Voir, pour d*anciennes donations, dîmes, le chapitre IV
En 1699 ^^ '7^0 •
Les loyers à 800 lîv.
Les rentes à 828
Total (pour 2 ans) 1628 liv.
En 1737 et 1738 :
Les loyers à 1 185 lîv.
Les rentes à 1967
Total (pour 2 ans) 3i52 liv.
Lors de l'inventaire des biens de Saint-Germain par le directoire du
district de Dourdan, en 1790, le revenu annuel était estimé :
Rentes sur les aides et gabelles 857 liv.
Rentes sur divers particuliers Soi
Locations de terres et prés i83i liv.
Total {pour une année) 3189 l-(i)
Les titres constatant ces différentes possessions de la fabrique ont donné lieu à plusieurs inventaires authentiques. En i65o^ beaucoup de rentes n'étaient pas perçues parce que les titres de la fabrique étaient égarés pu perdus et il y eut alors un long procès intenté par les marguilliers pour les recouvrer. Le 6 mars 1693, un inventaire en règle fut dressé par devant Claude Michau. On en conserve un autre du 23 septembre 1790 et jours suivants par le sieur Pillant, procureur syndic du district de Dourdan, assisté de trois membres de son directoire, suivant décret de l'assemblée nationale. Celui-ci établissait le revenu et les charges annuelles de la fabrique et devait servir, non pas de base pour gérer les biens de Téglise, mais de mémento pour les prendre tous.
Les charges de la fabrique. — Voici le tableau annuel qu'en dressait ledit inventaire de 1790 :
Honoraires du clergé et des officiers de l'église, — frais
du culte (2) 2783 liv.
Contributions des décimes (3) 559
Acquit annuel des fondations résultant des donations. . . 600
Rente due à la charité de la ville 75
A la charité de la paroisse Saint-Pierre 107
Aux pauvres delà paroisse Saint-Germain 95
A THôtel-Dieu 72I. los
A la communauté 12I. lOs
Total 4304 liv.
: . Trois ans après tout était perdu. En fait de rentes restituées en vertu de l'arrêt du 7 thermidor an XI, on ne voit que 181 liv. de rente annuelle sur la maison du Parterre et ses dépendances.
2. Ejiviron 180 écus au compte de i595; —600 livres à celui de 1645; — 2,5oo en 1699; — 3,5ooen 1737.
B. La fabrique de Saint-Germain est taxée à 286 livres par an, pour sa part du don gratuit accordé au roi par assemblée générale du clergé de France. (1732.)
2l8 CHAPITRE XVI.
On oubliait ce que coûtaient chaque année, depuis des siècles, à la paroisse, l'entretien d'un édifice ébranlé par tant de secousses, les réparations urgentes nécessitées à chaque instant par quelque nouvel accident, sans compter les procès et les frais qu'il fallait faire pour obtenir celles qui n'étaient pas à la charge de la fabrique.
Si nous rapprochons ce chiffre de 4,804 livres, total fort incomplet de la dépense annuelle, de celui de la recette estimée seulement par l'inventaire 4,o33 liv. 16 sols, par suite de la suppression du droit de lùcsurage^ nous conclurons que, sans ce droit, la fabrique eût été en déficit et que toute sa richesse consistait à équilibrer chaque année son budget.
Avant de terminer ce chapitre consacré à la paroisse de Dourdan, qu'il nous soit permis de dire un mot du grand travail qui s'opère en ce moment pour consolider son antique vaisseau et le sauver d'une ruine trop imminente. Quand nous parlons de ruine nous n'exagérons rien. On se familiarise, par l'habitude, avec les infirmités des individus et la décrépitude des édifices; mais le temps n'en continue pas moins son œuvre rapide de destruction, et à Saint-Germain le mal est plus grand qu on ne le suppose. Un écartement des parties hautes de la nef, un défaut d'équilibre entre la résistance des murailles latérales et la poussée des voûtes; une tension anormale et une perte d'aplomb accusées par la déformation des arcs, l'écrasement des pierres et la rupture de tous les meneaux : telle est la plaie profonde et inquiétante qui mine, dans ses œuvres vives, la vieille et belle église de Dourdan. De nombreuses et anciennes blessures, l'action du feu, l'ébranlement du canon^ les remèdes dififérés ou insuffisants ont amené ce résultat dont la gravité s'accroît tous les jours. Nos pères, au siècle dernier, plusieurs fois pris d'épouvante, ont fait ce qu'ils ont pu : des tirants, des chaînes, des liens de toutes sortes en sont les témoins. Ce siècle-ci a déjà tenté plusieurs restaurations sérieuses. 11 y a quelques années, une somme importante, une subvention du gouvernement ont été affectées à ce qui paraissait alors le plus urgent. Jamais peut-être, le vice fondamental napu être atteint.
A l'heure qu'il est, un puissant effort s'attaque au point décisif et tout le monde assiste avec impatience et sympathie au difficile travail qui se poursuit. Dirigé par l'habile architecte qui a joué sa santé et sa vie dans l'inspection générale des admirables restaurations de la cathédrale de Paris, et exécuté par un entrepreneur spécial et expérimenté, ce travail consiste à refaire à fond les voûtes. Derrière le faux plancher qui les masque, les ouvriers détruisent avec précaution et remplacent, l'un après l'autre, ces nervures, ces arêtes, ces arcs, rompus et broyés; ils déchargent la tête de l'édifice du poids énorme de voûtes massives qu'elle
l'église SAlNT-GERMUN. 219
ne peut plus porter et changent, pour une pierre résistante quoique légère, les lourds matériaux, les silex et les cailloux jadis employés faute de mieux. L*équiltbre étant peu à peu rétabli au faîte, la poussée infiniment diminuée, la portée des contreforts soigneusement étudiée, l'harmonie de toutes les forces bien connue et bien assurée, l'édifice se sentira inévitablement soulagé et raffermi, et comme sa membrure peut résister longtemps encore, sa vie se trouvera de nouveau garantie.
Toutefois, on nous pardonnera de le rappeler ici, ces réparations profondes et essentielles qui se poursuivent presque dans l'ombre, et qui ne frappent pas les yeux comme pourraient le faire des travaux secondaires d'embellissement ou d'ornementation, entraînent des frais considérables et exigent de grandes ressources. Formée, à l'origine, du legs pieux d'un généreux donateur, grandie par la coopération de la ville, accrue du subside de l'État, la somme dont Dourdan disposait était malheureusement de beaucoup insuffisante encore; mais nous sommes heureux de le proclamer, l'excellente population de Dourdan a su faire un vrai sacrifice pour sa vieille église, et, dans ce siècle où tout se renouvelle par Tinitîative individuelle, elle a tenu à honneur d'assurer, par de larges offrandes, l'existence d'un beau, d'un vénérable monument qui est la gloire de la ville que nos pères, plus pauvres que nous, ont bâti et rebâti pour y prier pendant des siècles, et qu'il faut à tout prix conserver à ceux qui viendront après nous !
L'ÉGLISE SAINT-PIERRE (i).
[AISSEAU. — L'église Saint-Pierre, la seconde paroisse de Dourdan, dont il ne reste aujourd'hui aucun vestige, occupait, au haut et en face de la rue Saint-Pierre, l'emplacement de l'allée terminée par une grille qui donne maintenant accès dans le parterre. Cette grille est à peu près à la place du sanctuaire, et les dimensions de l'édifice sont assez bien représentées par les dimensions de l'allée. La limite inférieure est facile à reconnaître par la disposition même du terrain. La nef était étroite et de même largeur que le sanctuaire ; la forme de l'édifice était celle d'une croix latine. Au centre, sous le clocher, était le chœur (2). Dans le haut, deiTx chapelles ou « cancelles B se terminaient par des autels placés dans le même sens que le maître-autel, dans les enfoncements demi-circulaires qui faisaient saillie de chaque côté du chevet. L'emplacement arrondi de l'abside est encore visible entre la grille du parterre et la maison voisine. Cette maison et le terrain élevé en terrasse qui en dépend, formaient l'ancien prieuré. A gauche, dans le talus triangulaire planté d'arbres et bordé par la rue Haute-Saint-Pierre, était le petit cimetière de la paroisse. Le sol de ce cimetière affecté pendant de longs siècles au même usage, puisqu'on y a trouvé des cercueils de l'époque mérovingienne, s'était graduellement
1. Diaprés les anciennes archives que nous avons trouvées mêlées avec celles de Saint-Germain.
2. On peut voir ce clocher sur le fac-similé qui est en tête du chapitre XV.
l'église saint-pierre. 221
cicvc. Au xviiio siècle^ comme nous Tavons déjà dit, il menaçait de rompre ses murs de soutènement et de s'efifondrer dans la rue. On le transporta près du jeu de paume (i 3 mai 1764), p^r suite d'un échange avec M. de Verteillac dont la propriété s'appuyait contre le chevet de Téglise et en enclavait une partie.
Il est probable que l'existence d'une église à cette place remonte à une hauteantiquité.Lorsquel'abbaye de Morigny ,par la munificence de Louis leGros, ou tout au moins avec sa protection^ acquit, vers 1 1 12, Téglisc Saint- Pierre «iEcclesiamB, Petri^apud Dordinchum,T» (i) c'était déjà une paroisse sous le vocable du prioce des apôtres. On a même prétendu que c'était la plus ancienne de la ville. Quoi qu'il en soit, les moines de Morigny ayant été envoyés pour la desservir, l'église fut reconstituée et un nouvel édifice s'éleva suivant le style et le plan des églises monacales. La paroisse était pauvre, très-limitée ; l'église reçut des proportions restreintes. Elle dut subir, par suite des injures du temps et des dévastations de la guerre, plusieurs modifications et réparations, dont la flèche du clocher, cette partie vulnérable et fragile de l'édifice, paraîjt avoir été un des principaux objets. La date d'une de ces restaurations semble indiquée par le millésime de i535 sculpté sur une pierre autrefois placée dans l'église, aujourd'hui enchâssée dans le mur méridional de la maison du parterre, à gauche de l'entrée. Le lambris de la nef fut fait en 1 607 ; il paraît qu'auparavant a cette nef était comme une grange. »
Le 4 août 1 637,à quatre heures du matinale tonnerre tomba sur le clocher, le dépouilla complètement des ses ardoises, rompit un des arêtiers, cassa une cloche, descendit dans l'église oti il fit un fracas épouvantable et laissa des a impressions de griffes » sur les bancs et sur les murailles. Le clocher était près de tomber. Les habitants montèrent sur les combles et arrêtèrent les bois avec des cordes. L'année suivante on le répara, et deux ans après on établit une nouvelle cloche (2).
En 1690, autre accident. Le jour de Noël, immédiatement après le premier carillon de la messe du point du jour, un coup de vent terrible, qui fit des dégâts dans toute la France,coupa net le clocher. Le pied seul resta pendant trois ans. On confia la réédification d'une nouvelle fièche, suivant le plan de l'ancienne, à Jacques Mondain, charpentier à Dourl'an, et Jacques Liger,le couvreur de Sainte-Mesme(3). Cette fièche avait quarante pieds, et était surmontée d'une croix de fer de onze pieds a avec le coq.» A peine fait, ledit clocher reçut un nouvel assaut. Le 29 juillet
2. Bénite par messire Girard Thierry, et nommée Jeanne-Françoise par Jean Joyer, marchand fort riche, qui mit Tenchère pour avoir cet honneur.
3. Dépense de 1,200 liv. pour la flèche, 5o liv. pour le rétablissement du tambour qui est sous la flèche. M. Guyot, directeur des hôpitaux du Roi, et paroissien de Saint Pierre, fit don de 9^0 liv., qui permirent à la fabrique très-pauvre d'entreprendre le travail.
1702, il s'abattit sur Dourdan et les environs une telle nuée de grêle, qu'on « croyait être au dernier moment de sa vie,dit un contemporain. Plusieurs Cl habitants eurent la tête cassée par des grêlons qui pesaient deux livres a moins un quart;» le clocher fut encore dépouillé de ses ardoises. La couverture et les vitres de Téglise éprouvèrent de grandes avaries. En 171 2, les trois cloches furent refondues pour en faire trois nouvelles ce rendues a sonnantes et accordantes en plein ton de mi-ré-ut. »
Il y avait une fatalité marquée pour le clocher de Saint- Pierre : le 16 juillet 1735, le tonnerre le perça de part en part, le brisa en partie, cassa les gargouilles de pierre qui crevèrent la voûte^ descendit dans l'église, démolit la porte du chœur et pulvérisa le crucifix.
L'église, ébranlée par tant de secousses et en fort mauvais état, cessa de servir au culte en 1791- Le 10 novembre, la paroisse Saint-Pierre fut réunie à celle de Saint-Germain; une partie de son mobilier y fut transportée^ (i) et le i3, les paroissiens assistèrent pour la première fois, à Saint-Germain, au service divin célébré par l'abbé Geoffroy. Le vaisseau devenu propriété nationale, administré comme les autres domaines de l'État, fut momentanément mis à la disposition du ministre de la guerre et servit de prison pour des soldats vendéens et de magasin de grains et de fourrages. Par une décision du ministre des finances du 5 juin 18 12, la fabrique de Saint-Germain fut remise en possession du bâtiment, mais comme il tombait de vétusté et que le clocher menaçait d'écraser le quartier, la fabrique obtint du roi Louis XVIII une ordonnance de septembre 1816^ autorisant à démolir, vendre les matériaux et céder le terrain à la commune suivant estimation d'experts. Les matériaux, adjugés pour 2,670 fr.j le 17 novembre 18 16, furent enlevés l'année suivante, et les pierres de l'antique église, complètement dispersées, entrèrent dans plusieurs constructions de l'époque. A peine si l'on peut en retrouver quelques traces dans deux ou trois bases de colonnes converties en bornes près du parterre, un vieux chapiteau servant de banc dans la rue Neuve, etc.
Disposition et ornementation intérieures. — Les murailles de Saint- Pierre étaient autrefois peintes de vieilles détrempes représentant des épisodes de la Passion, de la vie de sainte Marguerite et autres. Elles furent blanchies en 1646, et on voyait encore, au siècle dernier, des traces de fresque sous les enduits. L'ancien autel était massif et bas. Le tabernacle avait la forme d'une tour. On y montait par un escalier de pierre derrière l'autel. Une « grosse image de la chaire de saint Pierre en pierre » se voyait au côté droit de l'autel; à gauche, une figure de saint Paul. En 1660, le curé. M* Etienne Le Gou, fit remplacer cet autel par un autel moderne, avec quatre colonnes de bois doré, un
1. Le reste fut vendu aux enchères^ le 12 août 1792, pour 677 liv., à la requête du procureur syndic du district de Dourdan.
l'église saint-pierre. 223
tableau représentant la Nativité d'après Lebrun, et deux niches pour les deux patrons de la paroisse : saint Pierre et saint Gilles, dont il commanda les statues de bois peint et doré à un« très-habile sculpteur de « chez le Roy. » La vénérable chaire de Saint- Pierre fut placée au-dessus de la porte principale. A côté du maître-autel, se voyait encore un grand tableau de saint Dominique. Devant le sanctuaire, des dalles avec noms et figures recouvraient des tombes, et sous la lampe étaient enterrés Pierre Lucas^ mort en 1 540, et son épouse Perrine Boutet, descendante du fameux privilégié de Chalo-Saint-Mard, demeurant de leur vivant « dans leur maison des Châteaupers, paroisse Saint-Pierre, d
De chaque côté du chœur, où étaient rangées dix-huit stalles, s'enfonçaient les deux cancelles : à droite, celle de la Vierge, avec son autel du même style et de la même époque que le maître-autel (1664), trois tableaux et un grand crucifix. A gauche^ celle de saint Phallier, le bon moine d'Aquitaine qui rendait la santé aux petits enfants. Cette der* niére chapelle, dans laquelle on remarquait une statue de bois du saint, et un petit tableau fort ancien réprésentant le mariage de Jésus-Christ avec son Eglise, fut restaurée en 1750 par M. Bajou, lieutenant particulier au bailliage. Il la dédia à sainte Geneviève et commanda à Paris un tableau « copié sur celui du Saint-Esprit, à Paris, » avec une image de saint Charles et une de saint Jacques.
Dans la nef étroite et longue qui contenait vingt-trois bancs, on avait encore placé deux chapelles dont les tableaux étaient des originaux de maître aôtés, dit un contemporain^ parla lâcheté des habitants qui l'ont « souffert » et remplacés par des copies : Tune dédiée à saint Roch avec r image de saint Pierre-ès-liens et les statues de saint Roch et saint Sébastien sur deux colonnes ; l'autre dédiée à saint Vincent, avec un tableau de la conversion de saint Paul et deux colonnes portant saint Vincent et saint Marcoul. La chaire, le banc d'œuvre avec un grand soleil de bois doré sur son haut dossier, les fonts baptismaux^ ( i ) près desquels se voyait une magnifique bannière des Gobelins, garnissaient les parois de la nef, et entre les fonts et le banc des marguilliers était la tombe de M. Lévy, le riche habitant de Saint- Pierre et le créateur du Parterre.
La petite sacristie, enclavée dans les bâtiments voisins et dont remplacement fut l'objet de procès sans fin, était bien loin d'être garnie comme celle de Saint-Germain. Les vases sacrés étaient fort modestes ; on n'y voyait pas de riches tentures, mais un grand nombre de vieux ornements, qui auraient sans doute pour nous leur valeur archéologique, comme ceux de damas rouge donnés au xvi« siècle par Balthazar Gouin^ avec son portrait à genoux et son nom brodé. On conservait soigneusement trois grands bâtons rouges, dont deux se terminaient par des cou-
I . Ces fonts, en marbre, viennent d'être rachetés à un particulier par la fabrique de Saint-Germain. Ils pourront servir de bénitier dans l'église.
Il paie de décimes ordinaires et extraordinaires, 1 6 livres 14 sols 6 deniers.
Et reçoit de la fabrique 1 60 livres pour acquitter toutes les fondations annuelles.
Au xvni« siècle le a gros» du curé de Saint-Pierre est estimé 5oo livres. D'ailleurs sa position varie suivant les arrangements qu'il fait avec le prieur. Il arrive même plusieurs fois que le curé, cumulant les deux bénéfices, est pourvu par Tabbé de Morigny du prieuré et de la cure.
Les noms des prieurs et des curés de Saint-Pierre nous sont inconnus avant le xvi* siècle, par suite de la perte de tous ks titres. En i556, àla séance de rédaction des coutumes, nous apparaissent comme curé un religieux, frère Jacques Audren, et ponr prieur M* Jacques Soullay.
1 594. — Martin Couldroy, curé. — Me Pierre Blanchard, prêtre habitué, dessert le prieuré et laisse une rente par testament.
1597. "~ Simon Barbier, ci/r^.
1598. — Pierre Chaillon, prêtre, chanoine et chantre de l'église Sainte-
Croix d'Étampes, rend, comme prieur et seigneur temporel de Saint-Pierre , aveu et dénombrement au roi et à M. deSancy. De 1590 à 161 3, l'abbé Boujon dessertie prieuré et en remplit les charges au nom du prieur.
i63i. — Girard Le Thierry, curé.
i635. — Jacques Vris, curé.
1649. — Jacques Barbault, CMr^.
1 654. — Etienne Le Gou, prieur et curé tout à la fois pendant trente années, se montre très-charitable et fait beaucoup pour Téglise. On a de lui un aveu, du i"nov. 1680.
168 5. — Etienne Tronson, curé. — Paul Ragot, prieur cotnmenior tairCy curé de Saint-Martin de Bretencourt, prend .soin des réparations de l'église et les assure par son testament.
1705. — Nicolas Membray, curé. — Bouchard, prieur (1701). — M« Louis d'Othis,prie«r (1720).
1723. — Léonard Le Boistel de Chatignonville, curé. — Vautier, prieur titulaire. — L'un et Taulre exercent pendant plus de trente années. Le sieur Vautier, qui ne veut faire aucune réparation, entre en procès avec M. Le Boistel. Par suite d'une transaction, ce dernier accepte les charges en même temps que les bénéfices du prieuré. Il appartient à une ancienne et riche famille des environs.
1763. — Louis Delafoy, curé, — Louis Dubois, sieur du Tilleul, prieur. — Ils font ensemble le même arrangement que les précédents, et la paroisse, bien desservie, continue à jouir des premières messes et de tous les secours spirituels. Mais, en 1770, le sieur de Neufville, nouveau prieur^ se comporte
l'église sàint-pierrb. 227
différemment^ ne paraît pas à son bénéfice, n'en acquitte et n'en fait acquitter aucune des charges; de telle sorte que les habitants^ privés de messes, sont obligés de présenter une requête au bailliage de Dourdan, le 20 juillet 1772. Une sentence du 27 mars 1773 condamne le prieur qui en appelle à la cour, et sur ces entrefaites résigne son prieuré entre les mains de P. L. Benjamin Lambert. Celui-ci soutient le procès devant la cour^ élève des prétentions sur le terrain de la sacristie et de la maison prieurale, et entraîne la paroisse et la ville dans de coûteuses et pénibles procédures.
1779. — M. Millet^ le dernier curé de Saint-Pierre, est député par le
bailliage comme représentant du clergé aux Etats-Généraux de 1789.
1780. — L'abbéde Montagnac, chapelain du roi, est le dernier prieur»
Les deux bénéfices qui , par leur séparation , étaient une cause de difficultés et qui, réunis , n'eussent pas formé plus de 14 ou i^Soo livres, au dire des contemporains, demeurent jusqu'à là fin à la nomination de Tabbé de Morigny.
La cure est fondue avec celle de Saint-Germain en 1 791 , et la propriété du temporel du prieuré, mise en adjudication par Tadministration du directoire du district de Dourdan, comme bien national à aliéner , est acquise le 4 avril 1791 par M. de Verteillac qui s'engage à payer à la fabrique de Saint-Pierre, réunie à celle de Sainte-Germain^ une rente de 23o livres. La maison prieurale est achetée au département, suivant acte du i5 fructidor an IV, par le sieur Lambert^ qui appuie un bâtiment contre le mur de l'église devenue propriété nationale, et plus tard il en résulte une question de mitoyenneté et un interminable procès.
Revenus de la fabrique. — Les recettes de la fabrique de Saint-Pierre »e composaient :
De rentes diverses à Dourdan^ sur des maisons de la rue Saint-Pierre, de la rue Neuve, de la rue Grousteau, (i) de la rue des Bordes^ sur le clos Saint-Père au Puits-des-Champs (2).
De rentes^ hors Dourdan, sur des terres et prés à Saint-Martin, à Liphard, à Roinville^ au Bréau, au vignoble de Dourdan; plus 200 livres sur l'Hôtel de Ville de Paris.
Du loyer de quelques maisons à Dourdan et de terres et prés à Saint- Martin, la Brosse, Sermaise, Cottcr^au.
Le tout ne rapportait que 982 livres vers 1700, et, en 1745, on comptait :
I . Rachetées par M. Lévy, lors de la création du Parterre, a. Maison et clos Saint-Père 1 Rente de 20 sols parisis. 1427*
228 CHAPITRE KVll.
Pour les rentes à Dourdan 346 liv.
Hors Dourdan 378
Pour les loyers à Dourdan 260
Hors Dourdan '. 142
Total 1 1 26 liv.
II y avait en plus les quêtes qui rapportaient fort peu, car sur les cinq cents paroissiens, chiffre que Saint-Pierre ne dépassa point, plus de la moitié se composait de pauvres artisans et d'indigents nourris parla charité. Les meilleures recettes étaient peut-être celles des quatre quêtes que la paroisse avait droit de faire à Saint-Germain aux quatre fêtes solennelles. — Les bancs ne donnaient que quelques livres, car l'ancien taux des locations n'avait pas changé. Le droit de fosses fut longtemps très-minime : on ne payait que 3 livres pour enterrer une grande personne dans l'église, et 3o sols pour les enfants, La fabrique, très-pauvre, obtint, le 22 décembre 1691, une sentence de l'ofiicial de Dourdan qui portait ce droit à 18 livres pour une grande personne et â 6 ou 9 livres pour les enfants.
Lesd^;»enses montaient à 665 livres vers 1700, et à 900 livres en 1749- Les honoraires du curé étaient de 3i8 livres. Le traitement du vicaire revenait à 200 livres; celui des deux chantres était de 40 liv. ; celui des deux bedeaux de 64 livres. Il y avait 3o livres par an attribuées au vicaire, par fondation des Yvon, au xvu" siècle, « pour faire les petites c écolles • aux pauvres de la chanté de Saint-Pierre (1), Ce soin ayant été négligé, une sentence du bailliage de Dourdan, du 1 1 mai 1737, diminua de 35 livres les appointements du vicaire pour former ceux d'un maître d'école, portés à 60 livres en 1764. Le vicaire lui même Qnit par être supprimé par manque de prêtres et insuffisance de ressources.
t . Voir, sur la Charité d« Saint-Pierre, le chapitre de l'Hfitel-Dieu.
B CE le lecteur ne cherche pas, dans ce chapitre, l'histoire 1 du château deDourdan; elle est partout dans ce livre: I car cette histoire est celle de la ville elle-même. La ville I et le château ne font qu'un ; et nous avons esquissé le I récit de leurs communes destinées. Faits l'un pour I l'autre, le village et le château primitif sont solidaires dès le principe. C'est parce qu'il s'est groupé quelques familles dans notre fertile vallon, au centre d'une clairière des grands bois d'autrefois, sur le tours d'une rivière et sur le bord d'un étang, qu'un point s'est fortifié pour servir de vedette, et de refuge en cas d'incursion. C'est parce que ce lieu fortifié s'est offert comme une sauvegarde, une garantie, un point de ralliement, que les habitations se sont multipliées tout & l'entour, se sont serrées jusqu'à former une cité. Devenu, avec le temps, centre à la fois militaire et politique pour les maîtres de la contrée, le château s'est agrandi et le seigneur en a fait au besoin sa retraite.
Telleest,en deu)imots,l'histoire de l'o^^nVumgauloisqui occupe Dourdan à rorigine,du posteromain qui reprend la place,du château mérovingien et carlovingien qui succèdent. Le premier de ces établissements fortîBés n'est qu'un enclos de palissades et de fossés qui protègent un fort central de pierre ou de bois, assis sur la motte naturelle qui domine k vallée et peut renfermer au besoin, dans son enceinte, un village de caba-
23o CHAPITRE XVIII.
nés groupées autour de la grande salle du chef. Adoptée et consolidée par les Romains trop bons observateurs pour ne pas utiliser les données locales^ Tenceinte est régularisée et flanquée ^etle fort se change en une citadelle organisée pour une résistance sérieuse. Conservée ou renouvelée à peu près dans les mêmes conditions, la station romaine devient la station germaine et continue pendant plusieurs siècles à assurer la défense du territoire. Peu confortable, le château n'est guère qu'un camp, castrum. Pourtant de puissants personnages s*en contentent et nous savons que le père de la dynastie capétienne^ le grand duc de France, vient se reposer à Dourdan pour mourir, apud castrum, apud villam Dorditi' gum. Château et village, c'est tout un pour l'histoire : quand la royauté hérite de F un et de l'autre comme de son domaine, c'est le titre de municipe, de lieu fortifié, qui subsiste pour désigner DourdsLïiyDordinchum quod regium municipium est, et les bourgeois, burgentes^ qui y vivent continuent d'emprunter leur nom à la tour ou burgus qui les a ralliés.
Forteresse royale, le château de Dourdan est aux x*, xi« et xu* siècles, une des sentinelles avancées du souverain obligé de disputer sa couronne contre les grands vassaux insoumis. Il se dresse sur une des frontières du domaine de la couronne, pour en couvrir le territoire, en face des tours menaçantes des seigneurs rivaux, et tandis que les cimes imprenables de Montlhéry et de Rochefort servent de repaires à d'illustres bandits, la citadelle du roi rassure contre un audacieux coup de main les paisibles habitants de la vallée. Quand le monarque cherche un lieu sûr et écarté pour abriter les préparatifs d'un hasardeux dessein et les mystères d'une politique qui a encore besoin de surprises^ il donne là ses rendez-vous à d'officieux personnages. Quand là puissante maison de Chartres-Champagne tient la couronne en échec, c'est au château de Dourdan, sur la limite du pays chartrain, que Louis le Gros le Batailleur vient se retirer par intervalle, et c'est autour de ce centre monarchique que se serrent et s'abritent les paysans des campagnes dévastées.
Le trône s'affermit, mais il garde ses postes militaires, les agrandit, les fortifie suivant un plan à la fois préventif et répressif . Enmême temps, la forteresse devient palais, et le château, aménagé pour le combat. Test aussi pour le séjour pacifique et la vie privée du maître. C'est, à Dourdan, l'œuvre de Philippe-Auguste. Son père, aux mœurs monacales, s'est contenté du vieux château ; lui-même y est venu souvent en chasseur. Pour y venir en prince, il le fait reconstruire. Un nouveau château est terminé en 1222 ; c'est celui dont Dourdan possède encore aujourd'hui les restes.
A supposer, ce qui est extrêmement probable, que le nouveau château ait été construit exactement sur l'emplacement de l'ancien, l'appropriation du terrain qui lui fut consacré , la construction des fossés, la création, devant l'entrée, d'une place vide utile à la perspective et au service
de la citadelle, donnèrent lieu à un déblaiement, à des démolitions dont les traces ont été plusieurs fois retrouvées. DeLescornaydit que : « lors «du siège de iSpi, le capitaine Jacques ayant faitosterde la place te quantité de terre pour fortifier le chasteau dans lequel il commandoit; a et estant paruenu jusques à Tancien solage, on y a trouué des foyers et « autres choses qui font cognoistre qu'auparauant y auoit eu des basti- « ments qui auoient (peut estre) esté ruinez pour y pratiquer la com- 'r modité de ce jardin (i). d En juin lySi, a quand on a voulu aplainir ff un costé de la grande place d*armes vulgairement appelée le Martroy <i ou le boulevard, du costé et contiguë les maisons faisant face à Tégli- « se de Saint*Germain^ pour y faire le marché neuf. Ton y a découvert « plusieurs vestiges et fondements de murs qui estoient très-bien basty < en chaux et sable, et qui font connoistre qu^il y a eu anciennement des a bâtiments dans cette pljace avant qu'elle ait esté destinée pour une place « d armes. Entre autres monuments d'antiquité, on a découvert un bas- « sin de massonnerie de neuf pieds de diamètre bien crépy en ciment, <ic lequel bassin paroist avoir esté fait ix)ur l'usage de quelque tanneur « ou corroyeur, et proche ce bassin s'est découvert une entrée de cave c avec son escalier qui par la structure de sa voûte montre qu'elle est bas- « tie d'une antiquité la plus reculée, et on peut assurer que ces anciens « bastiments que l'on trouve dans cette place y estoient devant que le « chasteau fut basty (2). » Ces vestiges ont été , plusieurs fois depuis, remis au jour ù l'occasion de pavages ou de travaux particuliers. L'entrée de cave, le bassin de trois à quatre mètres de diamètre et de soixante dix centimètres environ de rebord (3), ont été revus plusieurs fois, et existent encore, nous dit-on. Au reste, ce ne sont pas là les seules substructions qui se rencontrent aux abords du château. Des voûtes, de longues caves paraissant se diriger vers lui ont été maintes fois constatées lorsde constructions et de fondations, à l'hôtel du Croissant^ sur l'emplacement de l'ancien corps de garde et des maisons qui lui font suite, etc.
Le grand apport de terres recouvrant l'ancien solage de la place, qui fut utilisé en partie par le capitaine Jacques pour la défense intérieure du château, et peu à peu aplani comme le témoignent encore les arrachements du parapet des fossés, provenait sans doute de l'immense terrassement qu'on avait dû faire pour creuser ces fossés profonds. Une sorte de jardin avait été ainsi disposé devant la façade ; c'est ce jardin qui fut donné par Jean duc de Berry, en 1408, au prieur de Saint-Germain et qui a servi de cimetière, car on retrouve des ossements devant