DC PÉCHÉ DE PARESSE
r EiT quant est au cinquième péché, qui est de paesse j certes, mon fi]s,oncques vraiamoureux ne fut aresseux; caries très douces et amoureuses pensées u^il a nuit et jour, pour acquérir la très désirée race de sa très belle dame, ne le pourroient con- 3ntir : car soit pour chanter, soit pour danser, sur )us les autres il est le plus diligent et le plus >yeux à lever matin, dire ses heures, ouïr la messe évotement, aller à la chasse, ou au gibier^ et les ouacres d'amour sont à dormir. Et pour ce, beau ls,eschievez(évitez)wiseuse(oisiveté)etsuperfluité evinset de viandes, afin qu'en luxure vousnesoyez ouille: car la personne oiseuse, et bien repue, à rand peine peut garder chasteté. Et encore de ce léchant péché de paresse, dit saint Bernard, mon mi, j'ai vu aucuns fols s'excuser sur fortune; à eine trouveras-tu qu'un diligent puisse être informé: mais si tu es paresseux, d'ii^fortune seras toumrs accompagné. Et à ce dit saint Bernard : Revi^ 'ere quce sua suntj surmna prudent ia est. C'est dire, beau fils, de revoir ses choses, comment et uelles elles sont, est souveraine prudeoce. Il ne it pas seulement voir ses choses, mais revoir: et e revoir s'en tend, que nul ne les peut trop voir; car isivetés sont très souvent le venin de la pensée de&
jeunes gens; car le repos des jeunes est la spéciale cause des vices. Pour ce, mon fils, laissez paresse^ lac^Ue donne à la vie mauvais ennui, et fuyez les ennemis des choses, vertueuses. Eh, mon ami, les vrais amoureux sont par telles vertus sauvés, pour ce qu'ils abandonnent ce très vil et malheureux péché de paresse, pour eux accompagner avec la très resplendissante vertu de diligence. Je veux ^ et vous commande, mon fils, que mettiez peine d'être du nombre d'iceux; et lors serez quitte de ce malheureux péché de paresse et serez sauvé si à vous né tient.