, Hugues revint du concile, malade, épuisé ; sa carrière, en ce monde , devait se terminer par sa coopération chaleureuse à ce grand concile dont les conséquences ne

sont pas encore à leur fin*

Hugues de Roseneck mourut le 16 octobre 1418; son nom est une des gloires d'Einsidlen qui l'a toujours proclamé son rénovateur. Les soins de ce prélat s'étendirent même aux âmes de ses frères qui attendent dans la paix d'une mort passagère leur réveil à la vie éternelle. C'est lui qui fonda l'anniversaire célébré d'ordinaire le mardi après la fête de Saint-GalU

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