‹ Chronique de Charles VII, roi de France (volume 3)Chapitre 159 sur 229 · Bellaguet, p · texte numérisé non relu

Bellaguet, p

228 Abrégé François [1419 (sept, io)-

En après ■ , le vingt-neuvième jour 2 dudit moys, le duc vint devers Monseigneur le Daulphin au dedens des lices. Desquelles, quant il fut dedens, il vit la composicion non usitée , qui luy donna cause de doubter qu'il y eust quelque raauvaistié ou traïson. Quant il fust dedens, fut fermé le pont leveys et les portes ; et après vint tout seul, fors Archambaud de Foix, seigneur de Nouailles, au lieu secret desdites lices devers Monseigneur le Daulphin, qui l'attendoyt; combien que pluseurs seigneurs et barons de sa court le conseillassent au contraire. Au dedens des lices estoit Tanneguy du Chatel , Françoys de Grygnox et le viconte de Narbonne, chevaliers, et Pierre Frotier, seigneur de Prully, qui avoient promis au duc le conduire seurement. Et à l'entrée lui faisoient grande révérence et usoyentde langaige très doulx et aimable ; mais quant fut le pont levé et qu'il ne povoit reculer, lui parlèrent rigoreusement, en disant : « Sire, venez à Monseigneur, lequel vous avez trop longuement tardé de visiter ! »

Adonc le duc, qui fort se doubta, fist révérence et s'enclina jusques à terre, ainsi qu'il appartenoit, à Monseigneur le Daulphin, lequel incontinent lui comança à parler rigoreusement, en l'arguant de sa longue demeure, et que à son occasion les Anglois estoient présentement entrés ou royaume , duquel il avoit mal gouverné la police et chose publique. Adonc se cuida le duc excuser; mais ses excusacions ne furent point

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