CHAPITRÉ LX
Aodolphe III) trente-unième abbé, vingt-neuvième prince.
Sa mère était la comtesse Anne de Werdenberg ; Rodolphe avait le titre de comte d'Hohensaxe. Sous son règne Zurich et Schwitz se firent la guerre ; il se trouvait ainsi entre deux feux : mais il fit si bonne contenance, chercha si bien à ramener la paix de part et d'autre» qu'on respecta toujours ses titres de propnétés » quoiqu'on se battit sur ses terres. Enfin Rodolphe , animé de ce zèle pour la paix qui seul doit constituer à l'avenir le vrai génie chez les maîtres de la terre, mit tant de persévérance dans son œuvre de conciliation , que chacun reconnut ses torts , et la paix fut conclue en ihVï^ au mois de décembre. Les députés des cinq cantons confédérés, et ceux de Zurich , voulurent , pour honorer la médiation de Rodolphe , que les protocoles de ce grand acte fussent déposés entre ses mains.
C'est encore sous le même prince-abbé, vers WSfè^ .qu'une famine et une épidémie ravageant la Suisse , on vint de toute part à Einsidlen implorer l'intercession de la Vierge Marie. Ceux de Baie instituèrent une procession solennelle , à quoi le concile de Bàle attacha l'indulgence des peines canoniques. L'année suivante la foule des pèlerins fut telle , qu'à cette époque de guerre entre Schwitz et Zurich » on prit les pèlerins armés de leurs bourdons pour autant de soldats du camp ennemi qui
disaient invasion la pique à la main , et l'on se mit à son** ner l'alarme.
L^histoire ne dit plus rien de Rodolphe » si ce n'est qu'il reçut en 1442, de l'empereur Frédéric, deux diplômes pour confirmer ses droits et privilèges , et lui donner ceux de régale. C'est en ikkl , l'année de la paix dont îl fut le principal auteur» qu'il s'endormit dans la paix éternelle.