‹ Chronique de Charles VII, roi de FranceChapitre 38 sur 235 · CHRONIQUE FRANÇOISE · texte numérisé non relu

CHRONIQUE FRANÇOISE

DU ROI Dt FRANCE

PAR JEAN CHARTIER

Préambule.

u nom du Père , du Fils et du Saint- Esprit, de la glorieuse vierge Marie, de Monseigneur Saint Denis , patron de France, et de la béatitude céleste, cy commence la cronicque du temps de très chrestien roy Charles septiesme de ce nom, roy de France, faicte et compfllée par moy, frère Jehan Charretier, religieux et chantre de l'église Monseigneur saint Denis, cronicqueur dudit royaulme, à ce commis , ordonné et depputté de par je roy mon souverain seigneur, combien que à icelle faire suys et me réputte moindre de tous et entre les aultres plus indigne.

Lequel seigneur commença à régner et à prendre le gouvernement de son royaulme incontinent ettantost après le dueil et douloureubc très-

JEAN' CHARTIER

pas de feu de bonne mémoire son père, lequel Dieu mette en paradis. Et combien qu'il ait prins ledit gouvernement comme héritier de France, néantmoins a esté et est en guerre 1 , tribulacion et extrême division, qui a couru par longue es-

[>ace de temps et encore court, et tellement que edit royaulme est en très grant désolacion et povreté par la division qui est en icelui , car les aucuns iavourisent 2 ledit roy de France , les aucuns ledit roy d'Angleterre , et les aucuns les adhérans audit roy d'Angleterre, comme le duc de Bourgongne et autres ses adhérens et complices. Et a esté occuppé la plus grant part d'icelluy royaulme viollanment et contre raison par les dits Angloiz , anciens ennemis du dit roy et de ses prédécesseurs roys de France, comme encores est de présent. Et ont prins et applicqué les rentes et revenues des mettes et pays d'icelluy royaulme estans en leur subjection et dominacion , et joyssent J de plussieurs grans citez , villes, chasteaulx et forteresses, ou grant préjudice et dommage dudit roy Charles septième, héritier de France , et mesmement de la bonne ville et cité de Rains. Par quoy ne se peult4 encores faire sacrer ne oindre comme il est de coustume.

Toutesfois est son intencion , selon la commune renommée, au plaisir de la benoiste Trinité

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