‹ Chronique de Charles VII, roi de FranceChapitre 10 sur 235 · NOTICE SUR HENRI BAUDE · texte numérisé non relu

NOTICE SUR HENRI BAUDE

et sur v } Éloge ou portrait historique de Charles VIL

enri Baude naquit à Moulins , comme il nous l'apprend dans une pièce de 'vers dont il est l'auteur ». D'après les ^ faits qui seront ci-dessous exposés, il dut naître vers 1415 ou 1420; car il avoit âge d'homme à l'époque de la Praguerie, qui eut lieu en 1440. La Praguerie, comme on sait, fut une sorte de conspiration ourdie par de grands seigneurs, mécontens, contre le gouvernement de Charles VII. Ces grands seigneurs y entraînèrent avec eux le Dauphin, qui fut depuis Louis XI. H. Baude joua un rôle secondaire dans la Praguerie; mais nous ne saurions dire très-clairement quel fut ce rôle. Les termes qu'emploie à ce sujet notre auteur, car c'est encore de lui que

i . Les vers de Maître H. Baude, édition Quicherat. Paris , Aubry, 18 $6, in-u, p. 69.

xxxvnj Notice.

nous tenons cette information, sont très-amphibologiques. On ne comprend pas aisément , exprès ces termes 1 , si Baude fut employé par Charles VII à poursuivre le Dauphin révolté, ou bien si le même Baude suivit , en volontaire et en partisan , la cause du jeune prince. Quoi qu'il en soit, Henri Baude ne tarda pas à reprendre rang parmi les serviteurs et les fidèles ou féaux de Charles VII. Il sut mériter les bonnes grâces de ce prince par « plusieurs bons et agréables services faiz en la compagnie d'aucuns nos officiers estans autour de nous et en nostre service. » C'est ainsi que s'exprime le roi dans les considérans des lettres patentes par lesquelles il octroyé à Henri Baude une charge d'élu du bas Limousin *. Grâce à la facilité que donnoient les principes alors reçus quant à l'administration de ces charges de finances, Henri Baude fit exercer son office d'élu par des fondés de pouvoir, et vint se fixer à Paris, où paroît s'être écoulé le reste de son existence. H. Baude cultiva, et avec succès, la poésie. Ses vers , généralement satiriques et plaisans, ne manquent ni de sel ni de tournure. Son style est original et rappelle Villon, à côté de qui Baude mérite d'être placé comme émule. Robertet, vers 1 5 30, étoit semblable au fameux Chapelain, qui se connoissoit en poésie, quoique très-mauvais poète lui-

1 . Voir le préambule de V Éloge ou portrait de Charles VII, par H. Baude.

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