Mémoires de Sully, in-8, Londres, 1778, t. VIII, p
2. Arrêt du Conseil, du 24 juillet 1607, qui décharge les habitants de la ville de Dourdan et des paroisses de Corbreuse, les Granges, Roinville, le Bréau Saint-Lubin, Saint-Germain, Saint-Cyr-sous-Rochefort, Authon, Sermaise, Saint-Chéron, Gamncières, Saint-Maurice et Angervilliers, de toutes tailles et crues ordinaires et extraordinaires, à la charge qu*ils paieront le taillon et solde du vice-bailli de Chartres. — Archives de V Empire, £. 14.
DOURDAN SOUS HENRI IV. lOQ
brisé et muet de son horloge^ remplacé par une belle cloche, recommença à sonner les heures aux quatre coins de la vallée. Ce nouveau timbre mérite une description toute spéciale, tant à cause de son élégante facture que pour la curieuse inscription qu'il porte.
La cloche de T horloge de Téglisede Saint-Germain (i)^ placée dans Tune des tours du portail principal, a environ un mètre de largeur à sa base, sur une hauteur à peu près égale. Dans sa partie supérieure, elle est ornée d'un cordon de fleurs de lys très-bien modelées, de quatre à cinq centimètres de hauteur^ interrompu seulement par Tintercalation des trois lettres R. H. P. en majuscules romaines.
Au-dessous de ce cordon, règne une inscription composée de six vers français, de quatre noms^ de la date à laquelle la cloche fut fondue et du nom de Touvrier qui l'a faite. Elle est écrite en minuscules romaines, en relief, et forme une spirale autour de la cloche. La division des vers n'est point indiquée, comme nous le faisons ici. Seulement les mots sont séparés les uns des autres par un petit signe en forme d*^. Voici cette inscription fidèlement transcrite :
Av s venir s des s Bovrbons s av s finir s des s Valois s Grande s combvstion s enflamma 5 les s Françoys s Tant s ie s vovs s sonnay s lors 5 de 5 malhevrevses s hevres s La s ville s mise s k s sac 5 le 5 fev 5 en 5 ce 5 sainct s liev s Maint 5 bovrgeois s ransonné s o s Dovrdan s priez s Diev s Qva s vous s ti s tovt s iamais s le s les s sonne f meillevres s Mathvrin Provsteau 5 i J Iv^rd 5 e 5 Lasne s caigers s (a) — En 5 Tan s iSgg s Thomas s Movset s ma s faictt s
Au-dessus de cette inscription sont six Qgures de femmes, en relief, de quatre à cinq centimètres de hauteur. Quatre d'entre elles, exactement pareilles, sont debout, la tête couronnée^ et tiennent un enfant dans leurs bras. Les deux autres, également debout et tenant un enfant, ont la tête environnée de trois fleurs de lys et sont montées sur une estrade de trois degrés fleurdelysés. Elles représentent sans doute la vierge Marie. L'ornementation de cette cloche est complétée par un double cordon de peu de saillie.
Cette cloche est encore celle de Thorloge et, à chaque heure, son tintement grave et puissant rappelle aux habitants de Dourdan les malheurs et les espérances de leurs pères.
Au mois de septembre i6og, une grande solennité et une procession autour de la ville, ordonnée par l'évéque de Chartres, était comme Tinauguration de la nouvelle ère de paix et un acte de réparation pour le
1. Nous ne pouvons mieux faire que d'emprunter, pour cette description, les termes dont s'est servi M. Auguste Moutié dans une courte notice lue â la Société archéologique de Rambouillet, le 3 août 1842, insérée dans la gazette de cette ville le xSaoût, et reproduite alors par presque tous les journaux.
2. 11 faut lire gaigers. — Ce sont les noms des trois marguilliers alors en charge : M. Prousteau, J. Ivard et E. Lasne.
IIO CHAPITRE X.
passé. Les reliques vénérées de saint Etienne, conservées par la pieuse femme qui les avait recueillies en 1 567 et déposées ensuite par elle entre les mains du prieur de Saint-Germain, frère Pierre Duchesne, étaient portées en grande pompe dans la nouvelle châsse due à la générosité des fidèles et au retour a mises et posées en la dicte église de Saint-Germain c bien décemment et en lieu honnestepour y estre enfermées et gardées, a afin d*y estre cy-après par le peuple révérées et honorées, pour, implo- « rant leur aide et secours, obtenir par leur intercession ce qui lui sera « nécessaire pour la direction et la conduite de la vie (i). »
Dourdan se réjouissait de retrouver^ avec le culte de son saint patron, le gage d'un heureux avenir et comme \q palladium de ses anciens jours.
Quant au château, le plan complet d*embellissement de Sancy n*était point exécuté^ mais des améliorations intérieures y étaient faites. C'est Sully qui^ jugeant sans doute l'ère des sièges finie pour Dourdan, ordonna, en 1608, de combler la partie du fossé qui séparait le donjon de l'intérieur de la forteresse, et condamnant la grosse tour à n'être plus qu'une habitation pacifique, la relia par un terre-plein au sol de la cour et permit ainsi d'entrer directement par la porte du premier étage qu on n'abordait auparavant que par un pont-levis. Sully voulut peut-être, en faisant exécuter ce travail, utiliser les apports de terre du capitaine Jacques; nous croyons surtout qu'il trouva là l'occasion de donner une occupation lucrative à de pauvres habitants ruinés par la guerre. Ce genre de bienfaisance était dans les habitudes de Sully (2). C'était la duchesse qui^ d'après les historiens, a s'occupait de surveiller ces travaux, de faire dresser les baux et recevoir les comptes des fermiers et des receveurs ; c'était elle qui faisait dans les terres de son mari presque tous les voyages nécessaires. » (Mém.y p. 403.)
1. Lettre de Philippe Hurault, évéque de Chartres, du 22 septembre 1609, à la requête du prieur, gngers, iHanans et habitans de la paroisse, et après enquête de M" Hierosme le Beau, chancelier, chanoine et officiai de Chartres, c par laquelle appert
< de la recognoissance faicte par un grand nombre de témoings de luy enquis; « ensemble des grâces faictes à une infinité des habitans de la ville qui auroient esté « guaris et receu allégement en des extresmes et désespérées maladies, mesme au mois « d'aoust dernier, leur estant ledict Reliquaire apporté par ledict Duchesne ou ses « YÎcaires; ledict Duchesne ayant iceluy réservé le plus honnestement qui luy auroit
< esté possible, attendant la commodité de le faire recognoistre. *
2. Dans le supplément à ses Mémoires^ nous lisons qu'il fit faire ainsi dans sa terre de Villebon un étang de trois cent soixante toises de long, c On recevoit indiffe> c remment tous ceux qui s*offroient pour ce travail, et jusqu'aux plus petits enfants, c auxquels on ne donnoit quelquefois pas plus d'une demi-livre de terre à porter: ff on avoit eu la précaution de faire faire pour cet effet un nombre infini de hottes de ff toutes grandeurs.. On distribuoit à tous ces pauvres, le matin un morceau de pain, ff à dîner une grande écuellée de soupe, et le soir,outre un morceau de pain, un salaire ff en argent proportionné à Page et au travail. Cet ouvrage, que le duc de Sully fl n'auroit jamais entrepris pour le seul embellissement de sa maison, lui coûta fl qiaatre-Tingt mille livres. • Mémoires, Londres, x??^» t. VIII, p. 406.