DES NOMS PROPRES
usuelle de ces noms, au lieu de celle proposée par M. Thierry.
Deux niotirs ont déterminé ce savant écrivain h tenter cette réforme , la consonnance et l'étymologie.
(( Dans tous ces noms, dit-il , les voyelles intermédiaires , qui successivement ont disparu ou se sont résolues en e muets , devaient être prononcées distinctement a l'époque de la conquête. Le plus sûr est donc de se conformer à l'orthographe latine des contemporains , mais avec discernement. Il faut surtout que les lettres qui , dans notre lanarue actuelle ont un son étrangler à celui des langues germaniques, soient ou remplacées , ou jointes à d'autres lettres qui en corrigent le défaut. )^ Là-dessus il énonce les règles d'orthographe auxquelles il s'est conformé pour rendre, autant qu'il est possible, aux noms d'hommes et de femmes de la période franque, leur aspect et leur prononciation ancienne.
D'après ces règles il écrit : Kikhner , Rekkared, NUderlk, Ilaribert, Bikhad, Chlodowlg, Cholodomlr , C/ilothllde (ou mieux, ajoute M. Thierry, si on a la hardiesse d'écrire comme les Franks, lllodoivlg, Hlodomir, HiotliUde), Sighebert , Sighismond , Merowlg , Gondebaid , Branekilde , Clilother, Frédegher, au lieu de Recimer, Récarède , ChUderic , Charlbert , Richard , Clovls y Clodomir, ClotUde, Slgebert , SigUmond, Mérovée, Gondebaud , Brunehault , Ctotairey Frédégonde ^ etc.
288 SUR l'orthographe
La première chose qui nous Trappe dans le changement de ces noms que l'usage a consacrés, c'est qu'ils présentent un air d'étrangeté qui nous permet à peine de les reconnaître pour ceux de personnages appartenant h notre histoire. Qui retrouverait, en effet, dansHlodoA>ig, ce nom si connu de Clovis , d'où est venu le nom si doux et si français de Louis ? quelle femme en France voudrait s'appeler Hlothilde , ou même Chrotilde, tandis qu'il en est un grand nombre qui portent le nom de Glotilde, et qui reconnaissent pour leur patronne sainte Glotilde , reine de France ? Est-ce donc une si grande faute que d'avoir modifié la consonnance des noms de nos pères, de manière à les rapprocher de la prononciation et des habitudes de notre langage, plutôt que de conserver une orthographe (si toutefois encore celte orthographe est bien exacte) , qui nous présente une combinaison de lettres impossibles à articuler par des organes français, et qui ne pourraient l'être que par un gosier germanique ?
En effet, avec toutes les combinaisons possibles de lettres, on ne parviendra jamais à faire comprendre aux yeux un son que l'oreille n'a jamais entendu , et que les organes de la voix ne se sont pas exercés à prononcer. Mulliplicz tant que vous voudrez les A, les //*, Ch, les w, et tous les signes possibles d'aspirations plus ou moins gutturales, ou d'articulations dentales.