A. 5 . 2 ,— Voir les détails, pièce justificative XXII
5. Confirmé par nouveau brevet du 26 avril et lettres patentes de juillet 1688, sauf une rente de 100 livres distraite en faveur du curé de Longvilliers.— Ces biens et revenus ne paraissent guère consister que dans 98 liv. 7 sols 6 den. de rente, dont 5o dues par le prince de Guéménée.-^B. 23. 9.
Déjà, en vertu des déclarations du roi des 16 janvier i683 et 20 août 1G84, cette rente avait été délaissée à Thospice, en présence du bailli de Dourdan, le 27 décembre 1684, par Joseph Hammer, ministre de Téglise du Plessis-Marly, Jean de Heslin, écuyer, sieur de Villeneuve, et Jacques Tabourdeux, anciens de ladite église.— B. 25. 3.
258 CHAPITKE XIX.
le lecteur nous permettra de donner à ce sujet quelques détails qui ne seront pas une digression, puisqu'il est question de la fusion des deux maisons hospitalières de Dourdan.
La maladrerie Saint- Laurent (i), située à la porte de Dourdan, était, comme la plupart des établissements de ce genre, devenue depuis . longtemps inutile. La lèpre était une maladie qui avait presque entièrement disparu du royaume^ grâce aux soins donnés aux malades et à une réglementation sévère. Les biens et revenus des maladreries^ restés près* que sans objets avaient été l'occasion de déprédations de la part de ceux qui étaient chargés de les administrer, de déclarations et d*édits de la part du trône. L'ordre de N.-D. du Mont-Carmel, incorporé en 1607, par Henri IV, à celui de Saint-Lazare qui avait de temps immémorial desservi les maladreries^ pensa un instant absorber les biens restés aux léproseries, mais on songea avec raison qu'il valait mieux employer sur les lieux, pour d'autres malades, les biens fondés pour des malades qui n'existaient plus. L'édit du 24 août 1693 appliqua ces biens aux besoins locaux. En vertu de cet édit, le samedi g octobre 1 694, Pévéque étant à Dourdan dans le cours de ses visites, messire Louis Broussard^ chanoine de Chartres, est chargé d'une enquête sur Saint- Laurent et sur T Hôtel- Dieu. S'étant transporté à la grande porte de Téglise et ayant fait sonner la cloche, il réunit autour de lui <c le général et commun des habi- « tants » et^ le questionnaire de M. le chancelier à la main, il interroge les assistants sur leur antique léproserie. Les anciens, ceux qui se souviennent des vieux dires^ élèvent la voix et un notaire écrit. Voici ce qu'on apprend :
10 Nul n'a connaissance de l'origine de Saint- Laurent. Tous ses titres ont été perdus dans les guerres civiles.
2^ De ses possesseurs, on ne connaît que le sieur de Neuville, commandant de l'ordre de Saint- Lazare, qui en jouit depuis vingt ans^et le sieur Devienne qui en jouissait auparavant, on ne sait en quelle qualité. Il y a plus de cent ans que la maladrerie est régie par les commissaires et administrateurs de r Hôtel-Dieu.
3* Uhospitalité a été autrefois gardée dans ladite maladrerie et on y renfermait les lépreux et pestiférés.
4'' De mémoire d'homme, on n'a vu de lépreux à Dourdan.
5» Les biens et revenus sont environ 60 arpents de terre autour de Dourdan, les droits de placage et de mesurage à la foire Saint- Laurent, le tout affermé 23o livres par an (2).
2. 3i arpents en plusieurs pièces aux environs de la chapelle, 8 arpents du côté Je Louye, 11 près l^élang de Gaudrée, etc. — Bail du 10 avril 1687, pour neuf ans, à isaac Rousseau, notaire à Dourdan, par le procureur de messire Henry Barrière de Vollejar de Neuville, c commandeur de la commandcrie de la ville de Dourdan et des I malladreries en dépendans. » — Julien Joseph avait été, pendant trente ans, fermier à aoo livres*
l'hotel-dieu. 259
&» Lesdits biens ne relèvent dPaucun seigneur et ne sont chargés d'aucune dîme ou champart.
70 II y a vingt ans (i 674), le sieur de Neuville a fait démolir un vieux bâtiment contenant deux petites chambres et un vestibule.
L'enquête finie, on se transporte sur les lieux^ La chapelle, de 5o p. de long sur 20 p. de large, est en bon état. Des trois portes qui y sont pratiquées^ une est fermée; c'est celle de l'ancien jardin attenant au bâtiment des lépreux, par laquelle ils entraient dans leur place réservée. Au-dessus de l'autel^ monsieur le chanoine avise un tableau représentant un enfant Jésus, qu'il condamne à être voilé. Dans cette chapelle^ on célèbre annuellement le service de saint Laurent la veille et le jour de la fête, et le prieur de Saint-Germain y vient processionnellement et y fait l'oi&ce. On y célébrait naguère la messe au moins tous les mois.
Sur la dernière question, à savoir s'il serait utile de rétablir l'hospitalité dans cette maladrerie pour les pauvres de Dourdan, il est répondu d'une commune voix qu'il vaut mieux Tunir à l'Hôtel- Dieu avec celles de Sainville, Auneau^ Ablis, Saint- Fiacre près Saint-Arnoult, Gallardon, la Madeleine de Rochefort (i).
Deux ans après, comme nous l'avons dit^ cette réunion s'opérait et ordre était donné de déposer à l' Hôtel-Dieu tous les titres et archives de Saint- Laurent. Malheureusement, ils n'existaient plus.
Revenons à THôtel-Dieu et rentrons-y à la suite de messire le chanoine Broussard qui y continue sa visite et son enquête; nous profiterons des renseignements qu'il recueille et nous saurons exactement Tétât des choses en l'an 1694(2).
L'hiver a été très-rigoureux et l'on compte dans la ville 800 pauvres mendiants et plus de 40 malades, tant à T Hôtel-Dieu que dans les maisons particulières. L'année est exceptionnelle^ car en général le chiflre est d'environ 100 pauvres mendiants et 20 malades, partie desquels sont entretenus « tant bien que mal b aux dépens de l'Hôtel-Dieu; les autres aux dépens de la charité dudit heu et des quêtes faites journellement par les dames de Dourdan. C'est le seul hôpital^ paraît-il^ entre Paris et Chartres; de là son encombrement. On y reçoit les compagnons de métier^ les serviteurs et servantes de la ville^ les gens qui viennent pour faire la moisson ou façonner les bois, les hommes et les femmes des villages de la dépendance du comté de Dourdan, et surtout les soldats qui logent en garnison ou demeurent malades sur les routes (3).