GRÈCE
Dieu de ms qui me formas de cendre Viens toi a *cendrë es basses régions Viens conforter ma fragilité iendre Fais le ciel fendre et venir sans attendre Pour moi deffendre anges par légions , Viennent lyons par mille et millions Et tous les homs qui sont de mère néz Pour rembarrer les faulx Turz forcenez.
Viennent tous vens et facent bon debvoir De recevoir ma douloureuse plaincte, 0 mon vrai Dieu fày leur langage avoir Tant que sçavoir puist ung chacun et veoir Gomme pour veoir je suis au vif atteinte Je suis restraincte et mis en dure crainte Et si contraincte a ton nom ibvocquer Que plus hault don au monde je ne quicr .
Change la voix de la belle seraine Doulce et seraine en heu de loups méchans Du rossignol qui chante aval la plaine Change Tallaine en tonnerre soubdainc.
Joie mondaine acoup soit trésbuchans Change les chanlz des oisellets des champi
438 APIÇJENDIGE. -
En cris Irenchans et en piteux accords Pdur lei douleurs plourer dont ne puis hors.
Eau de puis, eau en feu distiléô
Eau sallée^ eaq de courants rieux^
Eau d'abymë en parfons creiix boutée
Eau d'ondée en fosse redondée,
Eau arrêtée arrivez à mes yeux
Pluit! des cieux arrousez mes sourcieux:
Car ils sont ceux qui pleurent mon grand dueil
En grant désir qu'accomplissez mou yueil.
Cœur fémenin trespitoyable image Fay moi hommage ^ et si t'encline à pleurs Noblesse aussi dame de haut parage, Vqjr cet outrage et ma rage sur rage, Change courage et pleure mes douleurs.
0 tristes coeurs qui vivez en langueurs, A vous jacqueurs s'il y a plante ou larmes Prétez-Ies moi et que mon cœur s'en arme.
Que ferai-je de ma laidure dure M'ardure dure et ma foiblesse blesse> Mon corps s encline a corrompure pure Mercure cure et n'y procure cure Morsure sure a moi l'adresse dressât Richesse cesse et trop m'oppresse presse Liesse laisse en la présente sente Car mort me mord la trèspulente lente
> A quoi tient il mon vrai Dieu très parfait Que de mon fait tu n'as miséricorde > Est tant cruel le crime et le méfait Que j'ai forfait, que mon chef est défait Et que refait ne peut être à ta corde i
Joins ma discorde à ta gprâce et concorde, Et si 1 accorde à ta bénigne grâce:
Car autrement ne«ais plus que je face.
0 saîncte Église , angélique conserve Mon corps préserve et priy pour tes serfe Viens rebouter Thérétique le userve, Qui me tient serf et veut que je la serve Et que m'asser>'e à ses dragons desers Affui des airs, vole par les déserts El si me sers donnant à mes sei^fs vie Qu'ils n'ayent mort s'ils ne l'ont desservie.
Rés veille toi, ô noble sang royal Impérial, palais salomonique ^ Regarde en l'œil le serpent déloyal Démonial venimeux reagal Pire ou égal que goufre sataniqne Leur basilique et cruel arsenique Diabolique a pris Constantinoble Mon hautain chef des autres le plus noble.
Que songez vous françoiset gent romaine Prête et humaine au noble sang venger A quoi tient il que de votre domaine On ne m'amène un nouveau Charlemaine Qui me ramène à coup de ce danger Son peut songer, Charles^ Roland n'C^r Qui déloger puisse fort pombattant Ne songez plus 9 mais accourez battant.
Que tardez vous, Bourgogne, Picardie, (ient tant hardie et doutée en la terre Vous avez* peuple et puissance infinie^ Bourse garnie, armeure bien polie
44o APPENDICE.
Dame jolie et tout ce qu'on peut querre, Venez grand erre, amenés gens de guerre Pour bruit acquerre et parer votre nom De bien^ d'honneur, de gloire et de renom.
Nangez en mer vuidez de tos angles, Vaillants Anglois amenez moi Saint George Laissez oités, villes, châteaux, palais Guines, Calais et ces dragons tant laids Occisez les et leur coupez la gorge, En votre porge a guerre mis sa forge Et de votre orge a brassé tels des rois Qu'il ne vous chaut de nuls que de vos rois^
Où sont les bras de mon fils Achillés Et d'Hercules qui les deux a tenus Où sont les arts du sage empedodés Et dTlyxèsetd'Aristotelés Suscitez les Juno, Pallas, Vénus, Viens toi Neptune, amène Vulcanus Mars et Notus pour venger mon esclandre
N'oubliez pas mon enfant Alexandre.
Ou est le Dieu des dieux Demorgogon Pour ce dragon priyé de ses soûlas?
Ou est phebus qui n'ameine Phaéton Son chareton pour mener à Pluton Ce fier luton qui nous tient en ses las. Ou est Athlas mon grand géant; hélas Si tu es las de subsKenir le trosne Fourdroye a coup Ibérétique matrosue.
Mignons de court le pas d'armes gardan Durs aherdans, pleins de science et d'ars» Venez a moi soyez moi regardants Non plus tardans tuez dragons ardans
Entrelardans et dardans de leurs dars Il est tant dars, il est tant destandars Et de soudars qui a rien ne s employent Viennent a moi et sur moi se deployent.
Fors champions qui faictes vos toumoys, Qui maintz tournoie detpendez sans querelle, Venez vers moi faire vos esbanois.
Prenez harnois, lances, escue de poie, Rompez le bois sur le Turc infidelle Pour veoir la belle et plaisante jouvencelle, Fresche et nouvelle estes vous tous enpoint Mais pour gprans bien on ne vous y a point
En folz delicts passez votre jouvent
Qui n'est que vent passant soubz verde saulx
Prenez congé a roy et a régent
A toute gent fournissez vous d'argent
Monsrez vous gent et gracieux vassaulx
Tost aux assaulx^ ppr monts, par boys, par vaulx.
Bridez chevaulx, compaignons mettez selles,
Laissez pleurer dames et damoiselles.
L'AUCTEUR
« Ainsi comme lapovre désolée jectoit ses regrets et amére compkincte endivers lieux voulant esmoùvoir les cieulx, les élémens et toutes choses crées a pitié et compassion, Espaigne et Angleterre' toutes effrayées d'ouyrsi dou-^ loureuse lamentation sans approche quelconque la confortèrent de loingpar doulces et consolatives parolles dont Espaigne qui bien le sçavoitfaireseprintadire.
« Notre chère et bien aymée seur qui tant de nobles et gforieux enfans as porté en ton ventre et tant de hautz ses clercs philosophes a alaicté de tes mammelles que tous
le mondes'en tient aujourd'hui trèssuffisamment enluiniué. As tu ores le cueur failly, cuyde-tu que la puissance de ton créateur nesoit gprande assez pour toi resouldre. Ne te vient-il en mémoire que tu me ayes veu si desnuée de membres et de chef, que apeine me osoye nommer ne mettre en fronc. Ne me voye tu maintenant toute ressuscitée et fleurir, L archeduc mon beau fils en prospérité rit, ciel et terre et mer favorisent et administrent tous biens. 0 povredamedefresse et féminin courage. Mire toi donc en ma face et reprend vigueur, confie loi en la miséricorde de Dieu et donne lieu a espoir. Tu as tant apprins par augmentation, tu as tant sceu par expérience que tu lisoies, Es tu maintenant si aveugle que tu nccongnoiscours de planette parquoi tu puisses recueillir- en toy quelque fruit de bonne espérance. As-tu oublié la tréspitoyable chanson qui sescript sur toi par lesperit de prophétie ce monstre les muances haultaines et basses. Ne voys-tu maintenant celle horrible bestc qui maine si piteux service que toute la terre en est épouvantée quand elle dit: {erît autem bestia Iwrribilis). Il sera une beste venant dorient dequoi le rugissement sera ouï delà gent punique. Elle aura sept testes, soeptres innumérablcs, six cent soixante et trois pieds, elle contredira a Faigneau en blasphémant son testament. Les rois et les meilleurs princes seront ensueur terrible et se esleveront contre elle deux estoilles. 0 grece ô ma chère amie qui sera celle horrible beste n'est ce point ce furieux dragon lé turc infidellcy leprince des ténèbres, le patron de tyrannie, le père des mescréans sathalites le fils de perdition^ le disciple de Mahommet» le messager de antechristylespouvantable des simples brebisettes, le flayau des chrestiens, le hcrault d'enfer et la dure verge de Dieu poindant et criminelle de qui tu es persécutée: nest-<;e celui qui de ses menaces vouloit épouvanter tout le monde> qui comme tonnoire soubdaine cspart sa voix; jusques en affrique: nest ce le très-
difTorme monstre a sept testes ^rpentines qui sur ses es* pauUes porte les sept péchez mortels, Presumption, Détrac« tioDy {ngratidude, Ambitiim, Prévarication , Obstination^ Infidélité, Inhumamté> Tyrannie et Arrogance^ Jactance Desesperaucei et mainte autre branche vicieuse jusqucs au nombre de cinq cent et dixsept, qui comme pied» fermes et stables le soubsliennent ensa cruauté. N'est-ce . celui qui soubz sa bannière tyrannicque ensanglantée de sang humain a faict fleschir infinis roys: n'est-ce celui qui semé sa mauldite zizanie en tes jardins injuriant notre foi catholique, blasphémant Vangelet de Dieu? n'est ce cellui qui loup ravissant se Sert est ouailles du sainctpas» teur, et qui dessouhz sa bannière mahometicque par volupté charnelle les abreuve de son venin? n'est ce cellui dragon tout envenymé contre nostre méi^e saincte église, dont il est eseript en lappocalipse (exi^^e^ dracho ).Nest ce cellui qui en sueur terrible met les rois et les meilleurs princes de la terre, voulant recouvrer les brebis perdues et ne lui peult on diminuer ses pieds. N'est ce mye jMercure le dieu deloquence nostre mère saincte Eglise qui par dévotes oraisons procure à Dieu ta délivrance. N'est ce mye Marc le dieudes batailles noblesseen cueur, lenoUe roy des Rommains liii achevé remettra ses armes sus. N'est ce point ce noble seigneur le duc des airs et autres capitaines. Et comme planettes illumînans es basses régions sont pour secourir les glorieux Throsnes de Bonrgongne en eulx arrestant au tresrespledissant soleil notre sainct père le pape. Ne sont-ce point les étoilles semblablement qui se esleveront contre icelle beste et te jecteront de ton ténébreux umbrage et réduiront a clarté. Ne seront ce point ces. courageux lyons de qui Sibille dit: {porro hofbrtissimus ah occidente rugiet ). Conséquemment iceulx lions d'Occident rugiront de couleur céleste macule d'or et au« ront sept testes cinq cent pieds. Et envoyèrent labeste et lui restraindront ses forces et lui dévoreront sa queue^
0 Grèce qui tant as randy de désert pour investiguer les natures et proprietcz des bestes, as tu yeu en les forets orientalles, lyon pareîlz à ceulx, toz réparateurs rug^issant en Occident ! le très victorieux roi des Rommains qui par commune renommée et par Siècles univers est appelle en fort lyon. N'est ce le tresredouté roi de toutes bestcsmues a qui estrang^es, sau]tag[es, lointaines, prochaine affuyent a refuge et a garant comme a leur souverain justicier* N'est ce cellui qui en son palais peult rescbaufTcr tous les nobles du monde chrétien? n'est ce celluy qui a attendu et attent toutes les w inières des grosses ballaines,et tontesfois il a été couronné roi des regnans. Et si on veult oongnoistres ses qualitez. N'est ce point cestuy mesmes revestu de la couleur du Ciel? Or et azur^divines vertus richesses mondaines. Et en son filz monseigneur Tarchiduc d'Auslriche redondent en chef comme naturel seigneur des sept lyons de Hrabant, L'embourg, Flandres, Bourgongnes, Haynau^ Hollande et Zellaude. N'est ce myelelyon a sept testes qui se veult armer de foy, charité, espérance, justice^ force, prudence et attrempance qui sont sept vertus capilalies. Car lui qui vit on Tamour de Dieu croit en soi tous les jours nouvelle force et parfaite bonté, et si Dieu plait envahiront le dragon enflembe et lui rebouteront ses cornes et avec ce se couvrira d ung fort et vallereux escu de foy. N'est ce point cellui qui use de prudent conseil et dit qu*il veult tirer et mettre avaot sa trèsnoble et tranchant espée de justicef N'est ce celloî aussi qui soubstient sur cinq pieds qui sont cinq perfections comme hardiesse^ prouesse, honneur, pureté, pitié, nobilité, qui le mèneront amiablement ala fin de son désir.
L'AUCTEUR
« Sitost que Espaigne, par doulx et amoureux langage eut estanché les larmes de la dolente et esplourée, et monttrélui eust par une raison les puisans et fort lyons qui
la réduiront en convalescence. Angleterre fortifiant une opinion meist avant une prophétie de Merlin quelle avoit de longtemps gardée pour cequelle ne layoit à son gré atteinte sur nulz de ses enfans.Ung lyon de justice succédera à la voix duquel et de son isle les tours gallicanse et les dragons trembleront. En aucuns de ses jour^ sera extorqué Ter du lys et de lortie et dégouttera argent des ongles des paisans«