‹ Chronique de Colmar, Volume 1Chapitre 4 sur 6 · STATUETTE DE SMEAN DES MOULINS · texte numérisé non relu

STATUETTE DE SMEAN DES MOULINS

Nous avons voulu nous assurer par nous-môme de l'existence et du sort de cette statue. Voici les renseignements que nous avons recueillis.

Lorsqu'à la révolution les sœurs se dispersèrent, il fut permis à chacune d'elles d'emporter un des objets qui avaient servi à la célébration du culte. Quatre d'entr'ellos se retirèren dans une maison privée de Colmar où elles vécurent pendant de longues années de leur ancienne vie monastique. Ce fut l'une de ces quatre qui emporta la statue de St.-Jean. Il fut convenu qu'à la mort de l'une ou de l'autre l'objet qu'elle tenait du couvent serait légué à l'une des survivantes. St.-Jean échut à Gertrude Taud dont la famille existe encore. Mais la statue était habillée ; des bras et des mains postiches sortant du vêtement cachaient les bras et les mains de la sculpture. Les mains croisées portaient l'agneau et la croix, en argent massif, reposant sur un piédestal formant coffret, dans lequel étaient renfermées des reliques, ou fragments d'étoffes provenant vraisemblablement du vêtement des supérieures décédées. Un jour vint où la légataire, Gertrude Taud, dut remettre la statue habillée à un orfèvre de Colmar pour réparer les injures du temps; mais Gertrude conserva chez elle le bijou représentant l'agneau et renfermant les reliques. Or, la statue fut retirée des mains de l'orfèvre par une autre sœur, Séraphine Richert, qui en ambitionnait la possession. A partir de ce moment St.-Jean eut une compagne qui ne le quitta plus. Les dames portaient alors au bras un sac que l'on a appelé jusque dans ces derniers temps un Ridicule. C'est dans ce sac que Séraphine Richert n'a cessé, jusqu'à sa mort, de donner asile à la statue de St.-Jean. On raconte, dans la famille de Gertrude Taud, que Séraphine eut, à deux ou trois reprises, le projet de livrer cette statue, dès qu'elle fut en sa possession, à un ecclésiastique d'outre-Rhin ; que deux fois elle dut sortir de

la nacelle qui devait la passer sur l'autre rive à Brisach, la nacelle ne pouvant démarrer parce que, par un effet surnaturel de la volonté de St.-Jean, la statue devait rester au pays. Quoi qu'il en soit, elle y est restée et voici la seconde phase de son histoire moderne.

Séraphine Richert avait pour directeur de conscience M. l'abbé Mayblum, vicaire de la paroisse. Il était naturel que, dans un entretien de confiance, M. l'abbé Mayblum exprimât à sa cliente l'intérêt (fu'un ecclésiastique porte à la réintégration dans le trésor de la paroisse d'un objet du culte. Cette pensée, manifestée avec discrétion, eut pour conséquence d'éloigner Séraphine Richert du prêtre qui avait sa préférence et dès ce jour la statue de St.-Jean fut gardée à vue plus sévèrement. M. l'abbé Deschamps, décédé curé à Orbey, succéda à son ami M. l'abbé Mayblum, et lorsque l'ancienne religieuse mourut elle légua St.-Jean à son confesseur. Dès ce moment il fut acquis à M. le curé Maimbourg qui le fit voir à Hunkler lorsqu'il écrivait ses fragments de l'histoire de Colmar.

Quelque temps après, une dame pieuse fonda dans sa propriété située hors de ville, sur la route de Bâle, une chapelle pour laquelle on sollicita la statue' des Unterlinden. M. Maimbourg consentit à la livrer. L'ancien bibliothécaire-archiviste de la ville, M. Hugot, obtint, au préalable, la permission de la mouler. Il en tira un exemplaire pour le musée et quelques autres pour les personnes qu'elle intéressait, puis elle passa entre les mains de la dame dont il s'agit, qui la fit dorer sur tous les côtés et la logea dans la chapelle qui venait d'être ouverte. Des malheurs domestiques la firent bientôt revenir entre les mains de M. le curé Maimbourg, pour passer de là à l'oratoire des sœurs de Niederbronn où elle est en ce moment et où M. Ch. Goutzwiller en a pris le dessin qui accompagne cette relation.

Dans les familles des anciennes religieuses, la tradition n'est pas d'accord sur l'origine de cette statue. Gertrude Taud l'expliquait ainsi : quand on construisit l'église du couvent, les religieuses s'ingéniaient à lui trouver un patron. Une voix se fit entendre, disant : « creusez le sol à cette place et à quelque profondeur^ vous y trouverez le patron de votre église.* On obéit et Ton découvrit, en effet, la statue de St.-Jean qui manifesta ainsi son pouvoir par ce premier miracle. Dans d'autres familles, la tradition dit que lorsque les religieuses quittèrent le lieu Uf Mûlen, la statue leur dit : a Emmenez-moi aussi avec vous. Nehmet mich auch mit. » C'est évidemment cette dernière leçon qui se rapproche le plus de la vérité historique.

Mais quittons la légende pour revenir à l'histoire.

— Les nones d'Unterlinden, fondées selon la règle de Saint- Augustin, adoptent celle de St.- Dominique et se transportent en ville. — Schœpflin, Als. illust., tom. 7, pag. 192. —-Annales des Dominicains, pn g. 19. — Hnnhler^ pag. 120,

— Par actes, datés de Strasbourg, le cardinal Hugo, de l'ordre des prêtres au titre de Sle-Sabine, confirme la translation du couvent des sœurs au lieu dit Unterlinden et invite les fidèles à contribuer à la construction de leur église de St.-Jean- Baptiste. — Ch. Bartholdi, loc. cil pag. 97.

— Elles construisent, à côté de la première maison (la cour Unterlinden) Taile ouest du cloître, de manière à n'en former qu'une seule. — Ibdem, pag. 102.

— Les travaux de restauration de cette galerie ouest ont fait découvrir quelques parties de la maison primitive, du berceau de la communauté, c'est-à-dire de l'habitation privée où, dans l'origine, les deux fondatrices s'étaient établies avec leurs enfants. — Louis Hugot, livret indicateur du musée^ éditcit.^ pag. 6.

Les parties retrouvées, auxquelles l'auteur du livret faitallu.

sion, sont celles qui ont été si scrupuleusement respectées, si intelligemment restaurées dans la galerie ouest du cloître, et que le public en général regarde comme un fragment de l'ancienne chapelle St.-Jean, grâce peut-être à la môme confusion commise par quelques-uns de nos historiographes d'occasion. La primitive chapelle de St.-Jean n'était point à Unlerlinden r elle était au lieu dit vf Mulen, c'est-à-dire sur le bord du canal, en face du magasin à tabacs. Un débris de cette chapelle existe encore et forme la chambre d'en bas d'une maisonnele de jardin dont nous aurons à parler, si nous conduisons ce travail jusqu'à la Révolution.

M. Hugot dit positivement, et avec raison, que les restes découverts dans la galerie ouest du cloître des Unterlinden sont les parties conservées de la cour d'Unterlinden, antérieures d'un siècle et môme plus à la détermination d'Agnès de Herkenheim (Hergheim) et d'Agnès de Mittelheim (Mittelwihr ?) de se réunir dans celte cour avec leurs enfants et d'y vivre on commun. Sur la façade extéiieure et correspondante de l'aile ouest, apparaissent des parties non moins curieuses de cette cour primitive. Elles méritent autant d'égards que celles de la façade intérieure. Nous prévoyons que prochainement cet édifice sera restauré à l'extérieur et que les parties signalées seront comprises dans le devis ou le plan général des travaux. Nous demandons une exception pour cette surface extérieure du mur. Elle ne peut ôtre traitée de la môme façon que d'autres parties. Elle exige que l'on s'inspire des procédés que MM. Hugot et l'architecte Geiger ont mis en œuvre. Il ne s'agit point de maçonnerie ou de taille courante de la pierre. Il s'agit de faire revivre à l'extérieur, comme à l'intérieur du cloître, un échantillon authentique d'architecture privée ou civile du XII® siècle. C'est, paraît-il, le seul échantillon qui existe en Alsace et dès lors il mérite qu'on lui

continue les soins particuliers que Ton a donnés à la façade correspondante.

— Le premier hôpital de Colmar faisait déjà partie, en 4252, de la maison des chevaliers dé St.-Jean et il paraît avoir été construit en même temps que celte maison. Sa chapelle, sous rinvocation du Saint-Esprit, était renommée et attirait en pèlerinage des personnes atteintes de différentes maladies. Les papes attachèrent des indulgences à la fréquentation de ce pèlerinage. — Hunkler, op. cit., pag, 235-236.

n y a toujours Ueu de regretter que cet écrivain ne cite aucune des sources où il a pris ses informations. Une seule bulle d'indulgences antérieure à 1252, ou môme de cette année, les mettrait à l'abri de suspicion. On verra que le premier titre connu, concernant l'hôpital, date de 1255.

A cette époque déjà, la confédération des villes, d3nt Colmar faisait partie, avait pris une influence décisive : elle pourvoyait par elle-même à la sécurité des routes, à la liberté du commerce et de la navigation du Rhin. Une expédition militaire ne pouvait se décider que par les villes, et non par les nobles. La protection de la ligue s'étendait indifféremment sur le noble et le plébéien, le bourgeois et le paysan, le clerc et le laïque, le juif et le chrétien. Le taux de l'intérêt est fixé par livre à deux deniers pour le prêt à la semaine, à quatre sous pour le prêt à l'année. Mais le prêt à intérêt est réservé aux juifs; l'église excommuniait les chrétiens qui s'y Uvraient. — Musée pittoresque, cit. pag. 119^ d'après le code diplomatique de Bœhmer, pag. 103 et 199.

Le premier titre connu jusqu'à i résent attestant l'existence deJ'hôpital et le concernant, est du mois de Février de cçlte

année. C'est un acte par lequel la ville de Colmar et Henri de Blienswiller, chevalier, font abandon de certaines propriétés litigieuses à l'hôpital du St.-Esprit de Colmar, à la condition que chaque année une réfection abondante soit servie aux infirmes. — X. Mossmann, Revue (T Alsace, i85f, pag, 235.

Ce titre sur parchemin avait été déposé dans le mur du bâtiment, où il fut découvert en 160 i lorsque l'on construisit le gymnase protestant à la place de l'hôpital. Le titre est aux archives de rhospice. M. Mossmann en a publié le texte dans la RemWy pag, cit

Le texte porte que les biens abandonnés à l'hospice sont situés in banno Wossenhein, Ne faut-il par lire : in banno Woffenheim, c'est-à-dire Ste-Groix? Et dès-lors, ne s'agit-il pas de la forêt de la Sem ou tout au moins de la partie de cette forêt qui est sur l'autre rive de la Thur et qui est encore aujourd'lyii la propriété de l'hôpital?

— Le 18 Mars, Pierre, légat du siège apostolique, accorde une bulle d'indulgence de quarante jours aux fidèles qui viendront en aide, par dons et aumônes, à l'entretien des pauvres recueillis par l'hôpital. — X. Mossmann, loc. cit, pag, 236,

Le texte de la bulle est également publié dans la Revue,

— Frédéric II étant mort en 1250 et son fils Conrad IV en 1254, le duché d'Alsace revint au fils de ce dernier, Conradin, âgé de deux ans et héritier des royaumes de Naples et de Sicile. Mais une horrible confusion règne en Allemagne. Les plus faibles sont opprimés par les plus forts; les lois étant oubliées et la justice proscrite, ce n'est de toutes parts que rapines et brigandages. Dans de si tristes conjonctures on cherche à établir une confédération pour la défense et la sûreté communes, choisissant ses chefs pour veiller à l'exécution de ce qui sera réglé. Colmar entre dans cette confédération. — Schœpflin, Laguille et autres.

— Le récès de la diète deWorms, du 14 Octobre, mentionne Colmar au dixième rang, à la tôle de toutes les cités secondaires d'Alsace et Guillaume de Hollande, en confirmant la ligue, le 10 Novembre (à Oppenheim), nomma pour juger les différends qui surviendraient dans son sein, le prévôt (Schultheiss) de Colmar avec ceux de Franckfort, Oppenheim et Ilaguenau. — Musée pittoresque, cit, pag. 129,

Voyez ce qui a été dit au sujet de cette ligue aux années 1246, 1250 et 1251.

— Un long extrait de l'acte de confédération, conclu pour dix ans, est publié avec la date des années 1254, 1255 et 1256, dans Trouillat, op, cit. pag. 607 - 61 i; Colmar y figure, en effet, au dixième rang parmi plus de quarante villes qui avaient adhéré en 1256.

— Le roi Guillaume étant à Haguenau, donne, le VI des ides de Mars, un diplôme confirmant à la ville de Cohnar les droits et privilèges concédés par ses prédécesseurs. -- Schœpflin, Als., illust.y tom. Y, pag. 195.

Le diplôme auquel Schœpflin fait allusion dans son Alsace illustrée, il le publie dans son Alsace diplomatique, tom. I, pag. 413. Le texte ne spécifie pas. Il porte : tous les droits, libertés et privilèges qui ont été concédés aux citoyens de Colmar, en retour de leur fidélité à Tem^ire, par les rois des Romains et les empereurs nos prédécesseurs.

Si, comme nous le croyons, il y a absence de diplôme antérieur définissant ces droits, libertés et privilèges, il faudrait, pour en faire état, connaître les actes passés depuis 1214 et même dans les temps antérieurs, par la commune ou en son nom. Nous avons dégagé du contrat de 1214 et de la transaction de 1226 les droits qui en découlent pour la communauté des citoyens; si importants qu'ils soient, ils ne constituent certainement pas toute la somme des droits, libertés et privi-

léges dont elle était en jouissance, mais ils sont assez considérables déjà pour comprendre que, restreints aux proportions connues, ils aient été suffisants pour motiver de la part d'un empereur à la cause duquel Colmar fut opposé jusqu'en 1254, la confirmation écrite des droits que ses prédécesseurs avaient concédés verbalement peut-être ou môme par simple tolérance. Quoi qu'il en soit, ce qui paraît acquis, dès ce moment, c'est que la commune avait attiré à soi le bénéfice de coutumes et d'usages dont l'exercice a fini par lui donner, en 121 i, sinon antérieurement déjà, le droit de traiter d'égal à égal avec les églises qui se partageaient la juridiction du territoire. Vers la fin de ce siècle on verra la commune en possession, de plus en plus régulière, de droits qui formeront, bientôt après, le code municipal destiné à la régir pendant des siècles.

Notons ici, parmi les droits dont la commune aurait été en • possession avant qu'elle fut élevée au rang de ville, une mention qui aurait peut-être besoin d'être justifiée avec plus de précision.

— Le magistrat, usant du droit que sa charte communale lui conférait, institua en 1205 la foire de Saint-Martin. Elle devait durer quatre jours et commencer la veille de la fête patronale. — Musée pittoresque et historique de Rolhmuller, pag. 125.

L'auteur s'appuie sur des titres qui existent aux archives de la ville, mais qu'il ne désigne pas. — Quant au mot charte employé par lui, il ne f^ut vraisemblablement pas s'y arrêter dans le sens vrai du mot, car Colmar était encore un bourg et l'on ne trouve nulle part qu'il ait été de la part des rois ou des empereurs l'objet de concessions directes. Le mot charte ne doit donc être pris que dans le sens d'une mesure arrêtée par ceux qui administraient le bourg, d'instituer le marché, la foire ou la fête civile de Saint-Martin, en un mot la Kûlhe^ qui serait ainsi Torigine de nos foires et marchés.

Une chapelle est élevée dans Penceinte même de Phôpital. Nous avons sous les yeux le docume/it qui le prouve. — X. MossmanUy Revue d'Alsace, 1851, pag, 237,

M. Mossmann fait allusion au titre suivant.

— Bertholde de Ferrette, évoque de Bâle, fait la consécration et arrête les statuts d'une chapelle pour l'hôpital de Colmar. — Trouillat, op, cit., pag, 640,

Ce document contient des indications qu'il est utile de signaler.

L'évêque étant venu à Colmar précédemment pour relever cette ville des sentences prononcées contre elle à propos de la discorde générale, les citoyens le pillèrent de faire la consécration de la chapelle de Thôpiial. Mais cette mesure paraissant devoir causer du préjudice à l'église paroissiale, l'évêque différa la consécration jusqu'à ce que les intérêts de cette dernière fussent garantis. Le chapitre ayant donné son consentement, l'évêque consacre la chapelle, le 12 Juin, et stipule qu'elle ne pourra jamais être agrandie; que la messe y sera célébrée à d'autres heures que celle de la paroisse ; que la cloche sera sonnée à des heures différentes de celles où Saint- Martin fait entendre le son des siennes, excepté à l'anniversaire de la dédicace de la chapelle, jour auquel le chapelain fera l'office et l'annoncera par la cloche à l'heure qui lui conviendra. Le personnel de la chapelle et de l'hôpital, ainsi que la population de l'établissement, demeurent soumis à l'autorité spirituelle du doyen du chapitre. Pour indemniser celui-ci de 'a part des offrandes faites à la chapelle, il sera prélevé sur les revenus de l'hôpital quatre livres quatre sols, monnaie de Bâle; quatre livres et deux chapons sur la maison occupée par Dideric D'Owner; cinq sols et deux poulets 5ur la maison

d'Henri Isensmit; deux sols sur le jardin de Henri, receveur du tonlieu a«/* ilfwHm et enfin un sol, plus un chapon sur le jardin de la fille des schnnrbers, situé au delà du pont de pierres. Le droit de contrôler les comptes annuels de l'hôpital est réservé au doyen du chapitre , assisté de deux citoyens choisis parmi les plus honnêtes de la ville. — La charte est également publiée par M. Mossmann, loc. cit. pog. 338-339, Il importe de remarquer — on verra tout à l'heure pourquoi — que dès 1254 peut-être, 1255 probablement et certainement dès le commencement de 1256, la ville de Colmar avait été relevée de Texcommunication qui la frappait à cause de i la discorde générale, ^ c'est-à-dire de 'l'appui qu'elle donnait à la cause de l'empire contre celle de la papauté. Il est donc certain qu'après la mort de Conrad IV, Colmar abandonna la cause de Conradin, son fils, et se rallia à la cause de Guillaume de Hollande qui lui confirma, comme on l'a vu l'année précédente, ses droits, libertés et privilèges. Dès 'ce moment donc, la cause d'inimitié qui existait entre les habitants de Rouffach et la ville de Colmar n'existait plus, puisque ces deux localités marchaient désormais sous la même bannière. Et cependant :

— A la Ste-Croix de la vendange, les citoyens de Colmar se rencontrèrent avec ceux de Rouffach, au lieu appelé Tiefenbach^ et ceux de Colmar remportèrent la victoire sur leurs adversaires. — Kœnigshoweny Chron., cap, V, pag, 314,

— Les annales des Dominicains de Colmar ne font pas mention de cette rencontre. Mais elles disent qu'il y eut famine en cette année.

— La chronique des Franciscains de Colmar constate ceci : « En 1256, une grande bataille fut livrée à Feldkirch près de (c Colmar. A la suite de cette bataille ceux de Colmar firent « prisonniers ceux de Rouffach.» — Hunkler, op. cit,,pag, 108,

Nous n'aurions pas fait mention de ce passage de Hunkler si, contrairemant à son habitude, il ne voulait paraître avoir tiré cette citation de la chronique contemporaine des Franciscains de Colmar. Or, rien ne paraîtra plus douteux : d'abord le texte môme rappelle trop bien le fait signalé par l'annaliste dominicain de Colmar en 1246 et même l'attaque de 1248 ; ensuite, quiconque a un peu étudié notre histoire sait que, dès le siècle dernier, on a perdu la trace de la chronique des Franciscains de Colmar, de sorte que l'on peut à bon droit mettre en doute que Hunkler l'ait eue sous les yeux et lui ait emprunté le paragraphe que nous rapportons. En troisième lieu cet écrivain donne à la rencontre de 1256 les causes que tout le monde attribue à celle de 1248. Or, nous avons établi plus haut qu'elles n'existaient plus. C'est donc à un castis belli différent qu'il faut attribuer la nouvelle bataille qui eut lieu entre les habitants de Colmar et ceux de Rouffach en 1256, au Tieffenbuchy c'est-à-dire sur le canal de dérivation de la Fecht qui coulait, parait-il, entre Wettolsheim et Wintzenheim vers Colmar et dont une branche coulait, paraît-il, au sud du prieuré de St.-Pierre (le Lycée), dans la Lauch, tandis que la principale alimentait le canal des moulins, le futur Logelbach. Afln de ne pas alonger inutilement cette note, nous ne rapporterons pas les termes dans lesquels BïWemmn, pag. 273, le Musée pittoresque, pag. 119, et d'autres, font mention de cette nouvelle rencontre. Nous noterons seulement que Guillaume de Hollande était mort depuis le 28 Janvier et que Colmar faisant partie de la grande confédération des villes rhénanes, a pu saisir la première occasion favorable pour venger sa défaite de 1248. Ainsi se dissipe la confusion qui existait sur ce point.

Les sœurs d'Unterlinden abandonnent la règle de St.-Augus- ^' tin qui leur avait été donnée en 1245 par Innocent IV et sont

placées sous celle de St.-Dominique par le frère Hugo, légat du St.-Siége, sous le pontificat d'Alexandre IV. L'acte est daté du III des ides de Février. — CA. Bartholdi loc. ciL, pag. 98.

.^. Frédéric, abbé de Munster, consent que l'on détache de l'abbaye une partie de ses biens pour fonder une collégiale dans l'église de St.-Martin de Colmar. — Laguille, op. cit. y tom, /, pag. 934.

Il ne peut être question que de faveurs nouvelles accordées à la collégiale de St.-Martin et non de sa création. Celle-ci était établie de fait avant 1234, année de son institution canonique par Grégoire IX. Voyez au surplus années 1220 et 1234.

Le Schultheiss de Colmar, Jean, est témoin, le 28 Janvier, d'une transaction entre les religieux de Lieu-Croissant et les héritiers de Conrad de Trubelberg au sujet de certains biens situés à Soultz. Le scel de ce schultheiss, appendu à l'acte, porte : t S. lOHIS SCULTI COLUMB. - Trouillat, op. cit., tom. II, pag. 97 et nota 3.

Il s'agit vraisemblablement de Jean Rœssehnann, que l'on verra bientôt jouer un rôle important dans l'histoire de la ville de Colmar.

j^. — On commence à bâtir, le couvent des Dominicains de Colmar. Les premiers Dominicains vinrent de la Suisse et achetèrent à Colmar un emplacement qui ne leur fut accordé qu'à la condition de se tenir à quatorze pieds en dedans du mur d'enceinte. Les chanoines du chapitre de St -Martin firent différentes objections à l'établissement des Dominicains à Colmar; mais révoque de Bâle CBertholde de Ferrette) se posa comme médiateur. — Hunkler, op. cit., pag. 198.

Hunkler, continuant à affirmer sans preuves, devance d'une année la fondation du chœur des Dominicains.

Walther Rœsselmann, pauvre artisan de Turckheim (cordonnier), eut pour fils Jean Rœsselmann. Celui-ci, mécontent de Texistence qu'il menait dans la maison paternelle, s'attacha au schultheiss de Colmar et le servit avec fidélité. Le schultheiss ayant été remplacé, il resta au service de ses deux successeurs et rendit parfois la justice à leur place. Aspirant pour lui-même à la fonction, il employa tous les moyens pour la conquérir et réussit. — Grandidier^ OEuv. hist. inéd.^ tom. /F, pag. 299.

— Les rois des Romains qui avaient succédé à Frédéric II, avaient donné aux évêques de Strasbourg le pouvoir de gouverner, en leur nom, les villes impériales d'Alsace. C'est ainsi que Colmar, du diocèse de Bâle pour le spirituel, était soumis à l'évêque de Strasbourg au temporel. — Laguille^ op. cit. tom. /, pag. 236-237 et Grandidiery (Euv. hist. inéd.^ tom. IV, pag. 14-15. De même Aufschlager^ tom. I, pag. 185-186, qui ajoute : Le joug de l'évêque Gauthier de Géroldseck pesait à un grand nombre de citoyens. Jean Rœsselmann, homme prudent et courageux, les en délivre.

— Jean Rœsselmann amène la ville de Colmar à se lier avec la ville de Strasbourg contre l'évêque Gauthier de Geroldsedt. — Wenckerj in apparatu archiv., num 11, pag. 169.

— Les bourgeois de Colmar, commandés par leur prévôt impérial, Jean Rœsselmann, s'unissent à ceux de Strasbourg contre Gauthier de Géroldseck. Les intrigues des nobles, impatients de voir exercer la suprême magistrature par un homme du peuple, décidèrent son bannissement, l'accusèrent d'avoir provoqué une guerre ruineuse et livrèrent la ville à l'évêque. — Dillemann^ loc. cit.^ pag. 374.

— Qaand Rœsselmann eat conquis la dignité de schullheiss, il s'en servit pour élever les siens et écraser les autres. Les pauvres bourgeois, poussés à bout, se liguèrent pour se délivrer de sa tyrannie. Le seigneur de Rathsamhausen, homme pieux, bon et juste, fut élu à sa place. Jean Rœsselmann, ainsi déposé, se retira à Ensisheim auprès de Rodolphe de Habsbourg et s'attacha à son service. Il médita, dès lors, par quels moyens il pourrait mettre la ville de Colmar sous l'autorité de Rodolphe.

Quelque temps s'étaril passé, il dit au comte : « Envoyez votre cousin, le comte Gottfrid, seigneur de Lauffenberg; engagez-le à réunir ses hommes, puis présentez-vous devant Cohnar, je vous y ferai entrer de force. Le comte y consentit. Alors Jean Rœsselmann alla prévenir les partisans qu'il avait aux environs de Colmar, de se rassembler en armes. S'étant caché dans un tonneau vide, il fut secrètement introduit à Col, mar et conduit à l'hôtel du doyen du chapitre. Le lendemaint au point du jour, aidé de quelques-uns de ses affidés, il fientrer dans la ville le comte Rodolphe et ses gens. A cette nouvelle, les ennemis de Jean, et parmi eux le seigneur de Rathsamhausen, sept chevaliers et dix bourgeois, tous plus riches que Jean, prirent la fuite, abandonnant ce qu'ils possédaient. Jean, redevenu schultheiss, confisqua leurs biens et les partagea entre ses créatures. Il resta plusieurs années en possession de la charge qu'il avait ainsi reconquise. — Chronique des Dominicaitis de Colmar, édition de Ch. Gérard et J. Liblin,pag.299'30f.

La relation des Annales auxquelles nous empruntons cet extrait, renferme des inexactitudes que nous n'avons pas dû reproduire. Nous les signalons ici pour mettre en garde l'historien futur qui voudra confronter notre extrait avec le texte : Le chroniqueur a confondu en un seul deux schultheiss de la

même famille, Jean et Walther Rœsselmann. C'est ce qui lui a fait attribuer à Walther le fait qui appartient à Jean, d'avoir livré Colmar à Rodolphe de Habsbourg; c'est ce qui lui a fait dire encorq qu'après avoir reconquis le schultétat, Jean Rœssehnann le conserva plusieurs années, tandis que l'on va le voir mourir en repoussant Tévêque qui, à son exemple voulait employer la ruse pour replacer la ville sous sa domination.

— Jean Rœsselmann ayant ressaisi ses fonctions, s'engage à porter secours à la ville de Strasbourg pendant *cinq années. Le traité est du mois d'Octobre. — Wmcker, de UsburgeriSy '

— On pose les fondations du chœur de l'église des Domi- Jh nicains. — Annales, édit. cit, pag. 23.

La même chose est répétée d'une façon aussi laconique par ceux qui ont écrit sur Colmar. La chronique des Dominicains de Guebwiller constate également le fait, pag. 21.

— Les Flagellahs, venant de Rome, de la Toscane et de la

Lombardie, arrivent en Alsace et vont à Strasbourg. — Gode-

froi d'Ensmingen, chron. inéd , /"" 40, verso. Notes inédites de

Grandidier.

Le seigneur de Wineck, fils de la sœur du seigneur de Horbourg, se ligua avec un grand nombre de chevaliers et de nobles de la province pour reprendre de vife force, et du consentement d'une grande partie de la bourgeoisie, la ville de Colmar. — Annales des Dominicains^ 2^ partie, édit. cit. pag.

— Informé de ce dessein, Jean Rœsselmann monte à cheval et se porte en toute hâte à la rencontre des envahisseurs. Mais la troupe du seigneur de Wineck s'étant emparée du schultheiss, le massacra sans miséricorde. Au bruit de sa

port, $es p^repts portent 4^ la yille et tuent phis de vingt nobles. — Aunah^ ^ Chr^igue djss Daminicaim de Colvmr^ m Ct^, pag. 25 ei SOI.

— 14'éYôque de Strasbourg a ausâ recours aux moyens de surprise pour reconquérir Cotmar. Il rassemble un grand nombre de combattants, parmi lesquels se trouvent des nobles et des bourgeois exilés de CoUnar depuis la rentrée en fonctions de Jean Rœsselmann. Les conjurés arborent les insignes de Tannée de Habsbourg^ à la feveur desquels une centaine d'entr'eux pénètrent en ville, le matin, à l'ouverture des portes; puis ils jettent le masque et accliament Pévéque.

L'alarme est donnée. Jean Rœsselmann se met à la tête des partisans de Rodolphe, se précipite sur les envahisseurs et tous ceux qui ne sont pas tués dans la mêlée et qui ne parviennent pas à s'échapper, sont ensuite mis à mort. Mais Rœs. selmann est tué près de la porte, que l'évêque, à sa grande confusion, trouve fermée lorsqu'il se présente pour entrer en ville et appuyer ses premiers émissaires. -^JSiHinflf, op. cit., i« senmlre, num. XXXYIIy pag. US.

— La même chose est racontée dans le Musée piitore&que de Rothmûller, pag. iSO, où l'on ajoute que cela eut lieu « en Mars ou en Avril; > que Rœsselmann fit sonner le tocsin; qu'au premier moment il n'est pas soutenu et tombe entre les mains de l'ennemi; que cette capture est cause que les bourgeois se rallient, rAistent, gagnent du terrain et repoussent les assaillants jusqu'à la porte; que ceux-ci, furieux de leur échec, massacrent le schultheiss et qu'enfin cette cruauté ayant porté la colère des bourgeois à son comble, ils poursuivent les conjurés hors des murs et en tuent une vingtaine.

TT- Attfschlager, loc. cit. pag. IS6, dit que quelques nobles, favorisant les projets de l'évoque, ouvrirent les portes de la ville à ses éouyers.

Aucun des historiens dont nous venons de donner des extraits sur cet épisode, n'indique là source où il a pris ses inforMèlions. Richer de Senones, apnd D. Ltoèae 4*Achery spidîegium, tom. III, cap. XIII, pag. 652-653; Kœnigshoven, cttp. IV, pag. 249, et Closener, Corps historique et diplomtitique de Strasbourg, tom. /, pag. 77 j rapportent le fait dans des termes qui n^ajouteraient rien de nouveau à ce qui précède, et qui prouvent que Billing et l'auteur de la notice du Mtïsée historique ont écrit leurs relations, plus circonstanciées, d'après des documents c^i nous sont inconnus et qu'ils ont négligé dé révéler.

Voici le jugement que porte sur les actes de Jean Roesselmann, qui périt en repoussant les épiscopaux, l'un des auteurs que kious faisons parier.

•^ Les efforts dé Jean Rœsselmann pour abaisser la no- Messe et affranchir la bourgeoisie lui avaient valu l'exil. Il trouva la mort en combattant pour la Kberté de sa patrie. — Billemann, Annuaire de 1838, pag. 374.

— Les troupes de l'évêqile Gauthier de Géroldseck ayant été battues à Hausberç, le 8 Mars, par celles de la ville de Strasbourg et de ses âHiés, l'évêque, pour se ménager le temps d'arriver à la paix, signe une trêve qui commence le 24 Mars pour finir le 24 Avril. Il est stipulé que pendant la trêve, les exilés de Colmar par Jean Rœsselmann resteront bannis et ne seront point inquiétés hors du territoire où ils se trouvent; que le bourg de Munster, le v^l et ses habitants jouiront du bénéfice de la suspension des hostiUtés. — Schœpflin^ Als. dipl. tom. Jj pa^g. 436; Wencker, apparat, archiv., pag. 172 et TrouUlat, op. cit., tom. II, pag. 120-121.

— Le traité de paix, signé le 9 Juillet, stipule que Colmar est rendu à l'évêque, à condition que de nouvelles charges ne seront pas iaiposées à la vilte et que ceux qui avaient voulu

la surprendre pour le compte de l'évêque ne sont pas compris dans le traité. — Grandidierj OEuv. hist. inédit, tom. IV, pag. il. Voyez au surplus, Schcepflin, Als. diplom,, tom. I, pag. 439.

En d'autres termes : Les nobles et les bourgeois exilés par Jean Rœsselmann, demeurent bannis après comme avant la paix arrachée à l'évêque Gauthier de Geroldseck par la victoire remportée sur lui à Hausberg.

On parait avoir généralement confondu ces exilés avec les citoyens de Colmar qui, en vertu du traité d'alliance avec la ville de Strasbourg, combattaient à Hausberg contre l'évoque. — Voyez entr'autres le Musée pittoresque et historique de Rothmullerj pag. 120.

j{S. — Le couvent des Dominicains de Çofmar est bâti dans la première enceinte de la ville. — Hunkler^ op. cit., pag. 26.

Nous ignorons sur quelle autorité repose Tindication qui précède. Mais cela est établi par tout ce qui précède.

JS Théodoiic, évêque de Véronne, accorde quarante jours d'indulgence aux fidèles qui apporteront leurs aumônes pour la construction de l'église St.-Martin de Colmar, ad s. Martini fabrice consummationem quae sumpluoso inœhata opère. — Schœpfliny Als. illvst., tom. F, pag. 188.

Hunkler, pag. 168, ajoute que les travaux marchaient lentement et que cet évêque envoya une somme importante au , doyen de la collégiale pour les continuer. L'auteur de la notice du Musée pittoresque, pag. 118^ dit que le chapitre se met en quête de lettres d'indulgences pour les fidèles qui participeront à la construction.

J<1 — Le frère Bruno, commandeur de la maison hospitalière de StrJean in Columbaria, est témoin d'une charte de Henri

de Neufchatel qui donne en cmphythéose aux hospitaliers de

St. -Jean de Jérusalem de Lutgern la dlme qui appartenait à

révêché près de ladite localité. — TrotUllat, op. crt., tom. II,

ma. 1S4.

Ruedeger, prévôt de Colmar, est témoin d'une charte, du ^ 9 Février, par laquelle l'évoque de Bâle donne auCouvent St.-Léonard de cette ville l'église de Roggenbourg et les rentes affectées à ladite église. — Trouillat, op. cU.y iom. II, pag. 1S8 et SchcBpfliny Als. dipL, tom. /, pag. 449.

Dans le texte de Schœpflin, le nom du prévôt est ainsi écrit : Rftdigerus; dans Trouillat, Ruedegerus. Schœpflin a emprunté son texte à Urstisius; Trouillat au titre original. Ce prévôt s'appelait donc Ruedeger et non Rudiger.

— Conrad de Horbourg, l'assassin de son frère, fait don à la commanderie de St.-Jean de Colmar, pour la rémission de ses péchés, des biens qu'il possède à Bergheim et que le comte Philippe de Reichenberg tient en engagement pour trente marcs. — Note fournie par ta. Dietrich, chef de Division à la Préfecture.

Schœpflin, Als. illust., tom. F, pag. 612^ dit que Conrad tua

son oncle paternel, Walther, et que, pour ce fait, il fut dé-

pouillé par la maison de Lorraine des biens qu'il possédait et

obUgé de s'enfuir avec ses fils. L'acte de donation en faveur de

la commanderie de Colmar a probablement précédé sa fuite et

ne l'a pas conjurée.

Le même Ruedeger, prévôt de la collégiale St.-Martin de Colmar, est témoin de deux chartes des 3 et 17 Novembre par lesquelles : 1" Louis, comte de Froburg, se reconnaît vassal de réglise de Bâle pour les châteaux d'Olten et de Waldenbourg; 2« Henri de Neufchatel, évêque de Bâle, autorise l'abbé de

^aaster de s'approprier les revenus de Téglise paroissiale de St.-Léger audit lieu, à la condition de pourvoir à rentretion d'un prêtre capable d'administrer cette église. — TrouiM, op. cit.^ tom. Uy pag, 158 et 159.

Le frère Achille, autrefois prieur, prédicateur général, commence à prêcher la croisade en Alsace. -— Il avait été prieur du couvent de Bâle, et était devenu illustre dans son ordre. On est d'accord pour lui attribuer une origine alsacienne. — Annales des Dominicains de Calmar ^ édit. d(., pag. 27 et note 2.

Dans les environs de Cohnar, il ne plut point pendant dixneuf semaines, c'est-à-dire depuis le 24 Février jusqu'au 10 Juillet (la fête de St.-Mathias à celle des sept frères). — Ibidem, pag. 29 et note 6. ^. — Maître Ruedeger, prévôt de la collégiale St.-Martin de Colmar, homme éloquent et docte en beancoup de sciences, célèbre sa première messe avec une grande solennité. — Ruedeger était de Kientzheim. Il appartenait à une famille noble de cette localité de laquelle on connaît encore Hesso et Cuno, tous deux enterrés à l'abbaye de Pairis. — /Wdem^ pag. 29 et note 7.

jf> — La direction des sœurs d'Unterlinden est transférée des frères prêcheurs de Bâle aux frères prêcheurs de Fribourç.— CA. Barlholdi, loc. cit, pag. 95, note 1, et pag. 98.

— Albert, qu'on a nommé le Grand, comme s'il était aussi distingué entre les théologiens qu'Alexandre entre les guerriers, qui a fait tant de bruit au XHI® siècle et qui en ferait si peu au XVIIIe, vint à Strasbourg, après avoir quitté son évêché de Ratisbonne. — Grandidier^ OEtiv. hist. inéd.y tom. IV, pag 36.

— Albert le Grand vient à Colmar. H prêche, et l'élégance

de sa parole attire la population à ses sermons. — Hunkkr,

loc, cU. pag. 198,

Le comte Rodolphe de Habsbourg et les bourgeois de Col- -^ mar s'emparent du château de Reichenstein, derrière Riquewihr, et des deux maîtres de ce château, nommés Gesilin. — — Annales des Dominicains de Colmar^ édit. cit ^ pag. 31.

— Reichenstein était un nid de brigands. Il fut détruit de -^ fond en comble pour assurer la tranquillité des habitants du voisinage. —jffMwtter, loc. cit. pag. 109.

— Le monastère des sœurs de Colmar est consacré (il s'agit ^ du monastère d'Unterlinden). — Annales des Dominicains de Colmar y pag. 31.

— Le chœur de l'église d'Unterlinden est terminé et con- -^ sacré par Albert, évoque de Ratisbonne. — Ch. Bartholdi, loc. cit. y pag. 99.

— Dès cette année on trouve annexée à la commanderie de >> St.-Jean une église à laquelle le pape Alexandre IV attache cent jours d'indulgence. — Musée pittoresqm, p. 125, d'après

un titre existant aux archives du département.

— La construction du monastère des Dominicains com- ^ mença vers cette année, sur un terrain que les religieux avaient acheté. — Schœpflin. Als. illust., tom. V,pag. 190.

Le 26 Janvier de cette année, Hedwige, prieure du monas- ^ tère de St.-Jean, aux Unterlinden, à Colmar, déclare que le couvent de St.-Léonard de Bâle, a cédé à son frère, Eberhard, un jardin, situé près la porte Spalen en cette dernière ville, pour quatre sols de rente annuelle, destinée à l'anniversaire

des usufruitiers qui ont résigné ce jardin. - Trouillat, op. ctï.5 tom. //, pag, 234.

—" Après un interrègne de près de deux ans, des désordres de tous genres ont lieu en Alsace. Rodolphe de Habsbourg est élu et la province est soumise à l'immédiateté de l'empire. Pendant son séjour à Vienne pour rétablir Tordre, plusieurs seigneurs d'Alsace se font la guerre. Ceux de Rappolstein surprennent Colmar, enlèvent plusieurs bourgeois et pillent les domaines de Tévêque de Bâle. — Aufschlager, op. cit. tom, /, pag. 190.

—- Rodolphe, comte de Habsbourg, est élu roi des Romains. Il con/ère la charge de schultheiss de Colmar à Walther, fils de Jean Rœsselmann, tué en 1262, et institue landvogt Olton d'Ochsenstein, son neveu par sa sœur. Mais le schultheiss et le landvogt ne s'entendent pas. Le landvogt, d'après les ordres du roi ou tout au moins d'après son consentement, établit plusieurs impôts auxquels le schultheiss et la bourgeoisie de Colmar ne se soumettent qu'en murmurant.

Rodolphe, irrité de cette résistance, se met à la tête de ses chevaliers et marche sur Colmar pour déposer le schultheiss, Walther Rœsselmann. Celui-ci ferme les portes de la ville et refuse l'entrée au roi, qui alors assiégea la ville. Pendant le siège, Rodolphe apprend qu'un imposteur, se faisant passer pour l'emporeur Frédéric H, marchait vers la basse Alsace, revendiquant l'empire des Pays-Bas ; le roi, craignant pour sa sûreté, lève le siège de Colmar, descend le pays avec son armée, s'empare du faux Frédéric et le livre au feu. H revient ensuite faire de nouveau le siège de Colmar et reçoit la ville en grâce, sous certaines conditions. Il dépose le schultheiss, Walther Rœsselmann, le remplace par un noble de Stameheim et frappe les bourgeois de fortes contributions. — Chronique des Dominicains de Colmar, édit. cit., pag. 301-303.

Il y a erreur de la part du chroniqueur de Colmar. Ces faits» moins l'élection de Rodolphe, se rapportent à Tannée 1284 ainsi qu'on le verra ci-après.

— Rodolphe donne avis de son élection à sa femme, fille de Burckardt de Hohenberg, en Souabe, elle était alors dans son château de Brugg, sur l'Aar, dans le voisinage du château de Habsbourg. Elle s'embarque sur le Rhin et à son passage, les Colmariens lui font présent de douze vaisseaux du meilleur vin. - Ibidem, Annales, pag. 15, nota 3y et Chronique, pag. 263,

— L'église des Dominicains de Colmar, dont les fondements -^ ont été posés en 1260 ou 1261, est terminée en cette année, époque de l'achèvement du campanile. — Musée pittoresque et historique, pag. 125.

Un jeune homme accusé de viol commis sur une fille est enterré vif à Colmar. — Annales des Dominicains^ édit. cit. pag. 41.

Hunkler, op. cit. pag, 54, rapporte le même fait en ces termes : « Colmar exerçait le droit de haute justice. Le bourgeois condamné à mort subissait sa peine par la potence ou la , roue; le noble était décapité. Cependant on voit la ville appliquer d'autres peines : en 1274 un jeune homme convaincu de viol, est enterré vivant; trois ans .après, c'est un faux monnayeurque l'on fait mourir dans la chaux vive; plus tard, ce sont les juifs et les sorcières qui sont Uvrés aux flammes.

B y a erreur de deux années pour le faux monnayeur, ainsi que l'établit la mention suivante de l'annaliste de Colmar.

Un faux-monnayeur est bouilli dans une chaudière à Colmar. — Annales des Dominicains, édit. cit., pag. 49.

^ r-* Le cdlier des sœurs de Colmar (Unlerlinden) est achevé. — Ibidem,

^f^ — Les sœurs d'Unterlinden ont vraisemblablement continué leurs constructions par le côté Nord qui longe le ruisseau du moulin, ou Sinnbach, et qui se termine par une partie voûtée où sont aujourd'hui les archives de la ville, et où étaient alors la cuisine et le cellier. La date de l'achèvement nous est donnée par celle du cellier, qui se trouve à l'extrémité et qui fut terminé en 1725.

Jt^ A cette époque, les bâtiments des Unterlinden, qui devaient former un carré, n'offraient donc encore que trois côtés construits : l'un était formé par l'église, et les deux autres par les galeries ouest et nord. — Ch. Bartholdiy loc, cit., pag. i02.

J^ La fille du comte de Ferrette, femme de Conrad Wemher de Hatstatt, landvogt d'Alsace, meurt, le 23 Septembre, au château de Plixbourg. Elle est enterrée au cimetière des sœurs d'Unterliiiden. — Annales des Dominicains de Colmar, Mit. cit.y pag. 59.

j(\ — Ruedeger de Kientzheim, quatrième prévôt de Saint- Martin de Colmar, donne à cette église la maison qu'il habite, et qu'il a fait magnifiquement construire {opère sumptuoso) sur \e bord de la rivière (au noud de l'église). A la nibrt du prévôt, le chapitre usera du cellier de cette maison pour le service commun, et des salles pour le réfectoire (fans les grandes occasions; des parties voûtées pour ses magasins et des combles pour ses greniers. Ledit chapitre ne l'affectera pas à d'autres usages que ceux stipulés par l'acte de donation ; il n'y logera aucun laïc, mais un clerc de* bonne vie, qui veillera fidèlement à son entretien et la tiendra à la disposition des chanoines, pour l'usage défini par le donateur. Ruedeger

afifeçte au surplus douze marcs d'argent à Facquisition du terrain contigu, qui était, il y a peu de temps, d'un aspect sordide, et qui est maintenant dans des conditions propres à constituer l'enclos chapitrai, le chapitre s'étant au préalable engagé à pipélever sur ses revenus annuels trois liyres, destinées à la fondation d'un anniversaire pour le repos de l'âme du donateur, sopime que ce dernier réduit à deux livres, et dont il règle la distribution au profit des officiants et des assistants à son s^npiversaire. — TrouUlai, op. cit., tom. II ^

pdff. 273-m.

Oi^ vient en bateau, par les champs, depuis Ostheim jusqu'à Colmar. — Anmles des Dominicains de Cohnar, édit. cit., page 6L

Les frères prêcheurs se retirent à Colmar, vers la Nativité '^^

du Seigneur. — Ibidem^ page 67 et Curiosités d* Alsace, tom. /,

page 99.

A la fête des S. S. Simoû et Jude, la communauté de l'ordre *^ des prêcheurs de Colmar prend possession de la maison qu'elle tenait du chapitre (de Saint-Martin). La communauté est reçue par les chanoines, les dames de Saint-Jean-Baptiste (Unter- Hnden) et toute la cité louablement et honorablement. — Annales des Dominicains de Colmar, édit. cit., page 71-73

Le nouveau couvent (Dominicains) de Cohnar est habité par ^^ les frères prêcheurs, avec le secours de l'honorée Abbesse Hedwige. Albert, le grand, assistait à la cérémonie d'installation. — Chvoniqm des Dominicains de Guebwiller, page 21.

Le 5 Janvier, les Dominicains de Colmar s'établissent dans -^ les bâtiments du couvent. Mais ils donnent à la ville un revers portant que : « Quoique les bâtiments soient à proximité du mur de la ville, ils laisseront vide un espace de quatorze pieds

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entre le mur et les constructions du couvent. • — SchcBpflin, Als. illust., tom, Vypag. 190-191.

/h Herman de Minde, vicaire de Tordre pour la province du Rhin, Conrad, prieur de Berne, et le frère Edmond prennent cet engagement au nom des Dominicains de Colmar, envers le Schultheiss et les membres du sénat (Consuks) de la ville. Le texte de ce revers est publié dans Schœpflin, Als, diplom , tœn. Il, page 17,

j^ L'acte porte, outre ce qui a été rapporté : a Que les Dominicains n'achèteront pas de terrains au-delà du mur des juifs (xiUrà mnrum Judei) vers l'occident; qu'à l'orient, ils n'en achèteront pas au-delà des maisons (hameau) de la petite porte du Nord (uUrà viculum parve porte aquilonaris),

jfi Ainsi, il y a Ueu de constater qu'en 1278, et probablement longtemps avant, la partie du mur d'enceinte, à partir de l'occident de l'église des Dominicains jusqu'à la Kerker-thor et au-delà, en retour vers le lycée, portait le nom de mur du juif ou mur des juifs; que ce fait atteste la présence à Colmar des débris du culte mosaïque tout au moins dès les premières années de l'élévation du bourg au rang de ville impériale, et enfin qu'en 1278 l'autorité était exercée non-seulement par le schultheiss mais encore par des conseillers (Consules) composant le sénat. C'est vraisemblablement à ce titre que Schœpflin fait allusion lorsqu'il dit, Als. illust., tom. V, pag. 200^ qu'avant la seconde moitié du xiii« siècle, il n'a pas trouvé de traces d'un sénat à Colmar.

W^ — Dans le principe, les chanoines de Saint-Martin avaient essayé de s'opposer à l'établissement des Dominicains de Colmar; mais le différend se termina par l'arbitrage du prévôt de Bâle. — Ibidem, page 191.

^ — Avant de prendre possession de leur maison, les Dominicains durent obtenir le consentement du chapitre de Saintf

Martin, qui s'y opposait, comme il le fit d'ailleurs pour tous les établissements religieux qui s'élevaient autour de lui. Il redoutait particulièrement l'influence des éloquents disciples de Saint-Dominique. Il céda enfin moyennant une indemnité de quarante marcs d'argent que les Dominicains lui payèrent en cette année. — Musée pittoresque^ page 125, et archives du HauU-Rhin, fond des Dominicains

— Le 25 Mars, Othon, prévôt de l'église de Bâle et vicaire -^ général de l'évêqûe Henri, ayant été constitué arbitre de l'opposition formée par le chapitre de Saint-Martin à l'établissement des Dominicains à Colmar, rend une sentence qui admet l'ordre à prendre possession de l'église et du cloître, et fixe à quarante marcs d'argent l'indemnité à payer au chapitre. La sentence arbitrale est publiée par Trouillat, op. cit., tom II, pag. 290-291.

Le préambule de cet acte relate les circonstances de l'oppo- -^ sition du chapitre dès que les Dominicains eurent acheté le terrain où ils voulaient établir leurs constructions. C'est vraisemblablement à ce titre que sont empruntées les indications que nous avons dû rapporter plus haut. Il suffit de s'y référer pour savoir exactement les péripéties de cette petite lutte et être édifié sur les privilèges, libertés, indulgences et grâces dont les Dominicains jouirent à Colmar parallèlement aux droits et privilèges dont le chapitre de Saint-Martin était en possession.

— Les sœurs d'Unterlinden contribuent, par leurs dons, a -V» la construction du couvent des Dominicains de Colmar. — Ch. Bartholdi, loc. cit.^ pag. 100.

— La direction spirituelle des sœurs A'^Unterlinden est reti- -^ rée aux Frères-Précheurs de Fribourg et définitivement attribuée aux Frères-Précheurs (Dominicains) de Colmar. — Ibidem, pag. 99.

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JTi — Les sœurs de Tordre des Prêcheurs (Unterlinden de Colmar) ceignent leur monastère d'un mur dont la hauteur est de vingt pieds. Le chêne qui est employé pour les sièges d'église des religieuses avait vinçt-quatre pieds de circonférence. — Annales des Dominicains de Colmary édit. cit, pag. 69.

Jh On verra, d'après le plan que nous donnerons en t^mps et lieu, que la cour Unterlinden^ devenue le couvent des Dominicaines d'Unterlinden, était en dehors de l'enceinte primitive de Cohnar, bien que toutes les indications 'recueillies depuis leur translation du lieu dit UfMullen, semblent attester qu'elles revinrent à Unterlinden pour se placer en dedans de l'enceinte. Ces indications ne peuvent signifier autre chose que : sous la prolecHon du mur d'enceinte. L'établissement Unterlinden n'en était en effet éloigné que de quelques pas. En 1278, l'aile ouest du cloître n'existait pas. Les religieuses durent donc se clore. Elles construisirent le mur dont l'annaliste fait mention. Il engloba non-seulement le cloître, mais encore l'église, l'emplacement où est le théâtre, les maisons qui l'entouraient il y a quelques années, longeait le bord du canal où l'on voit encore quelques assises de ce mur, ménageait une dérivation dudit canal à l'usage du couvent, dérivation qui subsiste encore en partie, puis il se prolongeait le long de l'eau presque jusqu'au pont FéUx et faisait retour à l'ouest vers l'église qu'il enclavait, comme nous l'avons dit. C'était donc une enceinte indépendante de celle de la ville, mais une enceinte en quelque sorte juxtaposée à celle-ci. Un plan de Tancien Colmar, autographié par les soins de M. Hugot, rend très-sensible la délimitation que nous indiquons, et qui sera accusée par une teinte spéciale sur le plan que nous donnerons plus loin.

J{^ — Il y avait à Colmar une béguine qui entendit, en plein jour, et sans voir personne, une voix qui disait : « Les Frères- Prêcheurs auront une maison à Colmar, "» ce qui eut Ueu en

effet, car ils y célébrèrent la messe avant le carême. — Ibidem, pag. 7i.

— Les sœurs de Saint-Jean de Colmar (Unterlinden) achè- -^ tent une horloge pour six marcs. — Ibidem.

— Les porcs dévorent le pâtre de Colmar qui les garde. — Ibidem, pag, 69.

— La veille de la Nativité, les Prêcheurs achètent un em- -^ placement pour un prix de plus de cinq cents marcs. La veille

de l'Epiphanie ils commencent l'édifice. — Ibidem^ pag, 75.

L'annotation de l'annaliste est erronée s'il s'agit du terrain sur lequel les Dominicains voulaient construire l'église et le cloître, paisqu'en cette année ils prennent possession de leurs édifices. Elle ne peut s'entendre que dans le sens d'une nouvelle acquisition destinée à agrandir leur domaine.

— La veille de l'Epiphanie, Guillaume de Nortgasse, cha- ^ noine de St.-Martin de Colmar, les chevaliers Conrad et Wernher, Rutlieb et Jean, frères de Nortgasse, vendent à Tordre des frères Prêcheurs leur cour située à l'intérieur du mur d'enceinte, avec les maisons qui en dépendent, pour cinquante marcs d'argent. Cette cour est limitée à l'occident par la cour du juif Salomon, à l'orient par la maison d'habitation de la mère des vendeurs, au midi par la voie publique et au nord par le mur de la ville qui doit, à moins de permission spéciale du sénat, demeurer libre de toute construction sur un espace de quatorze pieds. — Protocole des faits temporels mémorables des Dominicains de Colmar, mss., f° 21 aux archives du Haut- Rhin.

— Le cimetière et l'autel de Sainte-Marguerite des sœurs -^ d'Unterlinden sont consacrés. — Ibidem,

— Colmar et d'autres villes prêtent serment à la reine, femme du roi Rodolphe. — Ibidem.

— Colmar prend part à la confédération conclue pour deux '

ans à Haguenau, le jour de la St.-Jean-Baptiste entre les villes et les seigneurs, afln d'assurer la paix générale dans la province. — Wencker in apparata archivorum^ pag. 186-187.

— Rodolphe I affranchit les Colmariens de toute juridiction étrangère et ordonne que toute action intentée contr'eux soit portée devant le schultheiss de la ville. — Schœpflin^ Ah, illust., iom. V, pag. 195.

— Rodolphe de Habsbourg, roi des Romains, accorde, le 29 Décembre, à la ville de Colmar, différentes franchises et des privilèges réglant certains rapporUs sociaux et politiques, quelques questions civiles, commerciales, judiciaires et féodales. — Tronillat, op. cit., iom. II, pag. 299-S10.

Le texte de ce document est en langue allemande. Schœp- (lin, qui y fait allusion dans son Illustrata, iom, V^pag. 195, ne le publie point dans sa Diplomaiica. Par contre Trouillat le donne, d'après une copie qui a été faite, en 1730, pour la ville de Porrentruy à laquelle on verra Rodolphe accorder, en 1283, les mêmes franchises qu'à Colmar. Outre le texte allemand, dont l'original doit exister aux archives de Colmar, Trouillat publie une traduction française faite en 1733 par le notaire J.-Georges Bruat. Ce document est trop peu connu. Il a pour l'histoire de Colmar une importance qui ne permet pas de le présenter en raccourci. Nous le reproduisons in exienso, en numérotant les paragraphes établis par le traducteur.

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