‹ Chronique de Charles VII, roi de FranceChapitre 26 sur 235 · Philippe le Bon · texte numérisé non relu

Philippe le Bon

1422] Premier Essai. 7

d'étonnement, c'est qu'une lampe placée dans le char même, à la partie intérieure et postérieure de cette voiture , conserva sa lumière toute vive , et ne s'éteignit point durant tout le trajet. Ces dépouilles enfin furent placées dans le milieu du chœur, où elle reposèrent la nuit. Quelques religieux les accompagnèrent, priant en silence pour Pâme du défunt. Le lendemain, la messe fut dite par l'évêque de Paris , avec l'autorisation de Monseigneur l'abbé de Saint-Denis, et le service des morts accompli.

Les exécuteurs testamentaires , suivant la parole de saint Luc, « Tout ouvrier mérite son salaire » , donnèrent à l'église , pour les peine et labeur des religieux, les habits de chœur, dont le tissu est à roses rouges dorées, avec deux draps d'autel, d'un travail merveilleux et riche, pour garnir le maître-autel aux grandes solennités Ils donnèrent aussi à l'église une croix d'argent, du poids de quatre-vingts marcs ou environ, comme enfin cent écus d'or pour les charités 2 de l'abbaye , qui furent remis au religieux préposé à cette œuvre, afin d'être distribués par lui.

!. Le couvent de Saint-Denis, par lettres de l'abbé en date du 29 novembre 1426, associa à ses prières Jean, duc de Bedford , à cause de la dévotion de ce prince envers saint Denis Paréopagite , et en reconnoissance de « plusieurs chapes, chasubles et ornemens très-riches», donnés par lui à cette église (Inventaire des titres de l'abbaye à la direction générale des archives LL 1192, tome 4, page 630J. Le texte est dans Doublet , Histoire de saint Denis, 1625, in-4 0 , pages 1076-7.

2 . Œuvre pie, enrichie surtout des libéralités de Charles V. L'office du maître des charités étoit un des offices claustraux.

8 Jean Chartier. [Oct.

Peu de temps après, les ossemens du roi Henry furent portés à Westminster, où ils arrivèrent à la suite d'une heureuse traversée, et furent, à grand honneur, ensépulturés dans cette abbaye. Or il y avoitun enfant, nommé Henry, né en Angleterre de ce même roi, et de son illustre épouse Catherine. Cet enfant avoit deux ans à l'époque où mourut son père, et se gouvernoit sous la tutelle de son oncle, duc de Bedford. En tant que le royaume de France étoit alors soumis à l'obéissance des sectes ou du parti anglois, c'étoit ce duc de Bedfort qui étoit le gouverneur général, et qui seul paroissoit en avant de tous autres.

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