‹ Chronique d'Einsidlen (Notre-Dame-des ermites) d'aprés d'AchéryChapitre 79 sur 131 · CHAPITRE LXXIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXXIII

(Même épcxiae.) Christophe Hartmann»

CÉLÈBRE chroniqueur, originaire de Frauenfeld; entré àEinsidlen sous Ulric III, en 1583; envoyé depuis à l'abbaye de Beinwil avec Wolfgang Spies et quelques autres ; ordonné diacre par i'évcque de Baie ; retourné à Einsidien , et reçu prêtre en 1592.

Il fit ses études à Milan et à Bologne ; s'attachant aux langues latine et grecque, il se familiarisa avec leur idiome comme avec sa langue maternelle. Son érudition le fit nommer bibliothécaire de Tabbaye ; ce fut pour lui un bienfait qu'il voulut payer en ajoutant ses propres trésors à ceux dont il se voyait entouré. Il se lia d'amitié avec les savants de son époque , et l'on conserve une quantité de lettres échangées par lui et le docte Guillimann. Aidé par les largesses de l'abbé Augustin P', il fut bientôt en état de réparer les ravages causés par Fiacendiedans les archives du couvent, et se mit courageusement à écrire en latin les annales dHElinsidlen. Le style en est riche et solide à la fois. Einsidien y tient sans doute la place principale ; mais c'est plutôt comme un centre autour duquel se groupe l'histoire de la Suisse entière , celle de la Papauté et de l'Empire. Il a écrit en outre un abrégé d'Histoire Helvétique, dont on gardait encore, à la fin du dernier siècle, le recueil inédit. Haller dit que les vrais amants de l'histoire ne peuvent guère se passer de consulter ce recueil.

. Hartmann a ceci de commun avec tous les beaux génies , qu'il n'a pas mis seulement sa gloire à bien et beaucoup écrire , mais à puiser ses inspirations dans la pratique de la vérité. Plusieurs nonces apostoliques dont il était Tami > entre autres François Boromini de Pala« vicin, Turriani, et tant d'autres grands personnages» témoignaient de leur respect pour sa vertu* Ses supérieurs et ses frères lui avaient confié Remploi de prévôt à Saint-Gérold pour le récompenser de ses loyaux services. Il y mourut le 12 avril 1657, trop tôt pour ses administrée , comme pour les plus beaux esprits de cette époque. Nous lui devons la meilleure partie des documents dont nous nous sommes constamment appuyé.

Christophe Hartmann est du nombre fort restreint des gens de lettres dont on peut se représenter les formes extérieures d'après leur style. Il y avait dans sa haute taille , dans son front élevé , sa tète volumineuse et l'harmonie de son costume ^ quelque chose de largement dessiné , de grave et de constamment beau. On attri^ bue a sa constitution sanguine l'apoplexie qui le tua : c'é^ tait le jour de Pâques « jour de résurrection et de gloire j car la gloire pour lui, comme pour son maître adoré, ne se bornait pas à la terre.

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