DOURDAK SOUS LOUIS XIII ET ANNE D AUTRICHE
Un homme existait alors, grâce au ciel, né pour être l'apôtre de la charité et de la paix dans ce siècle de grand éclat et de grande pauvreté, Vincent de Paul, ce saint des derniers jours qui eut la passion du bien et le génie de la pitié. Accourant à la nouvelle du désastre, il vint s'établir à Étampes, commença par faire enterrer les morts restés sans sépulture, puis s'attaquant à la racine du mal, organisa des secours, et avec son admirable expérience, prit d'efficaces mesures pour le soulagement des malades et l'alimentation des paysans ruinés. Versant d'une main les riches aumônes qu'il recueillait de l'autre, il s'attacha à relever tour à tour chaque village^ à réveiller la charité chez les puissants et le courage chez le pauvre peuple abattu. On le vit d'Etampes passer à Dourdan, oti, avec ses faibles ressources, l'Hôtel-Dieu se voyait débordé par la misère (i). Les trois soeurs de Saînt-Lazareque, depuis quatre ans, la reine mère avait obtenues de Monsieur Vincent pour le service des pauvres malades, étaient impuissantes ù recueillir tous ceux que le fléau atteignait, plus impuissantes encore  donner du pain aux malheureux habitants des campagnes qui mouraient de faim. Saint Vincent de Paul créa à Saint-Arnould, à Villcconin, ce qu'on appelait des marmites, pour des distributions de soupe et de vivres aux indigents, et la tradition d'un grand dévouement s'est perpétuée dans la contrée à côté du souvenir des grandes douleurs de la Fronde.
I . Voir, Bur l'hospice de Dourdan, le chapitre que nous lui conaacrons.
^AR édît du mois de mars i66i, Philippe de France, frère de Louis XIV, recevait en apanage, à l'occasion de son mariage avec Henriette d'Angleterre, les duchés d'Orléans, de Valois et de Chartres, avec la seigneurie de Montargis, jusqu'à concurrence de deux cent mille livres de revenu. Les estimations étaient sans doute défectueuses, car le revenu annoncé ne se trouva pas et, expertise faite, il resta à parfournir 53,974 livres. Une déclaration du roi, du 24 avril 1672, datée de Saint-Germain, ajoute, comme supplément d'apanage, le comté de Dourdan , avQC celui de Romorantin, le duché de Nemours et les marquisats de Coucy et Folembray. Ces divers domaines sont, à cet effet, retirés des mains de leurs engagistes, et donnés au duc d'Orléans avec les coupes ordinaires des bois et forêts, droit de nomination aux offices, etc., à la charge de veiller à la conservation des droits seigneuriaux, de payer les fiefs et aumônes, gages et droits des officiers, et d'entretenir les maisons, chaussées, étangs, halles, moulins, édifices dépendant desdits domaines « mis en bon état à cet effet » (i).
Dourdan, soustrait ainsi à la possession directe et immédiate de la couronne, passait dans les mains du premier prince du sang. Sous cette administration nouvelle, la ville et le domaine de Dourdan devaient voir tour à tour s'évanouir les heures brillantes du grand règne, s'écouler les