DES GRANDES CHRONIQUES
France et d'Angleterre ; en quoy il démonstroit sa folie et oultre-cuidance.
Adonc estoient Angloys fiers et hardis ; car pou trouvoyent de résistence, pource que Monseigneur le Daulphin et le duc de Bourgogne estoient en suspens d'accorder et pacifier ensemble la paix que devant ils avoient jurée et promise : car les gens d'armes qui estoient à eulx, en espécial à Monseigneur le Daulphin ', qui estoient pour la plupart Armygnaz, Gascons, Espaigneulx et autres estrangiers , s'efforçoyent de piller et ravir sur toutes manières de gens du royaume pour satisfaire à leur appétit et convoitise.
Iceulx gens d'armes de Monseigneur le Daulphin prindrent sur les champs et appliquèrent à eulx grande quantité de joyaulx, estimez à cent mil escus, que envoyoit le roy d'Angleterre à Madame Katherine, filie du roy, qu'il désiroyt avoir pour femme et.espouse. Posé que les habitans des villes et laboureurs des champs se fussent appliquez à porter armes et harnoys et à injurier et persécuter Tun l'autre mortellement, et qu'ils eussent du tout laissé leur labeur et mestiers , dont à Paris et es environs avoit très grande charte de tous vivres , encore furent-ils plus à la guerre et meschanceté enclins, quant ils véoient continuer la division de Monseigneur le Daulphin et du duc de Bourgogne, qu'ils n'estoient par devant, et aussi les Anglois tenoyent les passaiges environ Paris, qui rendoit la grande charte de toutes choses ; desquelles choses estoit