‹ Chronique de J. de Lalain (volume 2)Chapitre 55 sur 109 · CHAPITRE (J · texte numérisé non relu

CHAPITRE (J

C0!knffBNT MESSIRE JacqUES DE LalAIN SE PARTIT, AYANT

pris cojigé du dauphin^ et vint en bourgogne, ou db plusieurs chevaliers et ecu vers du pays fut grahdement festoyé; et de là se partit et vint en Flandres, ou le duc de Bourgogne le reçut et

LUI FIT grand' chère \ ET AUSSI DE SÀ VENUE ▲ La- LAIN.

Quand messire Jacques de Laliin se partit de monseigneur le dauphin, il prit son chemin vers Lyon

sur le Rhône, et là endroit s'exploita tant de cbevaucher, qu'il vint en Bourgogne, où il iut grandement festoyé des chevaliers et écujers, des dames et damoisellesy et des gens et officiers du pays, ainsi comme ils ont plus coutume de ce faire, qu'en nul lieu où on puisse aller. Après ce qu'il eut séjourné en Bourgogne un peu d'espace, il traversa et chevaucha parla Champagne, tirant son chemin eu Flandres. Sachant que le duc son seigneur étoit à Bruges, si y vint lui faire la révérence en le remerciant très humblement des grands honneurs qu'il avoit eu es royaumes et provinces où il avoit été, poor et en l'honneur de lui. Si fut reçu du diic son souverain seigneur, moult bénignement, du comte de Charrolois son fils, des comtes ^ barons et chevaliers, et mêmement de tous les officiers de sa cour. Et fut le dit de Lalain si bien tenu à notre seigneur qu'a grand honneur, sans avoir nul encombrer (accident) à lui, ni à nul de ses gens , retourna en grand' louange par devers son très redouté et souverain seigneur le duc Philippe de Bourgogne, qui le reçut moult cordialement, et fit grand'chère, en luienquérantdetout ce qu'il avoit vu et trouvé en son voyage faisant Si bien et si à point en répondit celui messire Jacques, que le duc eu fut très coulent, et moult volontiers l'écouta: et aussi firent tous les barons et seigneurs de sa cour, et en spécial sur tous autres, ses deux oncles le seigneur deCréquy et messire Simon de Lalain, lesquels l'aimoieut d'un très bon cœur pour le beau commencement qu'ils virent être eu leur neveu , qui étoit sigue de parvenir à un très

MESSIRE JACQUES DE LALAIN. i «7

baut honneur et exaltation de tous ses parents et amis. Puis après ce qu'il eut là été une espace, et séjourné aucuns jours en Fhôtel du duc son souverain seigneur, il prit congé de lui pour aller voir et visiter le seigneur de Lalain son père et la dame de Lalain sa mère, lesquels étoient jà avertis du retour de leur très cher et aimé fils, qu'ils désiroient de tout leur cœur à voir.

.Or doncques messire Jacques prit congé du duc, ets^exploita tellement, lui elsesgens,de chevaucher qu'il vint et arriva au château de Lalain à la grand' joie et liesse du seigneur dé Lalain et de ia dame son épouse^ et de plusieurs autres chevaliers et écuyers, dames et damoiselles, qui de sa venue éloient avertis, fut reçu en grand' joie et liesse, comme i*aison étoit Le seigneur et la dame de Lalain véantsleur très aimé fils être retourné, lui et ses gens, sans quelque fortune avoir, dévotement en louèrent et regracièrent notre seigneur. La dame de Lalain sa mère le haisa par plusieurs foisrcar c'étoit celui sur tous ses autres fils, qu'elle aimoit, et qui étoit le plus cher tenu, et une fille très bellb damoiselle, laquelle fut depuis mariée au seigneur <le Bossu haron en Hainaut. Messire Jacques éfoit Tainé de tous; le second après lui fut depuis élu prévôt en l'Église de Saint Lambert de Liège, belle personne et vénérable; le tiers fut messire PhiHppe de Lalain, duquel ci après nous parlerons; et le quart fils fut nommé Antoine, qui fut fait chevalier à Rheims au couronnement du roi Louis. A ce jour, et à la venue de messire Jacques se trouvèrent ensemble les quatre

frères qui étoient enfants de Lalain, qui fut une grand'joic au seigneur et à la dame. Doncques pour leur venue au cbâtel de Lalain fut faite une très grandTête, à laquelle eut grand' foison de chevaliers, écuyers, dames et damoiselles, lesquels et la plupart étoient leurs parents, amis et voisins: et bien a voient cause de ce faire, tant pour la venue de raessire Jacques, comme pour le grand honneur et exaltation qu'il avoit fait à tous ses parents et amis, et qu'encore ils véoient être apparent en lui de plus avant procéder et continuer. Le seigneur de Lalain ne se pou voit assez saouler (rassasier) d'ouir raconter et dire à son fils la conduite et manière de son voyage ;; et au regard de la dame de Lalain, elle n'étoit pas moins joyeuse; car tant grand plaisir prenoit à ouir parler son fils, que tout son cœur s'éle voit, el très souvent es lieux solitaires de son hôtel rendoit grâces à notre seigneur, lui priant dévotement qu'il vouhit garder et préserver son très cher fils de mal et d'encombrier (accident). Ainsi, comme vousoyez, pour la venue du gentil chevalier fut faite grand'fefe à celui jour au châtel de Lalain. Après toutes 'fêtes passées, chacun se retira en son lieu, et prirent congé du seigneur et de la dame, et aussi de messire Jacques de Lalain, qui les remercia del'honncur que fait lui avoicnt.

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