‹ Chronique de Grégoire de ToursChapitre 13 sur 25 · EMPLOYÉS PAR GRÉGOIRE DE TOL'RS · texte numérisé non relu

EMPLOYÉS PAR GRÉGOIRE DE TOL'RS

Nous croyons devoir terminer cet ouvrage par quelques réflexions sur l'orthographe des noms propres employés par Grégoire de Tours et par les autres chroniqueurs de ce temps, et des motifs qui nous ont engagés h les traduire d'après l'orthographe usuelle.

Dans la préface de son Histoire des Francs, M. dePeyronnet a traité celte matière d'une manière qui nous paraît tout à fait raisonnable et juste.

« L'orthographe des noms historiques de nos premiers temps, dit-il , est presque devenue aujourd'hui une chose grave. On y voudrait 'de grands changements. Personne n'est plus disposé que moi à la déférence pour le savant et recomiiiandable écrivain (M. Augustin Thierry), qui a renouvelé de nos jours les anciennes tentatives de Du Tillet. Je m'abstiendrai pourtant cette fois de ses conseils.

» Assurément, la langue tudesque, que parlaient les Francs, ressemblait peu à celle que parlent aujourd'hui les Français. Ce sont bien deux langues, et je n'entends point qu'il faille

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mettre en doute si les Francs prononçaient Merowings, Chlodowig ou Hlodowig, Lodewig et Karle, plutôt que Charles, Louis, Clilovis, Mérovée. C'est pourquoi si j'écrivais l'histoire de ces temps en langue tudesque, je voudrais savoir quelle orthographe et quelle censonnance donnait cette langue au nom de mes personnages , et je les conserverais religieusement.

1) Mais j'écris la langue qui se parle en mon pays, de mon temps. Je ne la refais, ni ne la réforme; je m'en sers. Et de même que je n'emploie point les désinences grecques ou latines , quand je parle en cette langue des personnages de Rome ou d'Athènes ; de même que je dis Alexandre , Pompée, Auguste, quand je parle, moi. Français d'aujourd'hui, de ces grands hommes; de même je dis Mérovée et Chlovis, sans trop examiner de quelle manière se prononçaient ces mots en langue tudesque, quand vivait cette langue, il y a douze siècles.

» Que ma langue ait tort ; cela peut hien être. Qu'il lui valût mieux de dire Alexandros, Pompeius , MéroAvings; je ne dispute pas là-dessus. Mais ce mieux-là, elle n'en veut point; elle dit Pompée, elle dit Mérovée. Que puis-je à cela? m'irai-je ohstiner à la faire rétrograder jusqu'au tudesque? l'usage veut : si volet usas; l'usage est le maître, arbltrium est et jus. »

Ces raisons nous ont paru suffisantes pour conserver dans cette traduction l'orthographe

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