XXX NOTICE
Dans cette partie de son poème, Geoi^es Ghas^ tellain passe en revue tous les personnages cités dans ses Remontrances à une reine à V imitation de Bocace.
Jacques de Lalain s'y trouve icîté.
Là gissoit souht sepulchre haolt Ung cheyalier mort en ce plain Natif da pays de Hénaalt Dont le los retint qui moalt vaull, C'est messire Jacqaes de Lalain. Vingt et deux fois fist de sa main Arme > aima trente ans accomply^ Et Ta Accident à mort mie.
Il n'oublie pas non plus Jacques-Coeur,
Là furent en la terre mis
Dfsux hommes de grand apparence
L'ung fnl Cosme de Mëdicis
Et Jacques Cœur. Ceux ont acquis
Et mis ensemble grand' finance,
Mais riens n'y vault or ne clievance,
Débile qui tout vainc et tue
Les assomma die sa massue.
La 4—. et dernière partie du poème est la description de la lutte entre Débile cl le duc Philippe de Bourgogne ^'\
(i)Un manuscrit Ueia bibliothéqne de Monsieur que je Tiens de consulter, contient (e poème avec plusieurs strophes supplémentairesy et quelques miniatures et il se trouve attribué h Olivier de la Marche. S*'û est de lui il est bien extraordinaire qu'on y retrouve presqot Us mêmes personnages que dans la consolation k Ui reiiie d*A|i^iterre, et qu^ils j soient décrits & peu prêt <)tJft TBûàfm
-<fT
SUR GEORGES CHASTELLAIN. xxxi
Ce même manuscrit 7655 contient l'épître de G. Chastellain à Castel Aerîn religieux de Tordre de S.Benoit,
Le N° 607 qui renferme l'ouvrajge de Seyssel sur la loi saUque et quelques autres ouvrages étrangers à mon sujet ne contient qu'une seule pièce de G. Chastellain^ c'est cette ballade que j'ai déjà mentionnée au N"* 7686.
Le N** 7892 a été décrit par M'. Réralio, tome 5 des Notices des manuscrits. C'est un in 4° sur parchemin orné de i4 fort belles miniatures. Le titre est: Les douze daines de Rhétorique. Ces douze dames sont; Science, Éloquence, Profondité, Gravité-de-sens, Vieille-Acquisition, Multiforme, Richesse-Fleurie-Mémoire , Qaire-Invention , Précieuse-Possession , Séduction-Louable, Glorieuse- Achevissance et Noble -Nature ^'^- Ce volume contient une correspondance entre Jean Robertet secrétaire du duc de Bourbon, le seigneur de Mont- Ferrant, gouverneur de Jacques de Bourbon, et Georges Chastellain. Les mêmes lettres remplissent les 37 premières pages du manuscrit N°. 208 Supplément. L'objet de ces lettres est de fournir à Jean Robertet l'occasion de rendre son hommage au talent de Georges (Chastellain ^ et G. Chastellain se montre fort reconnoissant en vantant dans sa correspondance le talent de J. Robertet avec toule l'emphase et la recherche usitée alors dans les ouvrages qu'on regardait comme dignes d'un bel esprit. Heureusement pour l'histoire qu'elle était
|i} Une de ces mûiiatoret n^M^ tient la description
-U«« |( iii^nii}i#^|'*(pJ3 In roi cjue je d<lcfi8.
NOTICE
alors en sous œuvre et qu'on négligeait d'y dëj^loyer toutes les ressources de son intelligence. On croyait que cela n e méritait pas qu'on y mît autre chose que du naturel.
Les derniers manuscrits dont il nous reste à parler renferment les manuscrits historiques. Ce sont les N" 8348. 8349. ^ ^^ et 8417.
Les deux premiers contiennent une partie de la Chronique de Philippe lé bon qui n'a jamais été imprimée jusqu'ici et sur l'existence de laquelle on avait conçu des doutes. Jule Chifflet lui même ne croyait pas que G. Chastellain eut écrit autre chose sur Philippe-le-Bon quejl'éloge en prose dont j'ai parlé au K 9837, i4.
Le K 8348 porte à tort le titre de Ducs de Bre^ lagne. Il n'y est question d'un duc de Bretagne que dansla première page, et cela tout à fait accidentellement. Il contient en effet les 6 dernières années de Philippe-le-Bon, de 1 46 1 à 1 467 époque de sa mort: il est terminépar la table générale des 6. volumes in-folio que comprenaient les chroniques de Bourgogne.De ces 6 volumes je n'en puis retrouver que deux. Le marquis Levert qui s'occupe avec fruit de notre histoirédu moyen âge m'a assuré avoir vu les autres volumes dans labibliothèquedeStVast à Âr ras, mais on ne peut plus les retrouver; et tous mes efforts pour les découvrir en France et en Belgique ontjusqu'ici étévains. Jepublierai toutefois la partie de cette chronique comprise dans les NT 8348 el 8349 -elle est d'autant plus curieuse que G* Chastellain a.pris lui même une part active à tous les évèments qu'il raconte et qu'il s'y montre toujours écrivain naturel et quelquefois historien distingué.
SUR GEORGES CHASTELLAIN. xxxiit
Le N* ii8 est u» beau manuscrit sur vélin , d^une écriture gothicpe allongée} de la fin du 1 5^™« siècle et semblable à ceux qui étaient des-, fines à la bibliothèque des ducs de Bourgogne. Il est orné d'un grand nombre de miniatures et con^ tient la chronique duchevalier Jacques de Lalain telle que je la publie dans ce volume. Je n'ai pu retrouver les deux autres manuscrits indiqués par Jules GhifQet dans l'édition qu'il en a donnée^ mais j'ai lieu de croire <ju'il a pris pour guide le même manuscrit que moi, les lacunes de ce manu&^ crit et celles de l'imprimé étant presques tou^ jours identiques.
Jacques de Lalain, dit le bon chevalier, fut un
des chevaliers les plus renommés de l'ordre de la
Toison-d'or. Il n'est pas de joute où on ne le voie
figurer avec avantage depuis Tannée i44c^ où
déjà, à l'âge de x9ans,il remporta leprix da mieua:
yizwan/, jusqu'à la bataille de Poucques en i453 où
il mourut glorieusement, âgé seulement de Sa ans.
Sa vie entière est une parfaite image de son temps.
Les instructions religieuses et amoureuses à la
fois que lui donne son père ayant son départ pour
la cour de Bourgogne rappellent assez bien les
décisions rendues trois cents ans auparavant, à
l'époque de la gloire des troubadours, par les jca-f
saistes des cours d'amour provençales,- et quant
à ses emprises^ elles ne sont certainement pas iji-
dignes des plus illustres chevaliers de la table
ronde. La Chronique de Jacques de Lalq,in et le
Jous^encel de Jean de Beuil amiral de France, me
semblent les ouvrages qui nous représentent le
xixii NOTICE
alors en sous œuvre et qu'on négligeait d'y déployer toutes les ressources de son intelligence. On croyait que cela n e méritait pas qu'on y mît autre chose que du naturel.
Les derniers manuscrits dont il nous reste à parler renferment les manuscrits historiques. Ce sont les K 8348. 8349. ^ ^^ et 8417.
Les deux premiers contiennent une partie de la Chronique de Philippe lé bon qui n'a jamais été imprimée jusqu'ici et sur l'existence de laquelle on avait conçu des doutes. Jule Chifflet lui même ne croyait pas que G. Chastellain eût écrit autre chose sur Philippe-le-Bon quejl'éloge en prose dont j'ai parlé au K 9837, i4.
Le K 8348 porte à tort le titre de Ducs de Bre~ lagne. Il n'y est question d'un duc de Bretagne que dansla première page, et cela tout à fait accidentellement. Il contient en effet les 6 dernières années de Philippe-le-Bon, de 1 46 1 à 1 4^7 époque de sa mort: il est terminépar la table générale des6. volumes in-folio que comprenaient les chroniques de Bourgogne.De ces 6 volumes je n'en puis retrouver que deux. Le marquis Levert qui s'occupe avec fruit de notre histoire du moyen âge m'a assuréavoir vu les autres volumes dans labibliothèquedeStVast a Âr ras, mais on ne peut plus les retrouver; et tous mes efforts pour les découvrir en France et en Belgique ontjusqu'ici étévains. Jepublierai toutefois la partie de cette chronique comprise dans les NT 8348 et 8349 -elle est d'autant plus curieuse que G* Chastellain apris lui même une part active à tous les évèments qu'il raconte et qu'il s'y montre toujours écrivain naturel et quelquefois historien distingué.
SUR GEORGES CHASTELLAIN. xxxiit
Le N' ii8 €sl u» beau manuscrit sur vélin , d^nne écriture gothicpe allongée) de la fin du 1 5^"*« siècle et semblable à ceuic qui étaient des-, tinés à la bibliothèque des ducs de Bourgogne* Il est orné d'un grand nombre de miniatures et con^ tient la chronique duchevalier Jacques de Lalain telle que je la publie dans ce volume. Je n'ai pu retrouver les deux autres manuscrits indiqués par Jules Chifflet dans l'édition qu'il en a donnée^ mais j'ai lieu de croire <ju'il a pris pour guide le même manuscrit que moi, les lacunes de ce manuscrit et celles de l'imprimé étant presques tou-^ jours identiques.
Jacques de Lalain, dit le bon chevalier, fut un des chevaliers les plus renommés de l'ordre de la Toison-d'or. Il n'est pas de joute où on ne le voie figurer avec avantage depuis Tannée i44o où déjà, à l'âge de X9ans,il remporta leprix du mieua: /ûwanf, jusqu'à la bataille de Poucques en i453 où il mourut glorieusement, âgé seulement de Sa an^. Sa vie entière est une parfaite image de son temps. Les instructions religieuses et amoureuses à la fois que lui donne son père ayant son départ pour la cour de Bourgogne rappellent assez bien les décisions rendues trois cents ans auparavant, à Tépoquede la gloire des troubadours, par les ca-f snistes des cours d'amour provençales; et quant à ses emprises^ elles ne sont certainement pas ijidignes des plus illustres chevaliers de la table ronde. La Chronique de Jacques de Lalq,in et le Jouvencel de Jean de Beuil amiral de France, me sem}>lent les ouvrages qui nous représentent le
it'xxiv NOTICE
plus vivement l'état de la société au i5\ siècle. G. Chastellain composa sa chrcnîquededeLalain entre l'année i468 ^*^ et l'année i474 ^'^ Le Jouvencel paraît avoir été écrit à peu près à la même époi{ne, c'est-à-dire entre Tannée 14*60 où Jean de Beuil^ ayantétédestîtué de sa place d'amiral, s'occupa dans ses loisirs à dicter à ses secrétaires, comme d'autres hommes d'état célèbres le firent depuis, les prîn. cipaux événements de sa vie publique, et Tannée 1474 où il paraît avoir aussi terminé sa vie, étant alors presque septuagénaire. En même tempsque ces deux ouvrages nous offrent de précieuses révélations sur l'état social de celte époque, nous y trouvons encore des renseignements historiques assez curieux sur la cour de Bourgogne, de i44o à i453 dans G. Chatellain , et dans le Jouvencel de Jean de Beuil sur les affaires de France depuis la bataille de Verneuil en i4^3 jusqu'àla bataille de Castillon ^n 1453, intervalle de 3o ans qui offre le tableau
(i) Il parle de Ptiilippe comme ëta ut déjb morl: «An pays' âe Haï- Haut, pour ?e temps qu^en étoit prince et seigaeur le très glorieux li^ki- Uppe duc de Bourgogne. (Prëface)
Or Philippe mourut Je i5 juin x465.
Il parJe aussi de Lefebvre de St. Remy auquel il succéda icIaDs l^nploi de roi d^ armes comme mort aussi.
«Le duc Philippe de Bourgogne, 3It-iI, (cb. dt) baillai messite Jacques de Lalain, pour^tre son jiige et tenant son lieu le noble roi »d*«rmes de 4a Toison-d^ or que chacun nommoit Toisoa-d*Or, le quel fut tenu'tout son vivant, le plus sachant et vertueux et voir (vrai), disant que pour son temps étoit, et pour un roi d^ armes le non pareil •qui pour lors fut en vie* »
Le Felvre de St. Remy mourut Tan 1468.
l'a) George Cbastellain mourut le 20 Mars i47i*
SUR GEORGES CHASTELLAIN. xxxy
le plus affligeant de nos désastres, et presl^ue eu même temps Taspect le plus consolant de nos ressources et de nos succès ^*\
Jules Chîfflet avait, ainsi que je vîensde le dire^ publié à Bruxelles chez Velpius, en 1634, laChro^ nique de Jacques deLalain. J'ai collationné avec soin son édition avec le manuscrit. ii8 de la bibl. du roi et je l'offre avec cou (ian.ee au public comme l'ouvrage d?ua amusant historien trop long-temps négligé et comme une peinture animée et intéressante des mœurs du i5'. siècle.
Le N° 840-7 parait renfermer les actes originaux du roî d'armes de la Toîson-d*or, actes d'après les quels G. Chastellaîn a composé sa Chronique de Jacques de Lalaîn. J'yai retrouvé l'historique de presque toutes les emprises de Jacques de Lalain et ils se retrouvent textuellement intercalés dîinô la narration de G. Chastellain. On lit d'ailleurs au chapitre LXXVIII , lors qu'il rend compte du pas delà Fontaine des Pleurs , la phrase suivante^
« Et afin que «cachiez et croyez eéstuy traîcté estre vray , Toison d'Or, par TordoniiaBee de duc de Bourgogne son prince et son souverain seigneur, les fit et eseri* YÎt au mieux qu'il put, jion pas si authentiquement eomme il eut bien voulu et que la matière le requéroil> car véritablement ce fut une noble et haute emprise^ honorablement conduite du premier jusques en fin et bien digne de mémoire*, si ne se devoit pas celer ni taire uoÀ «i notable emprise. ))
Le Febvre de S. Remy éloit alors Toîson-d'Or^' ou roi d'armes de cet ordre. En comparant les ^
(j) Le Jx)iiiieiicel (le J.eaa<de Seuil X«ii partie Je ceUe coHectioi^r
xxtvi NOTICE
différentes pièces insérées au N*. 8407 avec les mêmes écrits dans Georges Chastellain en voit évidemment qu'il les a insérées telles qu'elles lui avoient été données et comme des bulletins officiels auxquels il se seroit donné de garde de rien changer.
A la tête du môme manuscrit se trouvent un grand nombre de lettres de défi envoyées à différents chevaliers françois et étrangers par le sénéchal du Hainaut, Jean de Werchin.
Voilà tous les manuscrits de Georges Ghastellain qu'il m'a été possible de me procurer. Je publierai dans cette coUeclion son éloge du duc Philippe et le fragment de sa chronique de Bourgogne. Quant à ses autres ouvrages en prose, il m*est impossible de les retrouver^ je n'ai épargné jusqu'ici aucune recherche poiir y parvenir^ je continuerai encore mes recherches, et si je suis assez heureux pour les découvrir je me hâterai de faire jouir le public des ouvrages d'un historien si inconnu, et digne cependant d'être placé au rang des écrivains les plus distingués de l'aurore de noire littérature. Je me contenterai maintenant de citer, d'après les chroniques manuscrites de Molinet, la table des chapitres suivants d'un ouvrs^e de Georges Chastellain qui ne nous 'est pas parvenu.
Les principaux exploits en armes du duc Charles » écrits par mess ire Georges Chastellain j chevalier, son Indiciaire,
1. Le premier grand exploit en armes du duc Charles fut son voyage en France, dont s'ensuivit la journée de Mont-le-Héry.
SUR GEORGES CHASTELLAIN. ixxvii
II. Le voyage de Liége^ où ,en la vertu de son père encore vivant, il humilia les liégeois qui depuis s'élevèrent contre lui nonobstant otages.