‹ Chronique de J. de Lalain (volume 3)Chapitre 96 sur 110 · CHAPITRE XC · texte numérisé non relu

CHAPITRE XC

Comment le comte d'EtAmpes reconquit la. ville de

Nivelle sur les Gantois,

(^UAND le comte d'Étampes, qui étoit au dehors de la ville de Nivelle entretenant sa bataille en attendant ses coureurs, sçut que Gantois avoieut reconquis sur ses gens la ville de I^ivelle et qu'ils étoient tous entrés dedans et mis à mort ceux qui au devant d'eux étoient saillis, il fut moult troublé, et non sans cause. Si appela messire Simon de Lalain, ce gentil chevalier qui lors avoit la charge, et gouvernement de l'érendard du comte, et lui de-

matida conseil de ce qu'il étoit de faire. Lors répondit messire Simon et dit: « Monseigneur, i\ convient, sans plus arrêter, que tantôt et incontitient cette ville soit reconquise sur ces vilains: car si guères on attend à les assaillir, je fais doute que^ tantôt qu'il sera sçu par le pajs, les paysans s'cleveront de tous côtés et viendront secourir leurs gens. D'à utie part vous sçavez assez que vos coureurs qui de ce ne sçavent rien, nepourrontrepasser vers vous, que ce ne soit en grand danger; c'est la fleur, et le bruit de votre compagnie. » Alors le eomte d'Eiampes commanda que chacun se mît à pied, et ordonna que son étendard fût baillé à por* ter à un gentilhomme Nivemois, qu*on nommoit Philibert Bourgoing, lequel pour lors on tenoit pour un vaillant homme, preux et hardi au^ armes, et qui bien se moi;^tra ce jour: le comte d'Étampes fit sonner ses trompettes pour aller assaillir. Alors messire Simon de Lalainet tousses gens d'armes et arcliers , encommencèrent moult vivement à a^? saillir, et Gantois à eux défendre.

. Or advint, ainsi com^né â cette heure que l^assaut ^tôit encommencé, que les coureurs s'en retournoient, c'est à sçavoir messire Antoine bâtard de Bourgogne et son étendard, le seigneur de Waurin, le seigneur de Rubempré, et messire Gauvain îQuierét,revinrent et arrivèrent auprès de la ville, pour y cttider(penser)entrer:maîs ainsi qu'ils apprpT chèrent, ils ouïrent le bruit et la noisef'de l'assaut, par quoi ils connurent que la ville avoit été reprise pnr les Gantpi^. Si s'approçhèrçnj à tous côtés, et

commencèrent à tous lez (cotés) d'assaillir la ville ^ et pareillement faisoit le comte d^Etampes et ses gens» et tant que finableraent la ville fut reprise et reconquise sur les Gantois. Le bâtard de Bourgogne et les autres seigneurs par deux côtés renti'èrent en la ville, et aussi firent les gens du comte d^Étampes; et là furent mis à mort la plupart des Gantois: et les autres qui se cuidoient (croyoient) sauver se mirent en fuite et se boutèrent en une motte enirironnée d^eau, et là furent assaillis, et tous mis à mort, que oncques un seul n^en échappa. .

Après cette besogne achevée, le comte d^Étampes et sa compagnie s'en partirent pour s'en retourner au village de Harlebceque,où il avoit geu (couché) la nuit devant. Si advint qu'en soi retournant en certains détroits ^ trouva arbres nouveaux abattus,et depius qu'il étoit là passé au matin. Et es détroits» s'étoient mis en embûche plusieurs paysans, etcuidèrent (crurent) bien grever le comte d'Ëtampes à son retour, lui et ses gens, et de fait les assaillirent; et isso]cnt(5ortoient)lesdLts paysans ou Gantois hors des bois ^ des aulnaies et des blés, où ils s'étoient embûches et là moururent trois des hommes du comte d'ÉtampeSf dont les deux étoient nobles hommes, l'un nommé Jean d'Inde, et l'autre Charles de Ueronval. Et quant est des dits Gantois ou paysans, ils furent rués jus et morts de trois à quatre cents. Le dit jour perdirent Gantois, tant dedans Nivelle, à la chasse et sur la motte, comme à la dernière besogne, bien mille hommes et plus, aimi comme ceux qui y furent acertifioient Les choses

MESSIRE JACQUES DE LAI4IN. SSg

faites, et achevées, le comte d'Étanipes s'en retourna à Harlebecque, et le lendemain en. la ville d^Audenarde, là où U se tenoit en garnison.

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