‹ Chronique d'une ancienne ville royale, Dourdan, capitale du HurepoixChapitre 116 sur 191 · Idem · texte numérisé non relu

Idem

3. De novembre j 683 à avril 1686, le premier bataillon du régiment de Navarre tient garnison à Dourdan et fournit à THôtel-Dieu 721 journées de malades, pour chacune desquelles l'aide-major paie 4 sols et le trésorier de Textraordinaire des guerres 3 sols 6 deniers. La même année^ année des terribles dragonnades, des dragons en passage restent malades à l'hospice.

£>u 6 au 24 août 1687, le régiment de Soissonsa x5o journées à payer, etc.

Il y a dix lits pour les hommes, dix pour les femmes et six pour six petites orphelines, a On a soin de faire confesser et communier les « malades aussitôt arrivés , et prier Dieu soir et matin, et faire quelques a lectures spirituelles. » Quant aux petites orphelines, elles ont la prière, la messe, le catéchisme, le chapelet sur les cinq heures et le travail de bas de soie.

Les trois sœurs de la charité de Saint-Lazare, dont une est supérieure, sont sous l'administration temporelle de sœur Louise Texier, représentée par M. Le Camus, et sous la direction spirituelle du prieur de Saint- Germain.

Le revenu fixe ne monte guère qu'à 1400 livres de rente, en 53 parties. Le peu de biens qu'il y a à T Hôtel-Dieu n'ont été aumônes que depuis cinq à six ans, grâce aux soins et à la charité du duc d'Orléans et de M">« la Grande-Duchesse. Les dépenses montent ordinairement à 4 ou 5,000 livres.

Les bâtiments ont leur principale façade sur la rue; au-dessus de la porte sont les armes de Son Altesse le duc d'Orléans (i). Le grand corps de logis, couvert de tuiles, a neuf toises de toutes faces. En bas, sont la chapelle, la sacristie, l'oratoire, la salle des femmes , la cuisine, le réfectoire et trois réduits occupés par des particuliers ; au-dessus, la salle des hommes^ Vapoticquairie, un galetas et des greniers. Un passage mène, à travers ce logis, de la rue à la cour. La cour est de même largeur avec un puits et un petit parterre. Un corps de logis peu confortable où habitent les sœurs en fait le fond. Un petit salon forme appentis d'un côté; de l'autre, une masure sert d'étable aux vaches. Derrière est le jardin, de même largeur, agrandi de quelques récentes acquisitions, où s'élève un vieux bâtiment. On n'a pas oublié les armes de la Grande-Duchesse, bienfaitrice de la maison ; elles sont dans la cour, sous un cintre soutenu par deux pilastres.

La chapelle, modeste mais parée, reçoit de la Grande-Duchesse, en 1695, son plus précieux ornement : la châsse de saint Félicien^ mar)T. Ces reliques, qui ont appartenu au cardinal Piccolomini et ont été en grande vénération à Florence, sont envoyées de Toscane et solennellement reconnues par le curé de Saint-Chéron, officiai. Une fête le troisième dimanche de septembre, une octave, une exposition publique, les processions des paroisses voisines sont autorisées par Févéque, et saint Félicien devient un des patrons les plus vénérés de Dourdan (2). L'année suivante, l'exemple de la princesse est suivi par le sieur Besnard,

1 . Dépense de i683 : < 52 liv. 6 sols 6 den. pour les armes de S. A. R. Monsieur, qu'on a fait placer au-dessus de la grande porte, pour marquer à la postérité la reconnoissance des charités qu'il a plu à Son Altesse Royale faire pour le réublissemect et entretien de cette sainte maison.»

2. C. I.— A la demande des habitants, une confrérie est érigée sous Je nom àt

l'hotel-dieu. 261

qui offre à son tour une châsse contenant des reliques de sainte Victoire, saint Prosper, sainte Émérite et Émérentienne, saint Denis et Constant martyrs. La Grande-Duchesse, par des démarches fort habiles auprès du roi et de Monsieur, obtient pour Dourdan une foire franche annuelle^ en septembre, connue sous le nom de Saint- Félicien (i). Les lettres patentes en sont soigneusement enfermées dans la châsse.

On comprendra sans peine^ après tout ce que Ton vient de lire^ le dévouement des habitants de Dourdan pour la puissante protectrice de leur Hôtel-Dieu. Assemblés le 17 avril 1695, ils veulent lui en offrir un témoignage public. Cherchant à lui être agréables, ils s*engagent à l'entretien perpétuel de six orphelines^ et expriment leur gratitude dans un acte de délibération qu'on trouvera à la fin de ce livre (2).

Vers le même temps^ un nom vint s'ajouter^ dans la reconnaissance des Dourdanais^ au nom de la Grande-Duchesse^ ce fut celui du chevalier Alexandre de Passart^ seigneur de la Margaillerie, Saint-Escobille, Papou ville et autres lieux^ lieutenant de la grande vénerie du roi. Ce noble et riche vieillard, qui possédait de belles terres^ plusieurs maisons à Paris^ une remarquable collection de tableaux^ et n'avait pour héritière que sa nièce la marquise de Lambert, et son neveu le maître des comptes, habitait fort souffrant dans sa terre de la Ville-Neuve, paroisse des Granges-le- Roi. La Grande-Duchesse, qui le connaissait, engagea les administrateurs de r Hôtel-Dieu à ne pas négliger l'occasion de se concilier ses bonnes grâces. La digne supérieure Marie Boulard (3), ayant singulièrement

Saint-Félicien. Enrichie d'indulgences par bref de Clément XI du 22 septembre 1702, approuvée par Tévéque le i3 septembre 1706, cette confrérie, tout à la fois de dévotion et d'assistance mutuelle, avait pour premier directeur le prieur de Saint-Germain; pour deuxième directeur le chapelain, avec un sacristain et un trésorier. Sa principale fête était le troisième dimanche de septembre. Tous les confrères et sœurs payaient, au jour de leur réception, 5 sols, et tous les ans 2 sols 6 den ., à l'exception des pauvres. Les recettes étaient employées en offices, ornements, et le reste à Thospice, ff sans qu'on puisse rien employer en repas ou collations, sous quelque prétexte « que ce soit, même au jour de la reddition des comptes. » — Cette confrérie a disparu. Les reliques de saint Félicien, déposées en 1730 au-dessus d'un autel dédié au saint et derrière un tableau représentant son martyre, sont encore aujourd'hui l'objet d'un culte spécial. La fête, l'octave, l'exposition subsistent toujours, ainsi que la foire annuelle.

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