‹ Chronique de Colmar, Volume 1Chapitre 3 sur 6 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

Le premier litre et le premier sceau que l'on connaisse, émanant de la communauté des citoyens de Colmar, sont de cette année. Ils sont conservés aux archives du Haut-Rhin, fond de Pairis. Ils consistent en un contrat par lequel les citoyens de Colmar vendent à Tabbé de Pairis des champs^ prés et marais situés autour du moulin (Widenmfihlé) et faisant partie du communal {Altiiende)^ moyennant douze marcs d'argent. Le sceau représente trois arbres ou massues terminés par une boule et au-dessous l'image d'un lion. On lit au pourtour : Sigillum Columbariensium civium.

Ce monument a été découvert en 1846 par M. Dietrich, chef de division à la préfecture, et alors archiviste-adjoint. M. Ch. Goutzviller, secrétaire en chef de la mairie de Colmar, a publié rimage du sceau dans les Curiosités d'Alsace, /'« année, planche i, fig. 4, pag. ilî. M. X. Mossmann, archiviste de la viHe de Colmar, a pris copies du contrat et du diplôme de confirmation par l'empereur Frédéric II, copies qu'il nous a obligeamment communiquées pour la rédaction de cette note.

On a varié jusqu'à présent sur l'année à laquelle il faut faire remonter la promotion du bourg de Colmar au rang de ville libre. L'existence du titre dont il est question plus haut et le diplôme de confirmation nous semblent devoir mettre fin à

rincertilude et donner raison aux historiens qui ont accordé la préférence à l'année 1214. M. Ch. Goutzwiller a bien voulu relever sut le litre originale le fac simile que nous publions.

— L'empereur Frédéric II ayant nommé, vers celte année, WolfelouWôlfelin, son préfet ou landvogt impérial en Alsace, celui-ci éleva Schlestadt au titre de ville libre, l'entoura de murailles et trouva moyen d'augmenter sa population. — Grandidier, OEuv. hist. inéd.^ tome H, pag. 156.

Le passage de la chronique de Richer de Senones sur lequel Grandidier fonde ce qu'il dit de Schlestadt s'applique également à Colmar.

— Wolfelin éleva au titre de ville libre {fecit francam) Colmar, au diocèse de Bâle, et l'entoura de murailles comme Schlestadt. — Richer, chronici SenomensU, lib. IV, cap. F/, apdu d'Achery^ spicilegium, tom. //, pag. GS1.

— L'administration de la province est confiée à un bailli général par l'empereur Frédéric II. Ce bailli était Wolfel. Il procure à Colmar, qui jusqu'alors n'avait été qu'un bourg considérable, le rang de ville en l'entourant de murailles et en lui accordant des privilèges qui attirent de nouveaux habitants. Aufschlager, Nouvelle description hist. et top. des deux départ, du Rhin^ tom. I, page 180.

Laguille place ce fait à l'année 1216 et il ajoute :

— Pour attacher aux intérêts de Frédéric II les lieux les phis importants de l'Alsace, Wolfelin donne à Colmar le titre de ville, lui accorde des privilèges et des immunités propres à y attirer beaucoup d'habitants. Cohnar commença, dès lors, à devenir une des villes les plus considérables de la province. — laguille, op. cit., tom. I, pag. 218.

— Colmar, devenu ville, eut un Schultheiss impérial exerçant la haute juridiction criminelle et les droits réservés à l'empereur. — ScAœp/ïm, Als. illust., tom. F, pag. 199.

— Le Schulthciss représente l'Empereur, commande la milice, exerce etmaintientles droits de haute juridiction et de souveraineté de l'empereur. Les écrivains contemporains le désignent sous le nom A'advocatus, capitanus^ schultheiss, selon qu'ils l'envisagent dans l'exercice de ces diverses fonctions* — Dillemann, Annmire de iSSSj pag. 369.

— Il n'existe, que nous sachions, aucun plan de la première enceinte de Colmar. L'examen de la gravure fort défectueuse que donne Sébastien Munster dans sa Cosmographey, page DCLII!^ ne permet pas d'en reconnaître avec sûreté les contours. Mais on trouve encore aujourd'hui des vestiges très-recon^ naissables de ce rudiment de fortification ; ils sont disséminés sur un assez grand nombre de points pour qu'il soit possible d'indiquer avec certitude quelle est la partie de la ville actuelle qui constituait le périmètre de la ville primitive. Du coin sud-ouest de l'enclos du Lycée^ où se trouvent encore dissimulés dans le mur les restes d'une tour primitive, l'enceinte se dirigeait, à peu près en ligne droite, jusqu'au coin du Werckhof, sur le bord de la Lauch où les assises du pavillon actuel sont incontestablement celles d'une seconde tour établie pour défendre l'entrée en ville par la rivière. Sur la rive opposée, la rive droite, il existait vraisemblablement aussi une tour pareille à celle de la rive gauche; on en reconnaît aisément les fondations dans une petite cour au fond de l'impasse appelée rue de la Herse. Du pavillon de la rive gauche, le mur de Wolfelin se dirigeait, encore à peu près^ en ligne droite, jusqu'au pont donnant accès dans la rue Turenne où se trouvait une première porte appelée Steinhrucker-Thor. Au delà, vers l'est et enclavant l'ancienne commanderie de St-Jean, le mur suivait les courbes de la rivière jusqu'à peu près au milieu du préau sttd de l'école des garçons catholiques ; puis, faisant un angle vers l'ouest de manière à rejoindre l'alignement de la

façade sud de Técole actuelle des garçons protestants, il se pro. longeait en ligne droite jusqu^à la maison qui borde, au sud, le passage couvert conduisant, à travers le canal, de la rue des Tanneurs à la petite rue dumfime nom. La maison donlil s^agit, est elle-même élevée sur les fondations d^une tour qui existait sur ce point de la première fortification. Elle prit plus tard le nom de Gerber-Thurm et de Uexen-Thnrm sous lesquels elle est encore connue de nos jours. De là, le mur se dirigeait, au nord-est, jusqu'au ruisseau appelé Schluss Bmhlein, de manière à comprendre dans Tenceinte le premier établissement des Franciscains, c'est-à-dire une partie de Peu-, clos de rhôpital actuel et Téglise ; puis, remontant vers le nord-ouest, le mur aboutissait, en longeant la rive droite du ruisseau des Clefs, à Tétranglement de la Grand'rue, en amont du temple, où se trouvait alors une deuxième porte d'entrée en ville qui, reportée plus loin à une époque plus rapprochée de nous, prit le nom de Deinheimer-Thor. Au-delà, et toujours en suivant la rive droite du ruisseau des Clefs, le mur se prolongeait jusqu'à la hauteur du pont Félix où se trouve encore, isolée de tous côtés, une maison élevée sur les fondations reconnaissables d'une tour, Celle^i avait été constn^te également au bord de l'eau pour défendre l'entrée en ville par le canal qui alors n'avait peut-êyre pas la section ou l'im* portance qu'il acquit plus tard. De ce point, le mur £ai$|iit re-^ our vers le sud-ouest, de manière à enclaver le couvent des Dominicains ou la gendarmerie actuelle, et aboutir à Tétr^Qg^ment de la rue des Serruriers, en aval de sa IHfurcation dvec la rue des Clefs, et où se trouvait une troisième porte appelée Kerker-Thor. A partir de cette porte le mur faisait retour au sud, pour aboutir, en suivant vraisemblablement le parcours qu'il occupe encore de notre temps, au coin sud^ouest du Lycée, notre point de départ. Nous donnons le plan de cette

première enceinte et de ses agrandissements successifs» au commencement de la période française, c'est-à-dire i la démolition des anciennes fortifications sous Louis XIV.

L'empereur Frédéric H Vient à Colmar en cette année. — ScktBpfliHj Ah. illust., tom. Y, pag. 198.

Il venait de Haguenau où sa présence est constatée, au m des ides de Janvier, par deux diplômes accordant des immunités à la ville de Strasbourg et des privilèges à celle de Moishelm. - AU. dipUm., tom. l pag. SSS, 334.

Sifrid, prévôt de Colmar, et André, Schullheiss du même -^ lieu, signent, comme témoins, une Charte de Tabbé Hugo, de Murbacb, dont l'original est aux archives de Saveme{(archives de rétéché). — Extrait des fio(e5 inédiUs de Grandidier.

On remarquera que c'est la première mention régulière que nous rencontrons d'un prévôt (prepositus) et d'un Sôhultheiss [ScuUetus) de Colmar.

— C'est en 1220, époque de leur affranchissement, que les bourgeois de Colmar jetèrent les fondements de l'église Saint- Martin. «^ DUlemanfiy toc. cU., pag. 366.

^ Hunkler, pag. 16i, dit à peu près la même chose; mais a ne précise pas* l'année. Il ajoute : Aussitôt que Cohnar fut élevé au rang de vUle, sa population augmenta considérablement, et Ton fut obligé de construire une église. Elle fut cornmeneée et construite principalement arec les dons volontaires de Frédéric, abbé de Munster.

Dineiiann et Hunkler n'indiquent pas sur quels titres ils basent d^eust^i précises indications. Nous ne découvrons rien qui puisse suppléer cette omission. Il est possible que la pre-

mière enceinte ne fat terminée qu'en 1220 et que, sur la foi de documents qui nous sont inconnus i ces deux écrivains fassent remonter, Pun, traffranchissementdela viUe»^ Pautre, c la fondation de Saint-Martin, » à Tannée où le mur fut achevé. Du reste il parait y avoir, relativement à la fondation de Saint- Martin, une confusion que la suite^de cette chronique rendra sensible* Lors de TétabUssement des moines de Munster à Cohnar, en 865, une chapelle dédiée à Saint-Michel fut fondée ; elle occupait, pensons-nous, la place où est maintenant le bâtiment de la police. Plus tard, lorsque le village eût grandi, on éleva une seconde église qui fut dédiée à Saint-Martin. Elle était située là où est le chœur de Téglise actuelle. Nous la verrons apparaître en 1245 et disparaître plus tard. De la première église paroissiale il ne resterait donc plus de vestige.

X^ La communauté de Cohnar, d'une part, et l'église de Payer ne, d'autre part, conviennent de composer un tribunal arbitral de i^uf juges, dont quatre élus par la communauté, quatre par réghse de Payeme et le neuvième p(ar les deux parlies, afin de vider une contestation qui s'est élevée entre la commune et la cour supérieure (Oberhof).

La transaction porte : Que la cour aura la pleine propriété de douze fauchées de prés, situées dans les pâturages communaux et dans les moissons pour en jouir comme^elle en avait coutume ; que l'église de Payerne conservera la juridiction qui lui appartient sur la ville de Colmar et ses dépendances et que, pour l'exercice de cette juridiction, la commune l'aidera de son pouvoir et de son autorité en toute occurrence où ce sera nécessaire. La commune conservera les amendes, le cornage, le tonlieu des habitants du dedans et du dehors^ le glandage et. le pâturage dans les forêts, qui n'ont pas été contestés par

rObei hof, moyennant un cens de soixante-cinq sols qui sont assignés à perpétuité à ladite cour sur la moitié de la maison aux étoffes ( Halle aux toiles '^) et du chésal situés sur la place publique; à la condition toutefois que si le revenu vient à s'accroître, la moitié de l'augmentation reviendra à l'église de Payeme. Tous les droits d'usage des forêts sont entièrement réservés à ladite église. Il est ajouté à ces clauses que si le prieur de la Cour supérieure ou son procureur se trouvent dans la nécessité de poursuivre les débiteurs de cens, et que si les débiteurs ne satisfont pas à la requête, après une citation de trois jours consécutifs et ne comparaissent pas, le prieur ou son procureur saisiront des gages dans la ville et les assigneront à ladite Cour. Relativement à la vente des pâturages faite par la commune de Colmar et au tonlieu des bourgeois de Brisach, la commune n'interviendra pas contre l'église de Payeme. Il est arrêté que chaque fois que le prieur ou son procureur intenteront une action en justice contre un tiers, leur cause aura la priorité sur les autres.

Cette pièce dont on a fait un usage erroné pour une notice sur Colmar, pag. 117 du Musée pittoresque et historique de Rothmûller^ édition de^ 186S, se trouve dans Schœpflin, Als. dipl y iom, I, pag. 356.

Pour se rendre compte du développement et de la constitution de la ville, d'après les documents connus au temps où nous sommes arrivé, il nous parait utile d'arrêter un moment l'attention du lecteur sur les faits acquis.

Le contrat de vente consenti par la commune, en 1214, au profit de l'abbaye de Pairis et la transaction qui précède, établissent que dès la première année de $on émancipation, 1214, la communauté était en possession du droit absolu de propriété des communaux; qu'en 1226 elle avait droit de juridiction sur les parties de la ville indépendantes de l'Oberhof

el de s'en attribuer les bénéfices en percevant les amendes; qu'il en était de même du cornage, impôt frappant le bétail employé au labour ou envoyé aux pâturages ; du tonlieu, impôt frappant la circulation des machandises qui arrivaient en ville ou qui en sortaient; du droit de glandage et de pâturage et enfin du droit frappant les étofles exposées en vente sur le marché de la ville.

— L'empereur Frédéric II octroie à Colmar sa Charte d'affranchissement et la déclare ville impériale. Une nombreuse poiîalation de la campagne, exposée aux guerres, aux exactions de seigneurs et au brigandage des hommes d'armes, vient y chercher la sécurité. — Dillemann, loc. cit., pag. 365.

— Hunkler, op. cit , pag. 26, dit également qu'en 1226, Frédéric II déclara Colmar ville impériale. Il ajoute que Schlestadt et Kaysersberg obtinrent la même faveur.

Dillemann et Hunkler ne fournissent aucune preuve à l'appui de leurs allégations. Nous n'avons trouvé nulle part la Charte d'affranchissement dont parle le premier. Il n'y en a pas non plus, parmi les pièces diplomatiques que nous consultons, pour Schlestadt et Kaysersberg. Nous pensons que les affirmations qui précèdent reposent sur Finterprétation trop libre du § de la chronique de Richer, de Senones, où il est question de l'affranchissement de Schlestadt, Colmar et Kaysersberg, par Wolfelin, préfet de Frédéric II. D'ailleurs il ne faut pas perdre de vue qu'au xiii^ siècle, il suffisait que, du consentement de l'empereur, une localité fût entourée de murs pour être rangée au nombre des villes libres relevant de Tempire. Il peut donc se faire que les fortifications de ces trois villes, comprises dans la même décision du préfet Wolfelin, n'aient été entièrement terminées qu'en 1226 ; que quelques-uns de leurs historiens n'aient fait dater leur affranchissement que de l'époque

de rachévement — 1216, 1220 et 1226? — d'où le défaut de concordance que nous devions constater.

Enfln^ Il faut encore remarquer qu'une grande partie de «l^ Colmar était soumise à la juridiction du monastère de Munster, de réglise de Constance et de celle de Payerne ; que cet état de choses avait été l'objet de nombreuses confirmations des empereurs et des papes ; que dès lors on peut concevoir que l'œuvre des forlifications n'ait pas été suivie immédiatement d'une Charte de franchises au profil de la communauté ^ des citoyens, afin de ne pas lui donner, dès le début, une force qui aurait pu devenir embarrassante, sauf à l'avantager plus tard et successivement, comme on le verra, c'est-à-dire lorsque^ par lui-même, l'élément communal aura acquis une force capable de seconder efficacement la politique d'émancipation de l'autorité impériale.

Le Schultheiss de Colmar signe, comme témoin, une charte ,par laquelle Henri VII, roi des Romains, permet aux citoyens de Bâie d'acquérir et de posséder des fiefs, et déclare chose jugée, en matière féod^e, tout ce qui sera prouvé par le témoignage de trois citoyens de cette ville.— TrouilUU, op. cit., tom, /, pag. SiO

On remarquera que c'est la première fois que, dans un acte public, notre ville est désignée sous le nom défintif qu'elle porte actuellement. Les noms du Schultheiss ne sont pas indiqués.

On commence le cloître des sœurs de Colmar» (Unterlindm) ^ soumises à la règle de Saint-Augustin. — Annales des Dominicains de Colmar, édition de Ch. Gérard et /. Liblin, pag. //.

~ Le couvent de Saint-Jean-Baptiste de Colmar (dit Unter-

linden) est fondé par plusieurs dames nobles et pieuses, sur le conseil du P. Walther, prieur et lecteur de Strasbourg. — Annok$ des Dominicains de Guebwiller, pag. iO.

— Le monastère des Unterlinden est fondé hors de la ville' non loin de la porte de Rouffach, près de la chapelle Saint- Jean, par Agnès de Heringheim et une autre veuve noble. — Schœpflin, Al$. illust., tom. V^ pag. 192. Schœpflin confond évidemment le lieu où était la chapelle Saint-Jean (Ufmûlen

* avec le lieu dit Unterlinden.

— Deux veuves nobles de Colmar, Agnès de Mittelheim, et Agnès de Herentheim, résolurent de construire un cloître, à la prière de Jean Walther, lecteur de l'ordre des frères prêcheurs de Strasbourg. Elles firent part de leur projet aux veuves du voisinage, qui s'y associèrent. Les deux premières se réunirent avec leurs enfants, garçons et filles, et s'établirent au faubourg, où se trouvait une cour appelée Unterlinden. Mais elles n'y demeurèrent pas longtemps, car deux autres veuves s'étant jointes à elles, leur établissement fut transféré, sur l'avis de ces dernières, à l'endroit dit Ufmûlen, près de la chapelle Saint-Jean-Baptiste, où elles s'installèrent le 23 Juin 1232. A la fête de Saint-André, de la même année, eUes étaient déjà au nombre de huit. Elles reçurent l'habit religieux de Walther, lecteur des Dominicams de Strasbourg, sous le général Jordano, construisirent des maisons et un vaste dortoir en pierres. Elles vécurent religieusement, prirent des domestiques mâles et femelles pour cultiver leurs champs et leurs vignes et reçurent, à leur table, un prêtre qui leur lisait la messe tous les jours. — Extrait d'une noHce publiée dans Hunckler, op. cit., pag. 207-212^ et communiquée à ce dernier par Vancien curé de Colmar, M. Maimbourg.

Deux bulles du pape, Grégoire IX, marquent nettement le point de départ des constructions de l'église de Saint-Martin. En considération de Pabondance des biens temporels de Saint- Martin, le pape autorise, par la première bulle^ du 9 Juin, Pérection de cette église en église collégiale, du consentement de révoque de Bâle et de Fabbé de Munster, patrons de la paroisse. Par la seconde, du 27 Juin, le pape prend sous sa protection le nouveau chapitre et lui confirme la possession de ses biens. — Schcûpflin, Als. illust., iom, F, pag. i87. Louis Schnéegans et Trouillat disent la môme chose. Revue d'Alsace, an. i852„ pag. fI5 et monum. de Vanc. évéché de Bâle, tom. /, pag. 5S8. La i^« bulle est publiée par Trouillat.

— Les religieuses A'Unterlinden sont enlevées à la Direction ^ spirituelle des frères prêcheurs de Strasbourg et soumises à celle des frères prêcheurs de Bâle. — Ch. Bartholdi, Curiosités d* Alsace, P^ année, pag. 95.

— Au môme moment, les chevaliers de Saint-Jean de Jéru- ^ salem jettent à Colmar les fondements de leur importante commanderie.

— Le couvent des Franciscains remonte à la même époque -^ S'il n'est antérieur. — X. Mossmann, Revue d'Alsace, 185 f, pag. Î33.

— Le 20 Septembre, les chevaliers de Girsberg font dona--^ tien aux chevaliers de Saint-Jean de Colmar de la chapelle de Saint-Martin, fondée par eux sur le territoire de Wihr-au- Val. Le titre est publié. — X* Mossmann, ibidem, pag. 239.

M. Mossmann pense, loc. cit., pag. S34 et 235, que l'hôpital, dont il sera question plus loin, existait avant 1234, et qu'il était indépendant de la commanderie.

L'empereur Frédéric II vint à Colmar avec une multitude de chameaux. — L'arrivée de Frédéric eut lieu au mois de Mars : Tusage des chameaux était un emprunt qu'il avait fait aux habitudes des princes de rOrient pendant son séjour en Palestine. Ils produisirent un grand effet sur le peuple, qui ne les connaissait, pour ainsi dire, que de nom. — Annales des Dominicains de Colmar, édit. de Ch Girard et J Liblin, pag. 13 et note 3.

— Hunkler, pag. 25, ajoute qu'il fut reçu avec enthousiasme.

— L'empereur, qui venait de convoler, à Worms, en troisièmes noces, avait établi sa cour à Haguenau où il passa tout rhiver, visitant, avec la suite qui a frappé l'annaliste de Colmar, les différentes villes du pays. — Trithéme, Annales d'Hirsauge, tom. /, pag. 565.

— Marquard, Schultbeiss, de Colmar, signe comme témoin une transaction qui intervient entre les comtes de Ferrette et

l'abbé de Murbach, au sujet du tonlieu du val de Saint- Amarin

A*^'.Ii2u^ ^^ ^^ l'usufruit des cours d'Oltingen, Lutran, Délie et

Balschwiller. — Schœpflin, Als. diplom., tom. I, pag. 373.

Schœpflin ajoute, Ab. illust.^tom. V, pag. 199^ que le nom de

la famille Schullheiss qu'il a rencontré parmi ceux des nobles

de Colmar, prouve que cette charge a été héréditaire et que les

plébéiens y furent rarement admis. Le premier Schultbeiss,

André, que nous avons rencontré en 1220, aurait donc été de

cette famille. Le premier plébéien que nous rencontrerons

bientôt sera Jean Rœsselmann, fils d'un cordonnier de Turck-

heim.

L'empereur Frédéric II était de nouveau à Colmar au mois de Mars de cette année^ alors qu'il était maître de l'Empire.

Un diplôme de ce prince, confirmant à la ville de Strasbourg

ses droits et ses privilèges, le constate. Le diplôme est donné

of/ud Columbariam, mense Martii. — Wencker, de U$burgeri$^ pag. 7-9.

— L'empereur Frédéric II, étant à Spire au mois d'Avril, j^

donne un diplôme par lequel il renouvelle en faveur de ré->

glise de Payeme la confirmation de ses biens et de ses droits

à Colmar, spécifiés dans le diplôme de Frédéric Barberoosse

de 1153. — Schœpflin^ Als. diplom., tom. l, pag. S77.

Henri de Thoune, évéque de Bâie, règle les statuts de la ^ collégiale de Saint-Martin de Colmar. Après le décès ou la retraite de maître Henri, tous les revenus de la prévôté seront affectés au profit des chanoines. Les chanoines éliront le pré-* vôt qui recevra Tinvestiture de Tabbé de Munster et lui jurera fidélité. Le prévôt touchera annuellement, sur les revenus de l'église, outre sa prébende qui lui sera payée sans aucune retenue, quHl soit présent ou absent, une somme de dix livres et dix hectolitres (viertel, quartalia) d^avoine pour le service de récurie. L'abbé de Munster mstitue le doyen du chapitre qui n'est pas soumis à l'élection et qui reçoit de l'évéque de Bâle le droit de direction des chanoines et des habitants, après avoir au préalable prêté serment de fidélité à l'abbé de Munster. Une prébende est réservée pour être conférée par l'abbé de Munster à qui il lui plaira et sans être obligé de prendre ravis des chanoines. Le doyen recevra annuellement, sur les revenus de Téglise, douze livres, monnaie de Bâle, trente hectolitres de blé, douze de seigle et quinze d'orge; trente mesures de vin, dont la moitié en vin blanc et l'autre moitié en vin rouge. Il sera le custos de l'église et aura un vicaire pris en dehors des chanoines, lequel servira au chœur avec le chanoine semainier, mais ne pourra chanter la messe au maltre-

autel, prérogative réservée aux chanoines et à Tabbé de Saint- Grégoire, etc , etc. Notons encore que le règlement porte : que l'abbé de Munster viendra à Cohnar une fois l'an, avec une suite de douze chevaux et sera reçu par les chanoines le soir et le matin ; que les chanoines de Colmar iront à Munster, également une fois Tan, en procession avec leurs paroissiens de Cohnar. Le custos de Munster donnera à dîner aux seuls chanoines. — Schœpflin, Als. diplom,, tom. J, pag. 379-380 et TrouilUa, op. cit., tom. I, pag. 545-546.

^ La veille de la Toussaint, les sœurs d'Unterllnden sont autorisées à suivre la règle et à porter Phabit des Frères Prêcheurs (Dominicains). — Ch. Bartholdi, loc. cil.j pag. 95.

Cette indication né repose sur aucune preuve. Mais elle doit exister aux archives de la viUe, car la notice de M. Bartholdi a été écrite sur les indications fournies par M. Hugot qui s'est spécialement occupé de rhistoire des Unlerlinden. Toutefois, il est probable qu'il ne s'agit que.de l'autorisation donnée par leur directeur spirituel, car nous verrons que ce n'est qu'en 1245 qu'elles furent autorisées pontificalement.

On prêche en Alsace la croisade contre les Sarrasins. — Godefrcn d'Ensniingen. chron. inéd.^ fol. 48. — Extrait des notes inéd. de Grandidier.

Wemer de Elzebach était prévôt de Saint-Martin de Colmar; n figure comme témoin d'une charte, du 17 Janvier, par laquelle Henri de Raedersdorff résigne au chapitre de Bâle trois maisons qu'il possède en cette ville. Trouillat, op. cit., totn. H, page 60.

— Les deux premières fondatrices du couvent des sœurs, ^ établies uf Mûlén dès la Saint-André 1232, parlent pour visiter

le couvent de Saint-Dominique, prendre le plan de la maison et le modèle de l'habit de l'ordre. Elles obtiennent du pape, Innocent lY, la confirmation de leur établissement. La bulle fut expédiée la veille de la Toussaint. — Notice communiquée à Hunkler, op. cfr., page 209.

— Le XXIIL des calendes d'Octobre, le pape, Innocent IV, ^ donne une bulle qui place sous la règle de Saint-Augustin les religieuses établies uf Mûleny confirme au monastère les biens qui lui appartiennent , les exempte de la dlme et donne des règlements intérieurs au couvent qui est définitivement constitué. La bulle est publiée dans les Curiosités d'Alsace,

i^ année, pag. 87-90.

— Le pape. Innocent IV, donne, le 10 Novembre, une bulle confirmant le statut du chapitre de Saint-Martin de Colmar, et fixant à seize le nombre des chanoines. — Louis Schnéegans, Revue d'Alsace^ année 1852, page 276.

— La construction de l'église Saint-Martin est contemporaine de l'institution du chapitre. Le temple primitif fut provisoirement conservé : on le réserva pour servir de chœur. — Louis Schnéegans, ibidem, page 270 et Musée pittoresque, page 118. Conf. année 1220.

n y eut un combat à Feldkirch, près de Colmar.— Annales des Dominicains de Colmar, édit. cit.y page 17.

— Ce combat eut lieu le 14 Septembre entre les bourgeois de RûufTach et ceux de Colmar. Rouffach, ville des domaines de l'évôché de Strasbourg, s'était mise du parti de l'évêque, Henri de Stahleck, contre l'empereur Frédéric II, tandis que Colmar, qui n'avait reçu que des faveurs de. l'empereur était resté passionnément attaché à ses intérêts, malgré la déposi-

lion et Texcommunication prononcées contre lui au concile de Lyon. Le théâtre de ce combat doit être placé dans la plaine qui s'étend devant le village de Wettolsheim. Il existait à cet endroit, et absolument isolée dans les champs, une église dite : Feldkirch, dont la tradition populaire fait remonter Torigine à rétablissement du christianisme en Alsace. EUe â été détruite au commencement de ce siècle. •— Ibidem, note î. de Ck. Gérard et J. Liblifiy éditeurs des annales,

La note qui précède est erronée : elle doit s'appliquer à la mention, faite par Tannaliste, du combatqu'il signale enrannéc 1248. Il se peut que ceux de Colmar et de Rouffach aient fait les frais du combat de 1246 ou y aient pris part. Mais rien ne rétablit. Il n'y a donc lieu de retenir, quant à présent, que le fait et les indications concernant la chapelle qui est d'ailleurs signalée sur la carte de Specklin de 1576, sur le plan de Colmar delà cosmographie de Sébastien Munster, pageDLII, sur le plan de la même ville de la topographie de Mérian et d'autres après eux.

— Aufschlager, tom. I, page iSS, place, par erreur, en 1247 le combat qui fut livré par les habitants de Rouffach à ceux de Colmar. Il ajoute: le Landgrave de Thuringe, Henri Raspon, (Pfaffenkœnig — Roi des prêtres, parce que les prêtres l'avaient fait roi des Romains), étant mort, le pape. Innocent IV, oppose à Frédéric II et à Conrad IV, son fils, Guillaume de Hollande. Colmar demeure attaché à Frédéric, tandis que révêque et Strasbourg sont pour Guillaume. La guerre civile désole PAlsace. Le^ habitants de Rouffach, qui tiennent pour révêque, remportent une victoire sur ceux de Colmar. En revanche, le roi, Conrad IV, saccage Sainte-Croix.

— Dillemann, loc cit , page STS^ commet la même erreur de date. Il dit : Henri de Stahleck, profitant des troubles de J'interrègne voulut étendre sa domination sur les villes impë-'^

riales. Les habitants de Rouffach se mettent en campagne contre leurs voisins de Colmar. La rencontre fut fatale à ces derniers.

Voyez sur cette bataille Tannée 1248.

— Afin de défendre ses droits, Colmar entre dans Talliance des villes d'Alsace et des seigneurs voisins. — Hunkler, op. cit.^ page S6.

On ne sait où Hunkler a pris ce renseignement. La confédération à laquelle il fait allusion ne date que de 1254, ainsi qu'on le Verra. Il est possible que huit ans auparavant on ait eu déjà le désir, le projet môme de la former. Mais sa formation ne remonte qu'à Tannée précitée et sa conclusion définitive en 1256, de sorte que la négociation d'un projet, formé depuis huit ans, aurait encore duré près de trois années.

Les habitants de Rouffach défirent ceux de Colmar et en prirent un grand nombre. —Annales des Dominicains de Colmar^ édit, cit., page 17.

— La première guerre que Colmar eut à soutenir fut contre les habitants de Rouffach qui défendaient la cause de Tévôque de Strasbourg voulant profiler de l'anarchie de Tempire pour soumettre à son autorité temporelle les villes impériales. Ceux de Colmar furent vaincus, mais nous les verrons bientôt prendre leur revanche. — Schœpflin, Als. illust., tom. V^page

— Colmar, se souvenant des grâces reçues de Frédéric, ne peut se résigner à déserter sa cause et la défend contre Guillaume de Hollande que Strasbourg et Tévôque soutiennent. Rouffach qui tenait pour Tévôque attaque les habitants de Colmar. Le combat fut sanglant. Rouffach eut tout Tavantage e^ sa victoire fut signalée par la prise de nombreux colma-

riens qu'elle fit prisonniers. — Laguille , op , tom. /, page

^ Bertholde (de Ferrette), évoque de Bâle, écrit un mandement par lequel il invite tous les « archi-prôtres, doyens, curés, vicaires et chanoines de son diocèse à contribuer aux frais qu'occasionnera la reconstruction de l'Oberhof du prieuré de Saint-Pierre » ruiné et incendié par les guerres de l'interrègne. — Billing^ loc. a7., num XX7, du 17 Mai 1777 ^ page S8G.

Billing et après lui Hunkler font seuls mention de ce mandement. Selon sa coutume, Hunkler affirme sans indiquer de source ; Billing place entre guillemets ce qu'il écrit, et cela semble prouver qu'il a extrait le fait, soit du mandement même de l'évéque, soit d'une relation dé seconde main. Si l'on admet ce mandement, on peut conclure, avec quelque apparence de certitude, que les dégâts qu'il s'agit de réparer sont le résultat de l'attaque de Colmar par les habitants de Rouffach l'année précédente, et qui se termina par la défaite de Colmar combattant pour l'empire contre la papauté, que Rouffach soutenait avec la ville de Strasbourg et son évoque.

Un acte émanant de la ville de Brisach fournit la première preuve de l'existence de la pélèbre ligue des villes rhénanes et tout porte à croire que l'idée de la confédération est née dans le Haut-Rhin. — Musée pittoresque , page if 9.

L'acte auquel Fauteur fait allusion est publié dans les Regestes imp, de Bœhmer.

Outre l'hôpital, Colmar eut dès la deuxième moitié duxiii« siècle, sa léproserie ou maladrerie. Le canton Guthleuten (des pauvres gens), tire son nom de la léproserie qui y était située. — X. MossmanUy Revue d'Alsace, 1851, page 243.

— Au milieu du xiip siècle l'église de la Trinité et le cou- ^ vent des Franciscains furent bâtis dans les environs du moulin

à moutarde (Senftmûhle)^ au bord du ruisseau des clefs, au moyen de legs et d'aumônes des bourgeois de Colmar. — Hunkler^ op. cit. pag. 190.

— Schœpflin n'a pas trouvé de traces d'un sénat à Colmar avant le milieu du xiii® siècle. — Als. IllusU, tom. F, page

L'église de Saint-Pierre de Colmar, desservie par quelques *^ religieux bénédictins, ayant été* dépouillée de ses biens et brûlée, est relevée à l'aïde d'aumônes. — Schœpflin, ibidem, page i89.

— Le Schultheiss et les citoyens de Colmar écrivent aux -^ Schultheiss et aux citoyens des villes deHaguenau, Schlestadt, Kaysersberg, Brisach, Neubourg, Mulhouse, Rheinfelden, Soleure, Berne, Zurich et SHaffhouse, pour recommander à leur protection et à leur sollicitude charitable les envoyés de l'église de Saint-Pierre de Colmar, ruinée par suite des guerres entre la papauté et l'empire, et incendiée ensuite de fond en comble. — Schœpflin, Als. diplom., tom. I,page 406.

L'auteur de la notice du Musée piltoresque et historique, page i19, verrait volontiers dans ces villes les premiers membres de la confédération rhénane.

— Dans le même temps, H., prieur de Payerne, informe le -^ chapitre de Cluny qu'étant venu en Allemagne visiter sa maison de Colmar, il l'a trouvée si désolée et si pauvre que

les moines, qui y servent Dieu, n'ont pas de quoi se nourrir. — Cartulaire de Vabbaye de Moneslier en Velay, dans la bibliothèque du Roi. — Extrait des notes inédites de Grandidier.

— Les troubles que cause l'interrègne engagent quelques princes et quelques villes à former une fédération qui est

conclue à Mayence le 29 Juin. Colmar, Strasbourg, Brisach, Schlestadt, Haguenau et Wissembourg prennent part à cette alliance. — Schatenus, Annales Paderhorn^ paru 2^ lib. XI, page 68. — Notes inédites de Grandidier.

-^ Les religieuses établies ufMûlen quittent cet endroit parce qu'elles sont journellement exposées aux incursions des hommes d'armes. Elles reviennent à leur cour dite Unterlinden « où elles trouvent le bonheur, vivent dans la piété et assurent le salut de leur âme.:& — Notice communiquée à Hunkler par M. le curé Maimbourg.

La notice ajoute que la détermination de quitter l'établissement uf Mûlen, qui demeura sans destination après le départ des religieuses, fut surtout motivée par l'apparition de St.-Jean qui leur conseilla c de retourner à Untcrlindenj où il serait * leur soutien et leur protecteur. Elles prirent ainsi St.-Jean, « avec joie, pour leur patron, comme auparavant (1232) elles « avaient accepté St.-André lorsqu'elles prirent l'habit reli- « gieux au lieu dit uf Miilen. Devant cette image de St.-Jean « s'obtiennent encore journellement des grâces et s'accomplis- « sent des miracles.

« A Unterlinden les religieuses « Vivent en sûreté et sont heureuses; « Elles cultivent la piété, « Pour vivre dans l'élernité.

« Ainsi s'exprime leur chronique. »

M. Maimbourg a montré à Hunkler unp statue en bois « qui porte le cachet d'une haute antiquité. » Elle représente Saint- Jean, patron des Unterlinden. Les quelques mots qu'en dit Hunkler laissent entrevoir que, dans sa pensée et celle de M. Maim- , bourg, cette statue pourrait bien être l'image primitive du /lùnp^ saint adoré dans la chapelle de St.-Jean uf Milieu,

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