CHAPITRE LXXIX
-(Même règne.) .
Ueligieux d'Einsidlen postulés pour des emplois en d'autres lieux, sous
le règne de Placide,
Claude Jacquet, dans son édition de la chronique d'Einsidlen de 1686, s'exprime ainsi : « De ce temps furent à diverses fois envoyés plusieurs religieux en divers monastères 5 tant de la congrégation de la Suisàe que d'autres , pour y être supérieurs, économes^ professeurs de philosophie ou de théologie. » Du reste Claude Jacquet et après lui dom J. Briefer , ne citent d'autre nom que celui de Christophe de Schœnau..Dom Christophe, jeune gentilhomme de Souabe, prit l'habit monastique à Ensidlen en 1647, et fut pendant ses trente-sept ans de vie un modèle de vertu. C. Jacquet ne donne presque aucun détail sur dom Christophe, et l'envoie doyen à Disentis sans indiquer la source de ce renseignement. Le père Jacques au contraire cite les listes de nécrologie, les actes du chapitre, etc. Voilà pourquoi nous préférons toujours sa version à toutes celles qui l'ont précédée. Ce capitulaire affirme que dom Qiristophe fut envoyé à Façière comme sous-prieur ; et sa mission , qu'il remplit avec fermeté, était de rétablir en ces lieux la discipline monastique. Il y resta quatorze ans et revmt en 1678 à Einsidlen, en qualité de doyen. Il mourut en vrai philosophe chrétien l'an 168Ï, et fut enseveli dans la chapelle de Sainte-Madeleine , dont il était le principal fondateur.
Voîci , d'après le même chroniqueur, le nom des religieux les plus recommandables par leurs vertus sous l'abbé Placide.
Dom Léonard Brunnerd'Haguenau, en Souabe, se comporta avec tant de sagesse et d'esprit , dès son entrée au noviciat, que le nonce apostolique Louis, évéque d'Adria. lui délivra des dispenses pour un défaut qu'il açait à l'œil gauche. (Vid. Capit. p. 2S1, édit. 778.)On voit par ce mot seul que Ton n'admettait pas alors dans les couvents les personnes qui étaient conduites à l'amour de la retraite par un motif aussi frivole que le dépit de leur peu d'at^ traits extérieurs. Il fallait toute la sainteté de Brunner pour l'introduire à Einsidlen. Il mourut en 1649, après avoir saintement exercé divers emplois. Si l'on en croit une note nécrologique de l'époque , il avait un grand talent pour la parole.
Dom Basile Stricker d'IIri j jeune imitateur de la Vie des Pères de l'Eglise , professeur d'une philosophie toute progressive en 163S à Gengenbach, puis prévôt à Saint- Gérold, enfln sous-prieur et doyen à Einsidlen. Humble, austère dans ses mœurs ; tendre admirateur de la mère du Christ , mort en 1684 , comme un saint qu'il était.
Encore quelques noms de savants religieux à la même cpocpie et dans le même couvent.
Wolfgang Weisshaut de Lucerne fit ses études à Rome, revint occuper la cure d'Einsidlen et de Mûnsterlingen ; depuis économe de Pfefficone , prévôt de Saint-Gérold et doyen du monastère ; enfin premier prévôt au collège de Bellinzona où il mourut en 1676, traduisit plusieurs ouvrages latins et italiens. Il a publié au moyen de l'imprimerie de son monastère en 1680, un vol. in-8** d'exercices spirituels sous le titre d'Ângela solitaria, Oq a de lui encore plusieurs panégyriques de la vierge Marie.
Dom Conrad Hnnger de Lachen embrassa la carrière monastique en 16Ï3; secrétaire du chapitre en 16Ï9, il profila de cette position pour écrire les actes capitulaires, ouvrage continué depuis à la grande satisfaction des érudits. II publia les annales d'Einsidlen en 165%. Dom Maurice-Symian lui attribue encore un travail de critique sur les œuvres de Christophe Hartmann , travail dont il apprécie la justesse. Conrad Hunger est mort en 1662.
Les chroniqueurs citent encore dom Adelrîc Schwerz de Claris , qui avait fait à Lyon ses études théologiques. Il traduisit du français, d'après Berthaul, le Dtrectorium confessariorum , imprimé à Dillingen en 1650, tome III în-16 : mort le 10 mai 1658. Dom Colomban Ochsner d'Einsidlen suivit des cours de hautes études au couvent même ; devint assez habile en droit-canon pour écrire , De prœçentione fori, de foro compétente , de priçilegiis monasterii Einsidlensis, et autres thèses qui se trouvaient ^ naguère encore au couvent en manuscrit.