Paris, 1625, in-4, p
Notice. ^ xj
dures et souffrant beaucoup de vexation , combien que j'estoiz et fuz sallarié et défrayé pour les despens tant de moy que de mes chevaux, par l'ordonnance et voulenté du roy, comme de tout temps estoit et est encores accoustumé 1 . » Il est donc constant que pour cette fois Jean Chartier s'étoit transporté sur le théâtre des faits qu'il rapporte»
Mais il est vraisemblable, d'une part, que, dans cette occasion, Jean Chartier fit à sa conduite antérieure une sorte d'exception , qui lui permit de visiter sa province natale. D'après les termes mêmes qu'il emploie dans le passage cité, il semble , d'un autre côté , peu probable que l'historiographe de Saint-Denis ait été encouragé à répéter, depuis ce temps , ces déplacemens de sa personne. On a vu que de 1440 à 1442, premièrement , il se trouvoit à Saint-Denis à la plus ancienne de ces dates; et, secondement, qu'il fut commis à l'administration immédiate du monastère pendant le cours de ces deux années. En 1449, un peu avant la campagne de Normandie, nous le retrouvons dans l'enceinte de son monastère , recueillant , comme historiographe-juré, le témoignage de trois Écossois, relatif à des faits récemment accomplis en Écosse*. En 1456, trois Hongrois viennent également déposer, au même lieu et entre ses mains , un
). Chronique françoise, tome II, à la date, a. Chronique françoise, à la date.
xij .4 Notice.
témoignage analogue 1 . Le passage qui se rapporte au siège de Harfleur est, dans toute la chronique de Jean Chartier, le seul et unique de son genre. Nulle part ailleurs le chroniqueur n'atteste avoir vu de ses yeux un fait accompli hors de sa résidence habituelle. Au contraire, il nous entretient , avec une prédilection très-explicable , de faits nombreux qui se sont passés dans l'abbaye même de Saint-Denis, en 1455, en 1457, en 1461, et à diverses époques intermédiaires. Tout semble dénoter, dans le caractère de ces récits, non-seulement l'hôte bien informé des lieux, mais le témoin présent et oculaire.
Ainsi donc, selon toute apparence , Jean Chartier vit s'écouler la majeure partie de ses jours sous le toit paisible et hospitalier de son monastère, loin des faits tumultueux qu'il a décrits. Prendre part à ces faits; aller en amateur, comme un autre Froissait , les chercher à leur naissance, sur le lieu même des événemens, seulement raconter avec le zèle ou la fidélité d'une émotion vraie ces actions militaires ou ces prouesses du siècle, c'étoient là, selon toute apparence, autant de tâches diamétralement antipathiques à son caractère moral, aussi bien qu'à ses aptitudes intellectuelles 2 . Les soins po-